Étant formé à la faculté de médecine humaine ; on y a surtout appris à traiter les patients comme des corps exclusivement physiques, or nous ne pouvons ignorer que l’être humain est en réalité une entité indivisible fondée sur la relation « corps-esprit » et la dissociation de cette dernière ne survient qu’à la mort de l’individu. Notons ainsi que certains phénomènes comme l’effet Placebo* relèvent des interrogations sur le sujet, tout comme le stress (principal signe d’alarme accusé d’être en lien direct avec plus de 60% des visites quotidiennes chez le médecin).

Le progrès de la biologie

Bien que la continuité entre l’état psychique et physique n’ait pas encore été démontrée, La biologie a prouvé que nos expériences sensorielles sont causées par des stimuli qui nous parviennent du monde extérieur par le moyen de nos organes des sens. Il est également attesté, à l’inverse, que nous pouvons mouvoir notre corps en sorte de satisfaire un besoin ou un désir de l’esprit. La meilleure voie vers la guérison serait donc de soigner au premier chef la source de la maladie par moult moyens comme : la méditation, sans pour autant se passer des bienfaits de la médecine moderne, car élargir le champ ne signifie pas éliminer.
La relation corps-esprit est pourtant très estimée dans la médecine traditionnelle comme dans l’Ayurveda*² où l’on définit la santé comme un équilibre dynamique entre le sens, le mental, et l’âme. 

La réflexion philosophique

« Le mental fonctionne à travers les sens, s’il y est trop impliqué, il devient fou » René Descartes.

La relation corps-esprit a été longtemps sujette de réflexions philosophiques échappant à toute exploration scientifique, non parce qu’on en ignorait l’importance, mais parce que obéissant au dualisme cartésien qui a accablé pour plus de deux siècles l’avènement des sciences humaines. Il fallut attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour qu’une rupture avec l’a priori cartésien s’affirme. Théodule Ribot (1907) rejeta ce qu’il qualifia de « psychologie métaphysqiue » au profit d’une étude des fonctions psychiques fondée sur la hiérarchie des fonctions cérébrales postulées par Jackson (1981). Franz Brentano (1874) proposa une approche empirique du psychisme en remettant à l’honneur la pensée d’Aristote pour distinguer les phénomènes physiques qui obéissent à la causalité efficiente et les phénomènes psychiques qui obéissent à la causalité finale au sens qu’Aristote donnait à ses expressions. Il distinguait quatre sortes de causes : matérielle, formelle, efficiente et finale

En attendant qu’on puisse encore attester de l’étendue de la relation corps-esprit, la question reste suspendue : Avons-nous un corps ou nous sommes notre corps ?
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*Le placebo est un objet inerte ne possédant aucune activité pharmacologique réservé à la réalisation des essais médicamenteux
médecine traditionnelle originaire de l’inde

Abir Ghorab

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