Le week-end politique, juste après le ramadan, fût marqué par la tenue de deux congrès extraordinaires de deux partis de l’ex-alliance présidentielle à savoir le RND et le FLN. En plein confinement dû à la pandémie du coronavirus, ces deux formations politiques ont procédé à l’élection-désignation de nouveaux secrétaires généraux. Le timing et la précipitation dans la tenue de ces congrès n’augure pas de volonté de changement de la part des décideurs. En effet, avec cet événement, les contours de la feuille de route du pouvoir pour les échéances prochaines commencent à se dessiner. Il est évident que ces deux formations seront le fer de lance pour la prochaine révision constitutionnelle ainsi que les futurs scrutins.

Profitant de la trêve unilatérale décrétée par le Hirak, le régime algérien, et dans une course contre la montre, tente de se réorganiser pour reprendre la main. Une lecture objective des événements de ces trois derniers mois plaide en faveur d’un durcissement de ton du pouvoir et une volonté pour finir avec la contestation citoyenne. La censure médiatique, les intimidations contre les opposants et l’emprisonnement des figures du Hirak s’inscrit dans cette logique. Il ne serait pas étonnant de voir les résidus de l’ère Bouteflika, les organisations de masse et les relais du régime au sein de la société soient réactivés afin d’occuper le terrain.

Déconstruction du Hirak:

En parallèle à ce redéploiement, un travail de déconstruction du Hirak est méthodiquement mené. Une campagne médiatique, au niveau national et international, afin de discréditer le Hirak est minutieusement orchestrée. Le reportage de la chaîne française  » France 5″, qui a soulevé un tollé général, est à mettre dans cette case. Ce documentaire a fait l’apologie d’une jeunesse avide de transgression de certaines règles de notre société à l’instar des libertés sexuelles ne vise ni plus ni moins qu’à ternir l’image de ce mouvement de contestation ayant pour une renaissance de l’état algérien sur des bases démocratiques et sociales. Ce qui corrobore encore cette thèse est le dernier livre-enquête de l’universitaire Ahmed Ben Saada intitulé « Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak algérien ? ». Largement relayé par les médias officiels, cet universitaire installé au Canada suggère que les figures émergées du Hirak à l’instar du politologue Addi Lahouari, des avocats Mustapha Bouchachi et Zoubida Assoul ainsi que le détenu politique Karim Tabou répondent à des agendas étrangers. L’auteur pose des questions sur leurs parcours et leurs liens avec des organisations financées par des organismes américains tel que le NED ( NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRATY ).

En d’autres termes, la sempiternelle question de la main de l’étranger qui œuvre à détourner le fleuve de la contestation citoyenne. Ce dont cet universitaire pèche est que le terreau qui nourrit la contestation est avant tout la situation politique, sociale et économique désastreuse du pays.

MIB

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