Les services la présidence ont annoncé, la semaine passée, que Le président Abdelaziz Tebboune a procédé à l’installation d’une commission d’experts chargée de formuler des propositions en vue d’un amendement de la constitution. Cette commission qui est composée de plusieurs juristes issus d’universités algériennes, est présidée par le professeur Ahmed Laraba et se donne un délai de deux mois pour remettre son rapport qui devrait faire l’objet de larges consultations auprès des acteurs de la vie politique et de la société civile avant d’être déposé, suivant les procédures constitutionnelles en vigueur, auprès du Parlement pour adoption.

 » Le texte adopté par le Parlement sera ensuite soumis à un référendum populaire « , a affirmé le communiqué de la présidence. Le président entend:  » procéder à une réforme en profondeur de la Constitution à laquelle s’y engagé, en vue de favoriser l’émergence de nouveaux modes de gouvernance et de mettre en place les fondements de l’Algérie nouvelle « , et  » prémunir notre pays contre toute forme d’autocratie et d’assurer une réelle séparation et un meilleur équilibre des pouvoirs en introduisant davantage de cohérence dans le fonctionnement du pouvoir exécutif et en réhabilitant le Parlement notamment dans sa fonction de contrôle de l’action du gouvernement « . Sans verser dans un procès d’intention mais une analyse rationnelle et rétrospective nous permet de douter de ces intentions souvent relayées par les médias gouvernementaux et gravées dans le marbre de la constitution mais jamais appliquées sur le terrain.

Le problème de l’Algérie n’est pas sa constitution qui a été triturée à plusieurs reprises par les puissants du moment mais plutôt dans son respect. L’approche adoptée par le pouvoir consiste en un rafistolage technique par des sommités universitaires est pour le moins un leurre. Une révision constitutionnelle est une affaire politique pas technique. À moins que ça ne cache d’autres objectifs inavoués.

Le référendum qui devra couronner ce processus redonnera une légitimité pour l’actuelle équipe au palais d’El Mouradia. Bouteflika, à son arrivée au pouvoir, a usé lui aussi de ce subterfuge pour asseoir sa légitimité. Après une élection contestée marquée par une fraude massive et le retrait des six autres candidats, l’ancien président a soumis au référendum pour la concorde civile qui a été approuvé par un score stalinien. Il a ainsi fermé le bec à l’opposition interne et a pu convaincre les partenaires étrangers. 20 années se sont écoulées depuis, avec l’immense gâchis que nous connaissons et l’histoire se répète encore une fois.

MIB

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