Le 25 février dernier, le premier cas de Covid-19 est confirmé en Algérie. Depuis rien ne va, le nombre de victimes augmente fortement atteignant ainsi plus de 65 000 cas à ce jour. 

un espoir dénommé vaccin

Alors que tout espoir semble perdu, le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer et l’allemand BioNTech annoncent en ce lundi 9 novembre, avoir trouvé un vaccin contre le Coronavirus. L’antidote serait selon les premiers tests cliniques efficaces à 90 %. En Russie, c’est le vaccin expérimental Spoutnik V qui promet une efficacité à 92 % et qui sera mis en circulation dès le 1er janvier 2021. 

Vaccin Pfizer :

Un vaccin ayant surpassé les attentes dans les essais cruciaux de phase 3, mais inefficace pour les personnes souffrant d’infections asymptomatiques. Uğur Şahin (directeur général de BioNTech) se dit optimiste vis-à-vis des résultats des essais : « Nous savons maintenant que les vaccins peuvent vaincre ce virus ».

Il faut savoir aussi que les essais actuels du vaccin ne prouveront pas formellement qu’il empêche la transmission du virus, par opposition à simplement empêcher les personnes infectées de tomber malades. 

Certaines questions cruciales concernant l’efficacité du vaccin ne pourront être résolues que dans les semaines et les mois à venir, a déclaré Şahin. Déterminer avec certitude s’il peut également arrêter les infections asymptomatiques pourrait prendre jusqu’à un an.

Un vaccin à ARNm ?

Le vaccin à ARNm est une nouvelle technologie. La plupart des vaccins administrent une partie d’un virus (ou un virus entier inactivé) et cela déclenche une réponse immunitaire qui est alors capable de réagir aux infections ultérieures avec le virus réel. Ce vaccin potentiel contre le COVID-19 utilise la technologie de l’ARNm qui demande aux cellules humaines de générer la protéine virale COVID-19. Cette protéine virale provoque alors une réponse immunitaire qui devrait permettre à un receveur du vaccin de répondre à une véritable infection COVID. Cependant, ce genre vaccin nécessite un stockage très froid et cela pourrait donc être une limitation importante de leur disponibilité dans le monde entier.

La communauté scientifique réagit …

William Schaffner, expert en maladies infectieuses au Vanderbilt University Medical Center, a répondu aux données publiées en déclarant : « Les données d’efficacité sont vraiment impressionnantes. C’est mieux que ce que la plupart d’entre nous avaient espéré. J’aurais été ravi d’une efficacité de 70% ou 75%. 90% est très impressionnant pour tout vaccin. L’étude n’est pas encore terminée, mais les données semblent néanmoins très solides. ».

Bernd Salzberger, responsable de l’infectiologie à l’hôpital universitaire de Regensburg en Allemagne a déclaré : « Bien que seuls quelques événements – un total de 94 cas – aient été observés jusqu’à présent dans l’étude, c’est un très bon résultat. Aucun effet secondaire grave n’a été observé. Un résultat globalement très positif, qui conduira probablement à une approbation rapide ».

Le Dr Jonathan Stoye, chef de groupe, Laboratoire d’interactions rétrovirus-hôte, Institut Francis Crick, a déclaré : « On peut prévoir au moins deux inconvénients du vaccin Pfizer, même en supposant qu’il fonctionne aussi bien que nous le pensons actuellement. Tout d’abord, il nécessite deux injections pour une efficacité totale, espacées de 3 à 4 semaines. Deuxièmement, il doit être stocké à -80 degrés avant utilisation. Ces deux propriétés compliquent gravement l’administration du vaccin à de nombreux receveurs, en particulier dans les pays chauds et dotés de chaînes du froid moins développées. Il y a donc tout lieu de poursuivre la recherche de nouveaux vaccins, en particulier ceux ne nécessitant qu’une seule dose pouvant être distribuée sous forme de poudre et reconstituée avant utilisation ».

Concernant le Vaccin Spoutnik V :

Le laboratoire russe a choisi de publier ses résultats intermédiaires de phase III après seulement vingt infections. Ils ont administré le vaccin ou un placebo à 16 000 volontaires, qui ont ensuite repris leur vie normale. Une fois que vingt cas d’infection au Covid ont été constatés, ils ont regardé qui, parmi ces volontaires, avaient reçu le vaccin et qui avaient reçu le placebo. C’est ainsi qu’ils ont obtenu le score de 92 % d’efficacité. C’est un résultat précoce, dans la mesure où vingt cas est un nombre assez restreint. En comparaison, Pfizer a publié ses résultats après 94 cas d’infection et publiera des résultats complémentaires à 164 cas.

Qu’en est-il du vaccin de Sanofi ? 

Sanofi (entreprise française dont les activités incluent la pharmacie et les vaccins) développe en ce moment deux vaccins différents : l’un à partir d’ARN messager, comme celui de Pfizer, l’autre en utilisant une technologie déjà employée pour l’un de ses vaccins contre la grippe, commercialisé sous la marque FluBlock aux Etats-Unis. Ce dernier est le plus avancé : la phase III (dernière phase avant la commercialisation) qui inclut plusieurs milliers de patients, devrait commencer en décembre avec des résultats attendus au début de 2021.

Le vaccin sera-t-il disponible en Algérie ? 

Selon le professeur Mohamed Belhocine, le vaccin Pfizer ne sera disponible en Algérie qu’après plusieurs mois. La production du vaccin n’est pas aussi rapide que ses précommandes, même si le remède est disponible et approuvé par les organisations mondiales de santé ; il doit être produit par milliards pour être présent dans tout le pays et tout cela nécessite plusieurs mois.

Le ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid quant à lui assure que l’Algérie va acquérir le vaccin contre la Covid-19 quel que soit « son prix », en précisant que le pays a intégré le groupe Covax, qui compte 170 pays, pour garantir une protection à travers l’utilisation du vaccin que recherchent actuellement quelque 200 laboratoires à travers le monde, dont 8 à 10 laboratoires sont à des stades avancés dans leurs tests cliniques.

Une course mondiale au vaccin perdue d’avance ?

Depuis le début de la pandémie, les grandes forces mondiales se sont lancées dans une course déchaînée au vaccin, une folle compétition internationale aux enjeux financiers énormes dont le résultat risquerait de nous décevoir ? 

Il faut savoir que la plupart des essais effectuées jusqu’à maintenant sont encore au stade de « phase 1 » ou de « phase 2 », seuls quatre candidats vaccins sont en « phase 3 » dont celui de la société américaine Moderna, celui du laboratoire chinois Sinopharmet , ou encore Sinovac qui lui aussi est chinois et enfin le projet européen mené par l’université d’Oxford, en coopération avec la société AstraZeneca. 

Les résultats obtenus par ces derniers sont jugés encourageants avec une forte réponse immunitaire et peu d’effets indésirables. Néanmoins, il est un peu trop tôt pour tirer des conclusions, car on ne sait pas encore si ces niveaux d’immunité peuvent protéger contre l’infection ni si le vaccin peut protéger les plus fragiles des formes graves de Covid-19. Une étude britannique faite en mi-juillet estime que l’immunité basée sur les anticorps pourrait disparaître en seulement quelques mois, ce qui risque de compliquer la mise au point d’un vaccin efficace à long terme. 

Le Pr Daniel Floret, président du comité technique des vaccinations montre un peu plus d’optimisme en déclarant : « plus il y a de candidats vaccins, et surtout plus il y a de types de candidats vaccins, plus on a de chances d’aboutir à quelque chose ».

Sabrina Graine 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici