Le mur en face de moi tourne en spirale qui, j’ai l’impression, va m’engloutir. Je regarde ma main, priant pour que mon cerveau cesse de me jouer des tours. En vain, mes doigts se mettent à se tortiller tels des serpents se mordants l’un l’autre. Ma mère m’interpelle, je l’entends, sans pour autant pouvoir comprendre ce qu’elle dit. Je suis pris par une soudaine envie de parler, je sens les mots glisser de ma bouche désagréablement sèche, sans aucun contrôle. Et devant l’expression confuse de ma mère, je comprends que j’ai failli mettre des mots sur ce qui se passe dans ma tête. J’abandonne donc la difficile tâche de communiquer et je vais à la salle de bain pour me revigorer, mais l’image que renvoie la glace en face de moi me glace le sang: Un pâle reflet de moi-même, aux paupières tombantes sur des yeux injectés de sang…

C’EST CE QUE RESSENT UN JEUNE APRÈS PRISE DE 3 COMPRIMÉS DE 300MG DE LYRICA.

Étymologie

La Prégabaline ou communément appelée “Lyrica” a -comme toute autre drogue, notamment le Rivotril ou “Madame Courage”, l’Ecstasy ou “L’Halwa” signifiant bonbon en dialecte algérien-  plusieurs dénominations dans le langage de rue, pour l’ultime but de brouiller les pistes à la police. Donc si vous vous êtes perdus dans un quartier à la réputation peu fameuse et qu’on vous demande si vous voulez un taxi, ce n’est certainement pas une gentille invitation pour vous conduire à la maison mais c’est un voyage de nature beaucoup plus psychédélique que ça en a l’air. Et “TAXI” par exemple, fait référence à la couleur jaune et blanche des gélules de certains génériques. Or “Saroukh”ou fusée est une allusion, au même temps, à l’état que confère sa consommation qu’à la couleur rouge et blanche de la gélule 300mg de Lyrica Pfizer.

Indications :

La Prégalabline est un médicament administré par voie orale, normalement utilisé pour soulager les douleurs neuropathiques, notamment diabétiques. Elle est également indiquée dans les troubles anxieux généralisés et les épilepsies partielles, en associations avec d’autres antiépileptiques. 

Lyrica comme drogue récréative :

Malgré l’étroite vigilance du corps médical concernant la prescription et la délivrance de ce médicament, les avides d’euphorie parviennent toujours à trouver une faille pour se le procurer; soit par le biais de parents malades, ou d’ordonnances falsifiées. 

La « nouvelle Ecstasy » confère aux consommateurs une sensation d’euphorie et d’ébriété dont le pic est atteint après une heure de la prise, doublée lorsque prise avec une boisson gazeuse (tâchez donc à demander la prochaine fois si le Coca que vous propose un ami est un Coca naturel ou “Fusillé”). Elle est aussi utilisée en association avec l’alcool et les opiacés pour majorer leurs effets. 

Les dangers :

Cette substance n’est cependant pas sans dangers. Et somnolence, vertige, agitation, confusion et hallucination figurent au sommet d’une liste interminable d’effets secondaires, suivis par un étourdissement et des affections hématologiques (de sang) et neurologiques qui s’installent suite à la prise anarchique à des doses supra-thérapeutiques. 

En plus du développement d’une tolérance et accoutumance physique et psychique à la fois, nécessitant l’augmentation continue des doses pour obtenir un effet équivalent à celui des fois antérieures.

La lutte contre cette drogue :

Cette hausse vertigineuse de la consommation de ce médicament pour son effet hallucinogène porte atteinte non seulement à l’intégrité sanitaire de la personne mais aussi à la stabilité et à la sécurité de la société, en générant un comportement agressif chez ses adeptes qui, déjà sombrés dans la confusion totale, vont se retrouver à faire des dépassements parfois incorrigibles.

Mais est-ce que le jeune algérien est le seul responsable de la propagation de ce fléau ? Ce même jeune qui se retrouve condamné à vivre dans un pays tellement riche mais à la fois peu soucieux de son confort, où la création d’espaces de détente et de jeux est considérée blasphématoire ?

N’est-il donc pas plus impératif de pallier à la constante avidité de “décollement” de notre jeunesse par d’autres moyens beaucoup plus constructifs et beaucoup moins dangereux ? 

Hacene Meroua Louiza

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici