Chaque individu traverse au minimum une fois dans sa vie un événement que l’on nomme traumatisant, cela peut-être un accident de voiture, une catastrophe naturelle, la mort d’un proche, un abus physique ou mentale tel qu’un viol, une agression domestique, ou une maladie. La plupart d’entre nous arrivent à y échapper sans effet sur le long terme, une minorité trouve du mal à surpasser cet événement et développe ce que l’on appelle : Un état de stress post traumatique. 

D’après une étude établie aux États-Unis et au Canada une prévalence de 6 à 9% de la population mondiale serait atteinte. 

Définition du SSPT

Le stress post-traumatique est un état caractérisé par des réactions désagréables et dysfonctionnelles qui apparaissent après un événement dangereux, accablant, voire choquant. D’abord repéré auprès de la population militaire suite au retour de guerre, les scientifiques ont ensuite approfondi leurs recherches pour démontrer qu’il peut également toucher toute la population grands et petits confondus, il peut apparaître immédiatement après le choc ou perdurer lattant pendant plusieurs semaines et resurgir au moindre agent déclenchant. 

Comment fonctionne le cerveau face au stress ?

Lors de l’une des situations précédemment citées, une sensation de peur et d’insécurité s’installe, le corps se prépare à faire face au danger imminent, il enclenche par conséquent, le système d’alarme du cerveau « la réponse combat-fuite » décrit par le physiologiste américain Walter Bradford Cannon pour la première fois sur les animaux. Il conclut qu’une décharge cérébrale du système orthosympathique amorce l’animal au combat et à la fuite. 

Ainsi l’hypothalamus, la glande pituitaire et les surrénales envoient des signaux au système parasympathique et de là, une communication est créée entre les glandes surrénales et le reste des organes internes pour réguler les fonctions de base comme le rythme cardiaque, la digestion et la respiration. S’en suit une cascade chimique qui immerge le corps d’hormones de stress comme le cortisol, et le prépare à se défendre en accélérant le pouls, la fréquence respiratoire et en augmentant la contraction musculaire

Le taux élevé d’hormones peut prendre quelques jours avant d’être régularisé ce qui explique les quelques symptômes persistants comme les cauchemars, par exemple.

Une personne atteinte de SSPT aura du mal à revenir à la normale, une défaillance de la résilience est ainsi notée chez la majeur partie des patients poussant à croire que le problème est lié à un dysfonctionnement de la mémoire. 

Par conséquent, un simple stimulateur peut déclencher cette même cascade et le sujet se voit revivre la scène antérieurement vécue. 

Pour éclaircir la chose voici quelques exemples : 

Exemple 1 :

Un homme X a fait un grave accident de voiture et a subi de lourdes lésions physiques, plusieurs mois après sa guérison, en marchant dans la rue, il entend le sourd bruit de frein d’une voiture passant à quelques mètres, l’homme se rappelle immédiatement son accident, a du mal à respirer et sent son cœur s’emballer, il angoisse et panique … son corps revit l’exact souvenir bien qu’il soit parfaitement hors de danger. 

Exemple 2 :

Madame Y sortait du travail, sur son chemin vers la maison, elle se fait interpeller par un jeune homme qui la bouscule et essaye de lui voler ses affaires, en tentant de s’échapper elle reçoit plusieurs coups, elle arrive à la maison effrayée, sous le choc elle s’enferme chez elle. Les jours passent et madame Y n’arrive pas à passer à autre chose, elle fait des cauchemars parfois et n’arrive pas à trouver sommeil, a des flash-backs et des idées noires. Elle développe par la suite, une phobie de l’extérieur, et angoisse à l’idée d’avoir un simple contact humain; lorsqu’on s’approche d’elle la même cascade d’hormones se déclenche et elle se sent en danger. 

Il serait fâcheux de penser à tort que le problème vient de ces personnes … Car elles ont du mal à oublier, la lutte intérieure est réelle et est loin d’être un échec personnel. Le SSPT est un mal-fonctionnement des mécanismes biologiques tout à fait traitable et c’est pour cela qu’il faut en parler ! 

Comment se manifeste le SSPT ? 

Suite à de nombreuses recherches, une classification fut mise en place, une personne atteinte de SSPT peut avoir un ou plusieurs des signes suivants associés : 

  • Pensées intrusives : tel que les cauchemars et les flash-backs;
  • Pensées et émotions négatives : comme la peur, l’horreur et la culpabilité;
  • Les symptômes réactifs : irritabilité et sommeil perturbé;
  • Enfin, la personne peut essayer de tromper sa mémoire en évitant de se remémorer l’accident . 

À la longue, un trouble psychologique s’installe, engendrant des difficultés à gérer les émotions, une altération de la perception de soi avec un manque de confiance, parfois même un comportement auto-destructeur et un état dépressif. 

Comment accompagner un proche souffrant de SSPT ? 

Reconnaître la maladie 

Il est important avant tout de savoir reconnaître le SSPT comme une pathologie à part entière et de savoir la diagnostiquer, surtout chez les enfants qui ont du mal à extérioriser leurs sentiments, ainsi la communication est primordiale. Créer un lien avec l’autre personne pour la mettre en confiance et dire quand ça ne va pas.

Pousser la personne à se confier 

Souvent dans notre société l’enfant a du mal à aborder ses mauvaises expériences, les tabous, les parents stricts, et les moqueries font que plusieurs actes horribles restent souvent cachés, au fil du temps l’enfant implose et se brise une fois grand. 

Le même cas de figure peut se poser pour l’adulte.

Notre rôle est d’apprendre aux générations futures que ce n’est pas la personne qui subit qui est en tort, bien au contraire la victime a le droit de parler ! 

Se faire encadrer par un professionnel 

« Aller chez un psychologue ou un psychiatre équivaut à aller chez le dentiste » 

La santé mentale perdure un sujet délicat en Algérie, il est plus facile d’accepter la souffrance que d’aller se faire soigner et pourtant le traitement existe. 

Chaque cas est unique et généraliser le traitement ne serait pas approprié, certains patients se voient guéris après quelques séances de thérapie chez le psy d’autres souffrants de troubles plus sérieux se font prescrire quelques anxiolytiques ou autres médicaments pour mieux gérer les symptômes, ceci dit l’auto médication est à bannir ! 

Le soutien émotionnel de la personne 

C’est toujours plaisant de se sentir écouté et compris, parfois en situation de stress un ami ou un confident peut faire énormément de bien alors ne soyez pas avare. 

Le stress post traumatique est une pathologie sérieuse à ne surtout pas prendre à la légère.                     

Yasmine Laouar

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici