Dans un monde abreuvé d’information. Un nouveau temps moderne voit le jour et ne cesse d’altérer nos comportements et habitudes au quotidien d’une manière éminente, hyperconnectés que nous sommes aujourd’hui, notre attention quant à elle devient rare et vendue comme ressource.

La rareté, aimant de valeur :

En économie, la rareté est une ressource dont on peut extraire de la richesse dans une ère de globalisation où produire et distribuer sont devenus fastoches, les marchés combles résultent ainsi à leurs dévalorisations. Cependant, l’émergence des techniques de la télécommunication a servi à l’instauration de nouveaux canaux d’information. De nos jours, notre temps hors du travail est passé à consommer de l’information, bondir d’un contenu à l’autre sur le web est devenu notre passion. Les entreprises ont bien compris cela et se lancent dans une compétition féroce pour attirer le plus d’attention possible. 

Historique :

Dès le début du XXe siècle, les industries ont commencé à manifester leur besoin en attention et à l’utiliser comme levier économique. Le sociologue Jean-Gabriel Trade était le premier à estampiller la nécessité de capter l’attention pour l’objet offert, mais elle est restée longtemps considérée comme ressource limitée, jusqu’à ce que les travaux d’Herbert Alexander Simon (Prix Nobel d’économie 1978) sur la rationalité limitée viennent l’appuyer. Ce dernier a fait le lien entre la surabondance de l’information et la rareté de l’attention.

L’art et l’attention :

Emmanuel Kessous, Kevin Mellet et Moustafa Zouinar, chercheurs au laboratoire SENSE, ont conclu dans un article publié dans la revue Sociologie du travail que “l’économie de l’attention apparaît davantage comme une formule « incantatoire » qu’un champ de recherche bien structuré”. En outre, les artistes semblent être excellents en économie de l’attention en particulier, le design d’un produit captant, ceci est pour leur faculté d’émouvoir. Prenons le cas des produits numériques où le design est capital, les recherches se font par les artistes pour améliorer l’expérience utilisateur (UX). Le “Social Media Marketing” en est un autre exemple illustrant l’importance des artistes et leur rôle dans la nouvelle économie, l’art visuel a tant servi dans la création de l’identité visuelle des firmes.

Dommages et causalité :

De toute évidence, une telle économie ne pourra passer sans laisser des traces et on le ressent aujourd’hui: 

  • Information anxiety : une forme d’anxiété causée par l’exposition fréquente aux les flux d’informations;
  • Réduction de capacité cognitive ;
  • Dépendance à la distraction;
  • Encombrement de l’esprit.

Les réseaux sociaux, grâce à la traçabilité des utilisateurs, englobant les quatre métriques de l’attention : la popularité, l’autorité, la réputation et la prédiction, ont formé le modèle idyllique de cette économie. Ce qui fait que ces moyens de communication émettent des effets nocifs sur la santé mentale et développent de l’addiction au fil d’actualité sempiternel.

Face à un tel délétère environnent, des auteurs comme Call Newport ont proposé un style de vie loin de la surabondance d’information. Dans son livre “Digital minimalism”, Call nous invite à un usage plus intentionné de la technologie. “Tout est poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait le poison“ (Paracelse) un principe sur lequel s’appui Tristan Harris, qui était Designeur à Google, en contribuant à la fondation du mouvement  “Time Well Spent”.

Ainsi, la troisième révolution industrielle nous impose un style de vie bondé d’information. Toutefois, il est liminaire de prendre du recule et modérer cette consommation constante d’information.

Crédit image: parSol_Noblehart de Pixabay

Hicham Berbache

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici