Le sociologue Pierre Bourdieu a dit : « Ce n’est pas un chanteur comme les autres. C’est un membre de chaque famille. ». De qui parlait-il à votre avis ? Il s’agit bien de l’ambassadeur de la chanson Kabyle, Idir. 

Qui est Idir ?

Connu sous le nom d’Idir, Hamid Cheriet est un chanteur Algérien, né le 25 Octobre 1949 à Aith Yenni, un village dans les hauteurs de Tizi-Ouzou. Fils d’un berger, il a vécu dans un milieu simple et plein d’amour, il tient sa passion pour la poésie desa maman et sa grand-mère, deux grandes poétesses de leur région. Les gens venaient de loin rien que pour entendre leurs énigmes et leurs contes. Il a fait des études supérieures en géologie et il travaillait pour une société de gaz et de pétrole avant de franchir la ligne de départ vers la musique.

Un Bref sur son parcours

Devenu l’un des grands noms de la chanson Kabyle et Algérienne, Idir a débuté sa carrière de chanteur en 1973, lors d’un passage à la radio, passionné de la musique dès son jeun âge, son talent a désormais envahi toute la planète. 

En 1975, Idir décida d’aller en France. Il s’installe donc à Paris, c’est là qu’il publie son premier album chez Pathé Marconi, dont la fameuse chanson ‘’ A Vava Inouva ‘’, chantée dans plus de 77 pays, et traduite en quinze langues, ce fut un réel chef-d’œuvre.  

L’artiste s’est fait rare, il a disparue de la scène pendant plus de 10 ans, en 1999, il publie son album Identités, c’était une preuve de son amour pour la culture. Il a collaboré avec des musiciens de différentes nationalités pour faire de cet album une belle réussite. En 2007, il a publié son album la France des couleurs, il avait collaboré avec plusieurs artistes algériens de la nouvelle génération dont Zaho, il aimait encourager la jeunesse algérienne pour donner encore plus à l’art et à la musique. 

Ils parlent d’Idir

Nadir GUENDOULI était le producteur et manager du regretté Idir, lors d’une émission avec lui sur Canal Algérie il dit : « il était bien entouré, il donne toujours la parole à son entourage et son équipe, il était attentif et aime le travail de groupe, il avait cet esprit de partage et aimait aller vers les autres. ». 

Son ami Rabah MEZOUANE, ancien programmateur musical de l’Institut du monde arabe, à Paris : « Il a su rester humble, simple, facile d’accès, c’était un fédérateur …  il avait traversé les générations et au-delà de la communauté kabyle, rallié autour de lui un public arabophone et français. Il a marqué l’histoire de la chanson maghrébine.» témoigne-t-il.

Sa dernière rencontre

Après une absence de près de 40 ans, Idir collabora avec l’ONDA (Office Nationale des Droits D’auteurs) pour qu’il rentre en Algérie et satisfasse son public. Le 4 et 5 janvier 2018 étaient historiques, à l’occasion de Yennayer (nouvel an Berbère) Idir anime un concert à la Coupole d’Alger, il a vu assister une grande foule, mais hélas, c’était leurs dernière rencontre. 

Idir et l’Algérie 

Bien qu’il n’ait pas vécu en Algérie toute sa vie, il aimait son pays, toujours au courant de ce qui se passait sur sa terre natale. Un grand amour qu’il avait pour sa Kabylie, pour son Algérie, une phrase qu’il répétait toujours «  il n’y a pas d’Algérie sans Amazighité, Il n’y a pas d’Amazighité sans Algérie ». 

Sa mort

Le 2 mai 2020, une triste nouvelle frappa l’Algérie, Idir est mort. Un poste sur sa page Facebook, l’annonça : « Nous avons le regret de vous annoncer le décès de notre père [à tous], Idir, le samedi 2 mai à 21 h 30. Repose en paix, papa ». Mort à Paris à l’âge de 70 ans, il était hospitalisé dans un hôpital à cause d’une maladie pulmonaire qui a mis fin à ses jours, le regretté de la chanson Kabyle a laissé derrière lui une carrière musicale qui n’est pas prête d’être oublié ». 

Melissa MERABET

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