La plupart de gens ont le sentiment d’être libres de leurs choix et de leurs actes et croient qu’ils sont maîtres de leur destin. Or, les études de neurosciences ont tendance à remettre en cause cette idée longtemps considérée comme une vérité acquise. Le libre arbitre humain ne serait-il finalement qu’une illusion ?

Qu’est-ce que le libre arbitre?

Le libre arbitre est une notion selon laquelle l’individu serait maître de ses actes et de ses pensées de par sa volonté propre. Le principe de liberté est naturellement corrélé à celui de la responsabilité car si l’individu est libre de choisir sa nature et décide de tous ses agissements, il est donc l’unique responsable de ses actions et de ce qui pourrait lui advenir, d’où la fameuse phrase du philosophe Jean-Paul Sartre : « L’Homme est condamné à être libre ». La notion opposée au libre arbitre est celle du déterminisme, à ne pas confondre avec le fatalisme, qui considère qu’il existe une dialectique qui conditionne de manière moniste les humains au niveau psychologique, physique, social etc.

Ce que disent les neurosciences :

Les neurosciences sont un domaine d’étude ayant pour objet d’étude le système nerveux, ses structures et les mécanismes par lesquels il fonctionne. Cette discipline n’a pas encore tranché de manière tangible la question de l’existence ou non du libre arbitre, néanmoins, plusieurs études vont dans le sens de sa négation, ou du moins sa minimisation.

En 1983, le chercheur en physiologie Benjamin Lidet, qui est également considéré comme un pionner dans la recherche sur la conscience humaine, avait fait des expériences pour mettre à l’épreuve le libre arbitre. Cela consistait à mettre des personnes devant une horloge avec un des électrochoques sur le crâne pour suivre leur activité cérébrale. On leur donnait aussi un bouton sur lequel ils pouvaient appuyer au moment où ils voulaient, cela permet de mesurer le moment où la personne décide d’appuyer sur le bouton, celui de l’activité cérébrale et surtout, le moment où la personne appuie sur le bouton. L’expérience démontre que l’activité cérébrale précède d’environ une demi-sconde l’instant de la décision consciente d’appuyer sur le bouton. L’expérience a démontré que l’activité cérébrale a précédé la volonté et non l’inverse, cependant, les partisans du libre arbitre répondent que l’écart temporel est minime et que donc cela ne remettrait pas en cause l’existence du libre arbitre en tant que tel. Selon Patrick Haggard, professeur de neurosciences cognitives à l’University College London (UCL), le libre arbitre n’est qu’une illusion et que nous sommes tout simplement déterminés par des mécanismes cérébraux qui nous dépassent complètement. Il affirme avoir réalisé des expériences où il pouvait déterminer les choix des en montrant des images subliminales pendant une courte durée pour marquer l’inconscient et donc le cerveau.

Si le libre arbitre n’existe pas…

Les défenseurs du libre arbitre de leur côté affirment qu’à partir du moment où l’humain est conscient de ses actes et est dirigé par sa volonté et non par celle d’autrui, en plus de ne pas être soumis à des contraintes lors de ses choix, il est donc libre de ses actes. L’idée selon laquelle nous serions « programmés » sous-entendrait que les individus ne seraient pas responsables de leurs actes, ce postulat remettrait en cause de manière radicale la structuration de la société. Certains diront « Si les gens n’ont pas de libre arbitre, pourquoi condamner les criminels ? » ou encore « Pourquoi considérer qu’il existe des bons et des mauvais élèves s’ils ne sont pas responsables de leurs résultats à l’école ? ». Il n’y aurait donc pas grande différence entre les personnes qu’on considère comme « normalement constituées » et celles qui ont des troubles psychiatriques puisque dans tous les cas de figure, on obéit à un déterminisme bien précis sur lequel nous n’avons aucun contrôle…

Ceci étant, même si le libre arbitre existe, la réalité nous montre que la marge de manœuvre de la « libre volonté » est largement inférieure à celle du déterminisme. Tout le monde s’accordent à dire que la personne humaine ne choisit pas la chose la plus fondamentale qui est celle d’exister, elle ne choisit pas ses parents, ni son sexe, ni son lieu ou sa date de naissance, ni sa situation sociale à la naissance, ni l’éducation qu’elle va recevoir et ainsi de suite ! Par conséquent, même si notre volonté est « libre », nous sommes en grande partie déterminés par des facteurs objectifs qui déterminent pourtant la quasi-totalité de notre vie du berceau au cercueil…

Yacine Chibane

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici