Mars 2020…Alerte : frappées de plein fouet par l’épidémie du coronavirus, plusieurs villes du monde sont placées en quarantaine…Il n’en reste qu’une seule qui s’y échappée, je vous en parlerai.

Prise par Abderraouf Boubtana

Une vie ralentie, une ville quasi déserte, mis à part quelques rues qui s’encombrent vers la fin de chaque après-midi comme un rituel aussi banal que nécessaire. On y observe des gestes de la vie quotidienne de ces citoyens indifférents, ou presque… Aller chercher du pain, faire les courses ou fumer une chicha dans le café du coin –pour les plus jeunes-. 

Les soirs de cette ville ressemblent aux temps de crise, on dirait que les habitants avaient bien appris les leçons d’une décennie noire, ou qu’ils suivaient en masse des consignes bien strictes d’un couvre-feu qui n’a pas d’heure. 

Ils avaient déserté les bars et tous les cinoches : le Rex, l’Olympia, et l’emblématique Chahrazed et le Palace, la salle favorite de mon grand-père ; des espaces de rassemblement comme « El blassa » –la place- et d’autres infrastructures ont été abandonnés à leur triste sort ou transformées en antres. Des générations entières avaient cédé à la peur et à l’ennui, avaient oublié tous les rendez-vous événementiels. Comme si une ou plusieurs décennies ne leur a pas suffi pour passer outre cette peur de « vivre ». 

Prise par Abderraouf Boubtana

Derrière les murs des « bâtiments-tombes » la majorité des femmes sont mises en confinement, probablement pour tout le reste de leur vie, et des enfants qui, faute d’époque, n’ont pas eu le luxe d’acquérir les rudiments d’un savoir socio-culturel.

Cette ville ne peut être en quarantaine, car elle y est déjà, et ce depuis un temps. Tébessa, serait peut-être la seule ville dans le pays où les jeunes générations envient les temps de leurs grands-pères ; et lorsque les trois quarts des habitants du monde seraient suspendus et en panic de trouver un moyen de battre l’anxiété d’un confinement, les habitants de cette ville malheureuse continuent à vivre leur routine. La seule différence est qu’ils ne seraient pas seuls à chasser les moustiques entre les quatre murs, car cette fois-ci le confinement est mondial !

Combien de villes avaient-elles vécu le même sort avant la pandémie ?

Oumaima LOUAFI
Equipe Rédaction Nomad

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