Le dernier rapport de l’ONG : RSF (Reporters Sans Frontières), paru le 21 avril dernier,  épingle notre pays sur la situation de la liberté de la presse. Sur l’échelle mondiale, notre pays dégringole à la 141 ème place sur 180 pays, perdant ainsi cinq places comparativement à l’ancien classement.

Dans ce rapport, le RSF indique que : « Les autorités (algériennes) continuent à verrouiller le paysage médiatique avec de nombreux procès intentés contre des journalistes. Sous pression judiciaire, la presse algérienne peine à remplir sa mission ». Ce constat accablant fait l’unanimité dans la corporation journalistique. En effet les journaux algériens subissent plusieurs formes de censures, de pressions et d’intimidations.  On peut citer entre autres : les lois liberticides, l’emprisonnement des journalistes et des blogueurs à l’instar Khaled Drareni, le blocage des médias électroniques tel que Radio M et Maghreb Emergent ainsi que les nouvelles dispositions du code pénal qui ont pour but de criminaliser les fausses informations ou les Fake News « portant atteinte à l’ordre et à la sécurité publique ».

Concernant ces dernières dispositions, il est important de souligner que les médias publics et les chaînes de télévision gravitant autour du pouvoir sont le plus grand pourvoyeur de Fake News au pays. En effet, les algériens découvrent, chaque soir, un pays qu’ils ne connaissent pas lors du journal télévisé, où on nous décrit un pays réglé comme une montre suisse.

Réponse du gouvernement 

Réagissant à ces critiques, le porte-parole du gouvernement et ministre de la communication M. Amar Belhimeur a éludé le fond de la question préférant s’attaquer à cette organisation non gouvernementale. Il affirme à ce propos que : « On sait que RSF, bien que ce soit une ONG, est un élément de la chaîne d’expression du soft power français à travers le monde ».

L’ancien journaliste au Soir d’Algérie ajoute que : « Cette ONG bénéficie du soutien, sous une forme ou sous une autre de l’AFD, l’Agence française de développement, de TV5 et de TV5 Monde, chaînes de l’Audiovisuel extérieur français, de Radio France, de la Fondation de France, de l’entreprise publique EDF, du ministère de la Culture, du Conseil de l’Europe, de l’Instrument européen pour la démocratie et des droits de l’Homme (IEDDH) et, aux Etats Unis, de la Fondation Ford, de l’American Express et, surtout, de la NED, la fameuse National Endowment for Democracy, le cheval de Troie par excellence des révolutions colorées dans le monde, Maghreb et monde arabe en première ligne ». En d’autres termes, le ministre pointe du doigt la fameuse « mains étrangères » qui serait derrière ce rapport.

Cette réponse est révélatrice de l’embarras des autorités algériennes et un manque d’arguments flagrant. Au lieu de prendre à bras-le-corps ce pilier de la démocratie, les nouvelles autorités sombrent dans un déni de réalité contrairement aux promesses tenues lors des élections. 

MIB

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