Enfin ! après plus de 6 ans de vacance, le plus haut poste de l’état est aujourd’hui attribué, sous couvert de démocratie à Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, présent dans la quasi-totalité des ministères algériens depuis 1999.

Je ne suis pas sûr de l’utilité ni de la pertinence de cette information, ni même du poste de président dans notre système politique d’ailleurs. Par contre, si le pouvoir algérien voulait nommer un président à son image : vieillissant, à court d’idées, rejeté, et renforcer la volonté de changement affichée par son peuple, c’est chose faite

Mais que voulez-vous ? La démocratie algérienne est ainsi faite, celle qui brandit la matraque, celle qui réprime, celle qui emprisonne tous les véritables opposants, celle qui choisit les candidats aux élections, celle qui achète la dignité de pauvres gens pour remplir les salles de meeting, celle dont les dépassements, les fraudes, les mensonges sont avérés au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest, celle enfin que le peuple algérien, dans une majorité écrasante refuse pacifiquement depuis des mois, même si la réponse n’est pas toujours pacifique. Je ne suis pas sûr que ce soit ce que les grecs, à l’apogée de leur civilisation, entendaient par pouvoir au peuple quand ils ont créé la démocratie.

Mais ainsi soit-il, les choses sont comme elles sont et s’attarder sur ça ne mènera pas à grand-chose, l’essentiel est dans les solutions que nous pouvons trouver, afin de récompenser une mobilisation historique sans faille qui témoigne bien de la soif de liberté, de démocratie et de justice sociale que nous avons, et à ce titre, je crois que nous ne sommes pas à la recherche de l’homme providentiel, un nouveau président, même armé avec les meilleures intentions du monde ne peut-être à lui seul le remède de tous nos maux, il peut encore moins l’être quand il n’est ni légitime, ni armé de bonnes intentions, bien évidemment.

Ce dont nous avons besoin, ce que le peuple réclame semaine après semaine, c’est une refonte de la société, de son système de gouvernance, nous avons besoin d’une école, qui au lieu de le transformer en une machine à répéter, prête à tout accepter, forme le jeune algérien à l’esprit critique, à l’analyse, à la réflexion, au savoir, lui enseigne qui il est,  lui montre la voie à suivre pour se développer et lui inculque les valeurs qui feront de lui le leader de demain.

Nous avons besoin de justice, de mettre fin à la bureaucratie, de profiter de nos richesses, de récupérer celles qui nous ont été volées, de punir celles et ceux qui nous ont fait du mal, pour qu’ils servent d’exemple à toute personne, qui dans son quotidien triche et freine notre développement. Nous avons besoin de personnes qui aiment leur pays, qui travailleront pour son développement dans tous les secteurs, ce ne sont pas les défaillances qui manquent. Nous avons besoin de tant de choses, mais je suis persuadé qu’avec tout l’engouement qu’on voit depuis le 22-02-2019, nous sommes sur la bonne voie, et « nul ne peut arrêter un peuple sur le chemin de son destin » Mouloud Mammeri. 

Voilà pourquoi il est temps de penser à demain, voilà pourquoi il est temps de rompre avec le système pourri, voilà pourquoi il est temps de construire, en marge de la leur, notre propre Algérie. 

Sidali CHENIK
Equipe Rédaction Nomad

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