Alors que le discours officiel est à la satisfaction béate, le drame qui s’est déroulé à Tinzaouatine nous rappelle l’immensité du fossé qui sépare les gouvernants des gouvernés.

En effet, la localité de Tinzaouatine, située à l’extrême sud du pays, à la frontière avec Mali, a connu des jours infernaux faits de manifestations et de répression. Le bilan parle d’un mort et de plusieurs blessés. La genèse de ce problème est l’installation d’un barbelé qui coupe ce village enclavé de l’unique source d’eau.

Les vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de violence avec en prime un homme gisant sur terre à proximité de gendarmes des gardes frontières. Montré du doigt, le ministère de la défense national a répondu par un communiqué où il affirme que « ces événements se rapportent à une tentative, menée par des personnes connues par leurs activités suspectes dans la contrebande et le crime organisé, visant à détériorer le mur de sécurisation, en appelant les habitants à la violence et à la manifestation, dans une manœuvre visant à libérer l’étreinte sur leurs intérêts dans la région ». Donnant sa version des faits, le communiqué indique que: « au moment où les éléments des Garde-frontières ont intervenu pour apaiser la situation, des coups de feu inconnus ont été ouverts depuis Ikhraben en direction des positions de nos Garde-frontières, ayant touché un individu parmi la foule, qui a été immédiatement évacué par les Garde-frontières pour être pris en charge par les services de santé, mais qui a succombé malheureusement à ses blessures ».

Une communication hasardeuse :

Le communiqué du ministère de la défense sombre dans le déni de la réalité. Cette version des faits officielle est battue en brèche par les images qui circulent sur les réseaux sociaux. Ajouter à cela les insinuations faisant état que ce serait des contrebandiers qui sont à l’origine de ces événements ne font pas avancer les choses, car réduire le problème à sa simple dimension sécuritaire équivaut à balayer d’un revers de la main la situation sociale de ses populations. N’aurait-il pas fallu un déplacement des autorités civiles pour s’enquérir de visu de la réalité des choses et nouer un dialogue direct avec une population marginalisée qui souffre le martyr ?

Il est évident que les trafics de tout genre se nourrissent de la pauvreté, le chômage et le manque de perspectives. La solution ne peut être que politique à travers des actions volontaristes afin de sortir ces populations de leur précarité, tout en prenant en considération les aspects sociologiques et historiques d’une population qui ne connaît pas de frontières.

Une politique volontariste impliquant directement ces populations est éminemment  une question de sécurité nationale avec tous les défis sécuritaires de cette poudrière qui va de Libye au Sahel.

MIB

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