Les contours de la politique économique de l’exécutif, tels que définis par Tebboune, paraissent pour le moins flous, rentiers et non-innovants.

Lors de sa rencontre avec la presse, le président a énuméré quelques pistes. Il a d’abord balayé, d’un revers de la main, le recours à l’endettement extérieur et la planche à billets pour des considérations de souveraineté nationale et de sauvegarde du pouvoir d’achat des citoyens.

En effet, ceci s’explique par l’histoire récente de notre pays, particulièrement pendant les années 1990 avec le recours au Fond Monétaire international (FMI), et ses effets négatifs sur l’économie nationale. Les conditions draconiennes exigées par cette institution financière avec son plan d’ajustement structurel ont pesé très lourd sur la vie quotidienne des Algériens avec son lot de chômage, de privatisations, de coupes budgétaires et de fermeture d’entreprises publiques. C’est un souvenir douloureux pour des milliers de travailleurs qui, du jour au lendemain, ont perdu leurs postes d’emploi.

Concernant le recours à la planche à billets, cette mesure conduira inéluctablement à une dévaluation de la monnaie qui a comme corollaire une inflation galopante. Ceci ne manquera pas d’avoir des retombées néfastes sur le pouvoir d’achat. En d’autres termes, la dévaluation est synonyme de paupérisation. Ces deux mesures paraissent justes et de bon sens mais ne répondent pas à la question de fond qui est l’équilibre budgétaire et la relance de l’économie.

Le président Tebboune a par contre annoncé le recours à l’emprunt national. Plusieurs pays, à travers l’histoire, ont eu recours à ce mécanisme. L’Égypte de Abdelfatah Al Sissi est parmi les derniers à figurer dans cette liste. Cependant ce genre d’opération, aussi louable soit-elle, doit reposer sur la confiance. Le citoyen doit avoir une lisibilité et une confiance dans le pouvoir politique, ce qui n’est pas le cas chez nous. Cette opération ne glanera que des miettes et elle sera vouée à l’échec.

La finance islamique et les terres rares :

Le recours à la finance islamique est l’une des pistes privilégiées par les autorités algériennes. Annoncée avec grand fracas, ce genre de finances  n’est pas une nouveauté,  car plusieurs établissements financiers islamiques sont présents sur le marché algérien. Pour ne citer que la Baraka Bank, présente en Algérie depuis 1991, et Al Salam Bank. Mais l’essor de ce genre de finances peine à se réaliser malgré l’avenir radieux  qu’on lui prédisait au lendemain de la crise de 2008 où les banques islamiques ont été très peu touchées. Et ceci est dû aux tares congénitales de ce système. Et pour cause, la finance islamique a recours à des subterfuges pour contourner l’interdiction d’intérêts. Mais ceci conduit à des produits bancaires 2 à 3 fois plus chers que les banques traditionnelles. Exemple: au lieu d’appliquer un intérêt, la banque islamique se rémunère via une commission définie à l’avance. Pour le financement d’un achat immobilier ou d’une voiture, la banque achète le bien pour le revendre à terme avec un bénéfice. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’un maquillage d’une transaction purement financière en transaction commerciale. Cette mesure qui vise à une plus grande bancarisation de notre économie, qui souffre du poids important de l’informel, doit être accompagnée par une refonte globale du système financier qui encouragerait l’investissement productif.

Quant à l’exploitation des terres rares, comme souligné par le chef de l’état, cette proposition indique, si besoin est, que nous ne sommes pas prêts de sortir de la logique rentière. Compter sur les ressources naturelles est une erreur que nous payons déjà très cher vu notre dépendance aux hydrocarbures.

L’Algérie gagnera à avoir une économie diversifiée basée sur la science et la technologie et non pas l’exploitation de son sous-sol.

MIB

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