Naturellement, nous avons tous entendu la phrase à un moment ou un autre : « C’est mon avis, je suis libre de l’avoir. » N’est-ce pas ? Et jusque-là oui, dans les limites de ce propos, la personne est parfaitement crédible.

Mais…approfondissons le sujet:

Supposons maintenant que l’individu dise « l’homme ancien est violent ». Mais que cette fois-ci, empli de confiance en lui, il décide de partager cette information en impliquant que c’est un fait, bien que rien ne montre que l’homme ancien était plus violent qu’un autre. De toute évidence, personne ne pourrait être en désaccord avec un fait, n’est ce pas? Seule une personne folle s’y aventurerait. Autrement dit, l’auteur est non seulement en train de convertir son avis subjectif en fait, mais traite quiconque étant en désaccord avec lui de fou. C’est ici que se situe la limite entre la liberté d’expression et l’anarchie du discours.

La liberté d’expression:

La liberté d’expression, est très simplement, l’exposition de l’avis d’un individu sans censure. Un avis qu’il peut nuancer par plus ou moins d’arguments, des verbes d’opinion, un avis favorable ou défavorable à des sujets dits « tabous » : Homosexualité, avortement, peine de mort, etc. Si elle est appliquée correctement, la liberté d’expression et d’opinion a de quoi nous armer pour être en harmonie avec le monde extérieur.  Cette liberté n’est pas du tout ce que certains polémistes veulent en faire, à savoir un prétexte à l’anarchie du discours, voire au discours haineux.

L’anarchie du discours:

L’anarchie du discours est la présentation d’éléments subjectifs, fallacieux, illusoires et erronés pour expliquer un fait dans un article, un débat ou dans un commentaire sur les réseaux sociaux.

Exemple : « Les livres sont les seuls puits desquels on peut tirer un savoir .La technologie nous abrutit et internet n’est pas une science ».

Bien que le pouvoir des livres n’ait été remis en question par personne, les qualifier d’unique source de savoir serait disqualifier toutes les autres plateformes universelles d’obtention de la connaissance : les jeux, l’écoute, l’expérience, l’interaction, les évènements de la vie, la pensée elle-même, la réminiscence, etc. La technologie, quant à elle, est une arme à double tranchant car elle peut abrutir tout comme elle peut élever. L’humain a le libre arbitre, décide de ce qu’il fait de qu’on lui donne, cela ne dépend donc QUE de lui. Internet n’est pas une science, mais un livre n’en est pas non plus. La seule science est la science.

Ceci est un exemple bénin de discours fallacieux à visée rédactionnelle. L’auteur a sans doute senti que la technologie l’abrutissait lui, que la vie ne pouvait être vécue qu’en fourrant son nez dans un tome de 500 page, et que le Web était stupide. Des jugements auquel il a droit, mais qu’il n’a aucun droit d’imposer aux autres, et vice versa.

L’éthique Journalistique quand on écrit pour le Web:

Un article électronique se doit de respecter une éthique d’écriture et une intégrité quant au contenu à rédiger. Il ne doit pas comporter des traumas, sentiments, nuances personnelles ou blessures de l’auteur, pour la simple et bonne raison que les généralisations génèrent, consciemment ou non, la propagande. Par exemple, si un psychologue algérien a été mauvais avec moi, cela ne veut pas dire que TOUS les psychologues algériens sont mauvais, que SON expérience n’est PAS la réalité. L’ajouter en marge serait inoffensif, mais de transformer ce ressenti en uniformité violerait les lois fondamentales de l’écriture journalistique.

Le discours haineux:

Le cas le plus grave est le discours haineux :

Exemple: « À bas les homosexuels, je suis libre d’avoir mon avis dessus ! » .

D’emblée, l’emploi du point d’exclamation est inévitable, du fait de la subjectivité et de la violence verbale extrême du propos tenu. Tenons-en compte, une opinion n’est pas néfaste PAR DEFINITION, car elle est reliée à la pensée, PAS à l’attitude. Un discours haineux est SYSTEMATIQUEMENT relié à l’attitude et à la violence verbale. La haine n’incite qu’à la violence, la violence incite aux maux et à la destruction, le discours haineux incite à la destruction par syllogisme.

Un autre cas de discours haineux encore plus venimeux est celui du discours implicite.

Exemple: « Les homosexuels sont de nature répugnants et ne devraient pas exister dans un monde où les esprits évoluent et favorisent la beauté. » .

Leurré par l’apparence toutefois neutre du propos ? Celui-ci est-il désormais au-dessus de tout soupçon ? Il n’en est rien. Non seulement l’auteur du propos implique que toute personne n’étant pas d’accord avec ce discours favorise le sous-développement et la laideur, mais que toute personne saine d’esprit est en faveur de la marginalisation, voire des actes violents commis contre les minorités homosexuelles. Imaginez-vous maintenant la portée de ce propos implicite, l’influence qu’il peut exercer sur des communautés jeunes, naïves, influençables, niaises, etc., et l’effet que cela ferait à ces individus ?.

Entendons-nous bien, il y a toujours une date d’expiration pour blâmer la société à propos des maux de l’individu, et toute personne lucide osera toujours se remettre en question et remettre en question ses actes; cela étant dit, les maux et fléaux causés par bon nombre de discours haineux sont indénombrables. En tant que rédacteur, auteur, journaliste et écrivain, une responsabilité morale se pose et est indiscutable. Quand donc se fera l’éveil intellectuel et quand est-ce que l’éthique sera de vigueur ? Question semi-ouverte.

Mehdi MFD.

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