Quel est selon vous l’avenir de l’environnement en Afrique ? en Algérie ? L’écologie a-t-elle vraiment un avenir dans ce continent ? L’environnement ne cesse de nous fournir biens et services (nourriture, plantes médicinales qui constituent les principaux garants de la santé humaine en Algérie, en Afrique et dans le monde entier…), mais qui garantis la santé de l’environnement ? Avons-nous déjà pensé aux générations qui viennent ? Avons-nous pensé à notre planète terre ?  

Être écolo, comment ? 

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Ce n’est pas aussi difficile que ça n’apparaît, c’est facile. Vous pouvez ne pas laisser votre téléphone se charger toute la nuit et limiter la consommation d’énergie. À la maison vous avez des plantes ? Vous pouvez utiliser les déchets organiques comme engrais au lieu de les jeter. Quand vous faites le marché, choisissez selon vos propres valeurs car un achat non consommé reste un déchet. Vous respectez les humains n’est-ce pas ? Respectez donc les animaux et les plantes et ne jetez pas vos déchets çà et là. Et le papier ! on en parle ? Évitez autant que possible d’imprimer l’inutile. Une autre petite question, vous avez une voiture et vous devez aller acheter du pain à une boulangerie qui est à 800 m de chez vous, vous faites comment ? Vous allez prendre votre voiture évidemment ! Mais avez-vous pensé à la pression qu’on crée sur l’environnement avec les moyens de transport ? 

Ce sont de petits gestes pour nous mais ils font un bien énorme à notre planète.  

Pourquoi l’Afrique est en danger ? 

Une petite analyse sur la croissance de l’Afrique nous permet de mieux comprendre l’avenir écologique de ce continent. Au fur et à mesure que l’Afrique se développe, sa dotation en ressources écologiques s’érode exorbitamment. Il est donc nécessaire et primordiale qu’elle adopte une nouvelle trajectoire de développement durable.  

L’urbanisation 

Saviez-vous que l’Afrique a le taux d’urbanisation le plus élevé du monde ? les statistiques montrent qu’en 2050 la moitié de la population africaine, soit plus d’un milliard d’habitants vivront en ville. Par ailleurs, pour subvenir aux besoins de ces populations, des terres agricoles ont été transformées en complexes résidentiels et industriels, l’augmentation de la consommation énergétique, de terres, de la nourriture et de l’eau a également engendré une augmentation de la pollution (air, eau et environnement)  

Les investissements et la demande mondiale en ressources 

60 % des terres arables du monde sont présentes en Afrique (d’ailleurs dans la période coloniale, l’Afrique fut appelée le donjon de l’Europe, car presque toute son agriculture était basée en Afrique.), c’est un puissant moteur de développement mais la non prise en compte des exigences écologiques dans l’agriculture peut provoquer des pertes énormes dans l’écosystème.

À la croisée des chemins : développement et écologie 

Dans le but de comprendre le lien entre le développement et l’écologie, il est utile de faire une petite analyse sur comment les demandes d’infrastructures créent une pression sur l’écosystème. Selon les trajectoires de développement, on distingue donc :   

  • Le développement basé sur les activités extractives : Dans les zones dotées de ressources minérales ou pétrolières, ce modèle de développement a des implications importantes pour la qualité de l’environnement en termes de ressources en eau et en terres, ainsi que pour la production d’énergie. Le caractère non-renouvelable de ces ressources implique que le problème des actifs bloqués et l’appauvrissement localisé dans un contexte de dégradation de l’environnement demeure une préoccupation majeure;
  • Le développement agraire : Dans les zones dotées de vastes terres arables ou pastorales, elles deviennent souvent de plus en plus gourmandes en eau avec le développement de l’irrigation visant à stimuler la productivité. Ce modèle de développement génère aussi une grande consommation en énergie pour le pompage de l’eau et de culture. Ces activités ont des impacts sur l’environnement aquatiques et terrestres et cela revient à l’utilisation des ressources en eau et l’expansion de l’agriculture, alors que cette dernière est tributaire des ressources renouvelables, et peut donc avoir une perspective à long terme, ces activités nécessitent une gestion judicieuse des ressources en terres et en eau. 
  • Le développement écotouristique : dans les zones dotées de ressources environnementales/ écosystémiques abondantes pouvant prioriser la conservation des ressources et l’éco-tourisme

Corrélation entre l’environnement et la santé 

Qualité de l’air

La pollution de l’air est un défi dans les pays à urbanisation rapide. Les transports font partie des principales raisons de cette pollution, ça se remarque dans les grandes villes d’Afrique, comme le Caire, Addis-Abeba, Dakar, Nairobi… L’exploitation minière et la production du ciment ont aussi une main dedans. Le Maroc, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe contribuent considérablement à la pollution atmosphérique de la région, les statistiques disent que près de 800 000 personnes meurent par an à cause de l’émission des poussières de ces industries.

Diversité biologique

Une variété de fruits, de légumes, de miel, d’épices, d’huiles, de viande de brousse, de poissons, de verset de champignons comestibles que l’on trouve dans les écosystèmes de l’Afrique jouent un rôle fondamental dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle du continent. En effet, ce dernier est en train de perdre sa richesse en biodiversité. La surexploitation des ressources naturelles et le changement climatique contribuent également à la dégradation de la biodiversité et entraînent des déséquilibres dans les relations prédateur-proie qui peuvent créer les conditions d’éclosion des maladies.

La modification des écosystèmes forestiers

L’exploitation forestière et la construction de routes à travers les forêts peuvent également faciliter le rapprochement étroit des êtres humains avec la faune sauvage et augmenter ainsi le risque de transmission de zoonoses tel que le virus Ébola et la variole du singe.

Un arrêt sur l’Algérie

En Algérie, la composition du gouvernement actuel nous laisse penser que l’écologie est présente en force : Un ministère de l’environnement et des énergies renouvelables, un ministère délégué à l’environnement saharien, un ministère délégué à l’agriculture saharienne et des montagnes et aussi un ministère de la Pêche et des Productions halieutiques. 

Chaque ministère a sa mission. Le premier assure la promotion de l’écologie en son volet énergétique. Le second a pour but d’assurer l’équilibre écologique du Sahara en évitant la surexploitation de ses ressources, on pense directement au gaz de schiste vrai ? le troisième ministère tente de promouvoir l’agriculture saharienne et celle des montagnes, sachant qu’elles sont très fragilisées par l’absence des moyens de développement. Et le ministère de la pèche et des productions halieutiques, qu’en est-il de lui ? s’agit-il d’un plan d’économie bleue ? 

Pleins de plans, mais où est donc l’application !  

On voit une grande marche vers l’industrialisation mais où la préservation de l’environnement occupe peu de place. Oui, l’exploitation des ressources naturelles a permis une amélioration de la qualité de vie de la population algérienne, mais elle s’est faite au détriment de l’équilibre écologique. 

Principaux problèmes écologiques :

  • Les ressources en eaux limitées, vulnérables et inégalement réparties. 
  • 80% des eaux usées ne sont pas épurées, et rejetées directement dans les mers et les oueds;
  • Le système de collecte des déchets est inadéquat, et la gestion des décharges est défaillante;
  • La biodiversité en dégradation : l’Algérie qui est un vaste pays, ne dispose que des 40 millions d’hectares pouvant être cultivés;
  • Les terres arables sont d’une constante dégradation; 
  • L’érosion hydrique menaçant 12 millions d’hectares des terres du nord, et près de 500 000 hectares dans les zones steppiques sont en voie de désertification.  

Indice de performance environnementale, où se trouve l’Algérie ?

L’IPF est un indicateur qui fournit l’efficacité des politiques environnementales d’un pays, effectué par des chercheurs de l’université de Yale. Il prend en considération la santé de l’environnement et la vitalité de l’écosystème. En 2016, l’Algérie avait un score de 70.28 l’a classant 83ème sur 180 pays, la Tunisie était classée 53ème, le Maroc 64ème. Le mauvais classement de l’Algérie s’expliquait selon eux par la faiblesse au niveau du secteur agricole, de l’assainissement de l’eau et de la biodiversité (source : Hsu et Nus, 2016) 

Son meilleur IPF était dans le domaine de la qualité de l’air, avec un score de 89.04 la situant à la 48ème place sur 180. Son pire résultat est dans l’assainissement des eaux usées avec un score de 72.11 occupant la 111ème place, et de biodiversité avec un score de 61.62 à la 137ème place.  

Témoignages : manger bio, être écolo 

« Il n’y a pas mieux que de manger bio »

Belkacem, un pharmacien et sa femme Malika, professeur de langue française ont un jardin cultivé avec amour, où on peut trouver des tomates, des poivres, des aubergines, des haricots verts, des pois chiches, etc. Ils ont plus de 15 arbres fruitiers dont un bananier. En voulant comprendre pourquoi ils font ça, ils ont répondu : « Il ny a pas mieux que de manger bio, je sais au moins que mes enfants ne mangent pas d’engrais, et ma maison est plus belle avec de la verdure tout autour ».

« Travailler la terre est gratifiant pour nous… »

Samia, pharmacienne aussi, nous fait part de sa propre expérience en jardinage : « j’ai un jardin à la maison, ce sont beaucoup plus mes parents qui le cultivent, nous avons des poivrons, de la salade, des figuiers, un oranger et un citronnier, mes parents sont très orientés bio et sont éco-responsables. on fait du compostage, du recyclage et on a aussi beaucoup de fleurs et de rosiers. Travailler la terre est gratifiant pour nous, tu plantes, tu arroses et tu manges ; c’est bon et sans pesticides ni engrais, et ça occupe bien ».

« Cultiver mon jardin est pour moi une passion »

Ghada, architecte spécialisée en environnement, sa réponse était une belle preuve de l’amour qu’elle a envers l’environnement : « cultiver mon jardin est pour moi une passion. J’adore le fait d’avoir un petit jardin où se trouvent mes petites plantes que je traite comme des bébés. J’encourage tout ce qui est bio, je fais confiance à mes mains, je consomme seulement les citrons de mon arbre, les oranges, les poires, ont un goût spécial ! » dit-elle

« On sent qu’on possède sa propre qualité »

Marwa, doctorante en littérature à l’université de Blida, elle aussi a un jardin : « oui, nous avons un jardin, et on le cultive, nous avons plein d’arbres fruitiers, pommes, poires, prunes et raisins, ils donnent de grosses quantités de fruits au point d’en offrir aux amis et famille ; nous avons aussi des fleurs un peu partout. On a plusieurs fois essayé de cultiver des légumes mais ça n’a pas marché, je pense que c’est dû au climat de Médéa. J’aime le cultiver parce que c’est sympa et qu’on sent qu’on possède sa propre qualité ».

« C’est parti d’une prise de conscience » 

Yamina elle, a eu déclic, il y a trois années, elle dit : « j’ai été diagnostiqué d’hypothyroïdie et j’ai été appelée à changer d’hygiène de vie, surtout en termes de nutrition. On n’est jamais à l’abri des pesticides et d’insecticides ou d’autres produits que certains cultivateurs injectent aux variétés, qui peuvent être des perturbateurs endocriniens, notamment les OGM. J’essaye depuis, de me procurer des légumes et fruits sains mais on ne peut jamais être sûr, alors autant les cultiver soi-même. Voilà comment ça a commencé, c’est parti d’une prise de conscience ».

Melissa Merabet

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