Buffy The Vampire Slayer ( aussi connue sous le nom de Buffy contre les vampires et Buffy la tueuse de vampire en VF) est une série Fantastique crée par Joss Whedon (l’écrivain des Avengers,) qui a vu le jour au petit écran à la soirée du 10 Mars 1997. 

Buffy, naissance d’une héroïne pas comme les autres:

Rembobinons à fin 90 où les films d’horreur étaient encore centrés autour d’un trope principal : la blonde sans défense qui court dans les ruelles, poursuivie par le monstre. En sa philosophie subversive, Joss Whedon a voulu inverser ce stéréotype en donnant à la fille blonde la force, la confiance ainsi que la féminité, pour tuer les méchants – voilà comment Buffy est née. 

Propulsant la talentueuse Sarah Michelle Gellar au statut de stardoll, Buffy va être fidèlement diffusé à la télé de 1997 à 2003. 7 saisons toutes plus novatrices et inventives les unes que les autres, à la joie des spectateurs, autant adolescents que adultes, qui ont été séduits par l’humour, la qualité dramatique, les épisodes surprises où un genre jamais vu apparaît, et le charme des acteurs/personnages, particulièrement celui de Buffy, une jeune fille destinée à combattre les forces du mal du haut de ses 1m58 ; une tueuse de vampire coriace, confiante et qui n’oublie jamais sa touche d’humour à chaque tuerie pour ne pas rendre l’atmosphère trop lourde. 

Du sang frais à la télé:

Joss Whedon ne s’est pas arrêté là en matière de philosophie cinématographique ! Son ambition l’a poussé à réinventer la série lambda en un amas de métaphores, de sorte que tous les monstres et démons que le spectateur  croise au cours des 145 épisodes représentent une allégorie, une référence directe au monde réel. Ainsi, toutes vos peurs deviennent réalité dans le lycée de Sunnydale High, en Californie : un ado qui aurait des envies meurtrières devient psychopathe, une introvertie timide disparaît littéralement de la réalité et devient un fantôme invisible. La bouche de l’enfer concrétise tous ces états d’âme, et la réalité de ses concepts autrement fictifs ou psychologiques rajoute à la sensation d’effroi tout en mélangeant l’horreur et le comique pour ne pas tomber dans l’ennui ; un brassage des genres jusque-là jamais vu à la télé. Il est donc difficile de catégoriser Buffy en série horreur, fantastique ou action, tant tous ces genres sont présents uniformément et harmonieusement dans la série, distribués avec équilibre de sorte que la comédie fasse place au drame et aux plot twists ; un scénario digne d’un soap opera !

Les péripéties de Buffy trouvent toujours un moyen de renaître de leur cendre et défiler devant le spectateur captivé, des efforts acclamés par les écrivains du show qui ne cessent de se creuser la tête pour un milieu de saison toujours imprévisible, un terrain miné et une finale quasi parfaite, et à chaque saison, un épisode spécial, jamais vu auparavant, tel un petit diamant : Un épisode silencieux dans sa totalité, un épisode sans aucune musique, (bien que les mélodies de Buffy sont l’un des points les plus forts de la série,) et enfin un épisode musical où les secrets les plus profonds des personnages sont chantés à l’écoute de tout le monde. Une histoire d’amour si emblématique déchirée par les circonstances de la vie, et une relation abusive ayant atteint son apogée par une tentative de viol.   

Buffy Anne Summers:

Buffy elle-même, est un personnage caractéristique des filles de banlieue californienne. Elle aime les fringues, sortir se détendre, elle est indépendante et populaire. Mais une partie que Joss Whedon a tenu à garder et qui d’ailleurs renforce son image jusqu’à la rendre  meilleur personnage féminin de la télé, est la féminité de Buffy. C’est cette douceur, cette empathie, ce romantisme, cette fragilité en amour, ces traits typiquement féminins, qui la rendent si réaliste. Une héroïne, une femme qui aide les hommes et les femmes sans en dénigrer aucun, une jeune fille naïve et romantique, un leader indépendant et courageux. Elle ne fume pas, elle ne boit pas, et elle est un superhéros, Joss Whedon a créé ici un idéal d’héroïne télévisée !

Outre ses qualités de femme, Buffy est un vrai modèle, un héros qui a un puissant sens moral, une gentillesse quasi inégalable et des valeurs ancrées si naturellement qu’on a tendance à les sous-estimer : Son ouverture d’esprit, son pardon, son sens du sacrifice, sa capacité à faire le bien même au dépend de son bonheur, des actions qui ne sont pas toujours bien prises ou interprétées par ses amis qui se montrent parfois insolents, ingrats ou qui la prennent pour acquise. Mais voyez-vous, être une tueuse n’est pas un don qu’on choisit, le héros doit souvent travailler seul, isolé, et prends le risque de mourir jeune – une mort tragique, bien entendu.

Bien plus qu’une série télévisée:

Tant de philosophies sont mises à nues dans la série ! Des questions sur l’existentialisme, le suicide, la torture morale, la dépression, l’addiction, la notion du bien et du mal, la démocratie et le leadership ; représentées tantôt en métaphores de Willow – qui s’enivre de la magie au point de devenir une junky – tantôt en temps réel, où Buffy doit sacrifier un être cher pour le bien de l’humanité. 

Jusqu’à ce jour, Buffy demeure l’une des séries les plus étudiées aux universités américaines de par le choc culturel qu’elle a eue de ses références féministes, au brassage des genres, au tabou des relations homosexuelles à la télé (le premier couple lesbien officiel y fut diffusé), même jusqu’à l’infâme scène du viol, sont des sujets qui ne cessent d’être remis sur les tables de réunion, et c’est en fait là la magie du show : ses thèmes sont toujours mis à jour et actualisés.

 Une série ne meurt que si ses thèmes s’affaissent et se fanent. A ce jour, Buffy est un emblème de la culture pop de par ses références comiques jusqu’aux styles vestimentaires et la coupe de cheveux de Sarah Michelle Gellar. Buffy The Vampire Slayer est classée 37eme dans le Rolling Stone magazine et 27eme meilleure série de tous les temps dans le Weathly Gorilla magazine. 

Nobody’s perfect:

Le temps a – hélas ! – érodé les rouages de la production de la série. Dans la période moderne dans laquelle on vit, où les budgets consacrés aux effets spéciaux et aux caméras sont astronomiques et où la technologie a permis une représentation spectaculaire du monde fictif, Buffy, à son époque, n’était pas le show le mieux financé. Joss Whedon était un écrivain modeste et a ouvert sa boîte par ses propres moyens, ajoutons à cela que les années 90 étaient beaucoup plus focalisées sur les sitcoms, les drames ou la science-fiction. Le fantastique au petit écran était relativement moins répandu qu’aujourd’hui, du fait que la technologie manquait à pallier certains besoins. Cela fait que les premières saisons de Buffy font un peu veillottes comparées à la clarté cristalline de shows modernes et des effets spéciaux digne d’un Steven Spielberg. Bien que le côté old school rajoute au charme à la série qui a su utiliser ce manque de moyen à son avantage avec un mélange de couleurs et des effets spéciaux crus pour renforcer le réalisme, à partir de la troisième saison, ayant eu un large succès et un budget plus confortable, la série n’a pas tardé à nous éblouir jusqu’à être nominée pour meilleurs effets spéciaux pour sa dernière saison aux Emmy Awards, une cérémonie prestigieuse de remise de prix.  

Ce n’est malheureusement pas tout ! Buffy a été conçue suivant le schéma de narration d’une bande dessinée, CAD que les épisodes sont des îlots de mini histoires qui ajoutent à la découverte des personnages mais qui en fin de compte n’avancent pas toujours la trame. C’est ce qui fait que parfois on tombe sur un épisode où une mante religieuse veut vous dévorer, ou sur des œufs extraterrestres…Pas très attrayant mais bien conçu tout de même.  D’autres épisodes encore servent seulement de remplisseurs et sont facilement oubliés dans les abysses, une technique scénaristique pour respecter le contrat imposé de 22 épisodes qu’on retrouve dans pratiquement toutes les séries, mais qui n’en demeure pas moins lassante à endurer…. Ce schéma fut cependant peu à peu laissé derrière pour privilégier une trame plus linéaire où chaque épisode dépend de l’autre. Enfin, certains acteurs ont décroché leur tout premier rôle grâce à Buffy. Leurs prestations étaient pour ainsi dire peu crédibles, pour ne pas dire pas du tout convaincantes. 

En tout et pour tout, de par ses thèmes diachroniques, son personnage touchant, ses finales à couper le souffle et ses philosophies profondes qui manient la trame comme peu le font de nos jours, il est démontré que Buffy est un des meilleurs shows du petit écran – au plaisir de ses fans intemporels qui ne cesseront jamais de revenir vers leur show bien-aimé. Le show a aussi raflé pas mal de récompenses en son temps, meilleure composition musicale, de multiples Awards en particulier à Sarah Michelle Gellar, mais aussi à l’écriture, aux effets spéciaux, et au maquillage. Beaucoup de personnes croient que la série se résume à une héroïne qui tue des vampires par-ci par-là sans aucun fond, ils ne s’imaginent même pas à quel point ils ont tort ! 

-Mehdi MFD. 

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