La nuit du 24 mai 1987, un canadien du nom de Kenneth Parks  a parcouru 23 km jusqu’à la maison de ses beaux parents, Barbara et Donald Woods. En arrivant chez eux, Parks les a brutalement attaqués, tuant ainsi sa belle mère. Tranquillement parti, il est allé au centre de police et à son arrivé il annonce : « je crois que j’ai tué quelqu’un, je ne sais ce qui s’est passé, j’ai vu le visage de Barbara et il était si triste… Je ne sais rien … », on a constaté à cet instant qu’il avait les tendons de ses dix doigts coupés mais qu’il n’exprimait aucune douleur ! Un an après, quand l’affaire a été jugée, le Gentle Giant – comme aimait l’appeler avant Barbara – a été acquitté pour des motifs sans précédent : il dormait !

Dès lors surgit ce qu’on appelle le somnambulisme homicide, communément référencé en médecine humaine et science du sommeil par parasomnie.

 Mais qu’est- ce donc la parasomnie ? 

Il faut tout d’abord savoir que les troubles du sommeil sont classés en deux grands groupes : les parasomnies et les dyssomnies ; ces derniers englobent tout ce qui est insomnie ou  somnolence excessive tandis que la première catégorie fait plus allusion aux phénomènes anormaux qui surviennent au moment de l’endormissement, lors du sommeil ou même au réveil.

Troubles très fréquents chez les enfants, ils peuvent toutefois cibler les adolescents ou même les adultes, causant des répercussions sur leur vie sociale (anxiété, fatigue, honte). Dans certains cas, ces troubles deviennent plus problématique encore et poussent le dormeur à commettre des actes à conséquences graves (le cas de Parks).

Causes et facteurs de risque 

Bien qu’ayant parfois une composante génétique, les parasomnies sont influencées – dans leur nature, fréquence, intensité et durée – par de nombreux facteurs extérieurs ou intérieurs comme :

  • Le stress et les perturbations psychologiques (deuil, déménagement, etc.) .
  • La privation du sommeil (travail de nuit).
  • Les décalages horaires (Jetlag).
  • Un très grand nombre de médicaments qui peuvent affecter la qualité du sommeil.
  • La fièvre et certaines maladies (maladie de parkinson, par exemple).

Différence entre somnambules, somniloques et sexsomnies 

On distingue plusieurs sortes de parasomnies. Les plus répandues sont celles qui surviennent au sommeil lent et ne laissent que très peu de souvenirs au dormeur. 

Nous avons d’abord le somnambulisme qui, contrairement aux idées reçues, ne consiste pas qu’à marcher les bras en avant mais est plutôt une succession de tâches complexes, à savoir : se lever, marcher (sleep-walking), monter ou descendre un escalier, préparer un repas, manger (night-eating syndrom) et, dans des rares cas, conduire une voiture (toujours le cas de Parks). Une fois ces actions accomplies, le somnambule retourne calmement à son lit et reprends paisiblement ses rêveries.


Nous avons également la somniloquie (sleep-talking) qui est le fait  de parler pendant le sommeil ; insultes, oppositions et beaucoup de NON, tout y est ! Le somniloque ne vas cependant se rappeler de rien le matin venu et peut devenir très vite irrité si on lui pose des questions sur sa discussion nocturne. Vous voilà prévenu(e)s ! 


Il y a aussi le bruxisme qui se caractérise par des grincements de dents gênants et les terreurs nocturnes où le petit réveille ses parents par des cris de terreur déchirants sans explications, des pleurs aussi… Puis se rendort facilement sans problèmes !

Certaines sortes de parasomnie restent cependant mal définies, comme les sexomnies – la pratique  involontaire d’actes sexuels pendant le sommeil.

Traitement et prévention

La majorité des parasomnies n’ont pas de causes connues ; il n’y a donc pas de traitement à l’heure actuelle. 

La prise en charge peut associer des mesures d’hygiène du sommeil (ne pas se priver de sommeil, s’octroyer des siestes, pas de caféine 3h avant le sommeil, réduire la consommation de l’alcool,… ), des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou bien l’apprentissage de techniques de relaxation. Quelques conseils permettent aussi de limiter la fréquence des troubles (bien fermer les volets de la fenêtre, ne pas dormir en hauteur (lit superposé ), bloquer l’accès au escaliers, enlever les objets dangereux, poser une gouttière endobuccale anti-bruxisme pour éviter le frottements des dents, etc.).

Sources : 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3632337/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4115862/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4506454/

                                                                                          Racha Ledra

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