« Que jamais, jamais, jamais plus, ce beau pays ne connaisse l’oppression d’un homme par un autre. […] Le soleil n’a jamais brillé sur une aussi grande réalisation humaine. Que règne la liberté. Que Dieu bénisse l’Afrique ! »  

Nelson Mandela, 2 mai 1994

Vous avez toute la gratitude de l’Afrique noire monsieur Mandela ! 

Qui est Nelson Mandela ? 

Aujourd’hui, la journée internationale de Nelson Mandela, et qui donc ne le connait pas ! Né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un village dans la province du Cap en Afrique du Sud, Rolihlahla Mandela était fils d’une famille royale, son arrière-grand-père paternel, Inkosi Enkhulu, était lui, roi du peuple Thembu, son père, Gadla Henry Mphakanyiswa, était chef du village de Mvezo

Vous savez qu’il était le premier dans sa famille à fréquenter une l’école ? « J’étais conscient qu’il me fallait faire mon chemin à partir de mes seules capacités et non de mon héritage » dit-il. Une coutume chez les africains, à cette époque, était de donner un prénom anglais à chacun, son institutrice, Miss Mdingane, lui donna le prénom Nelson. 

La lutte anti-apartheid  

Un étudiant brillant était-il ! Il entreprend des études de droit, ainsi il devient l’un des premiers avocats noirs de Johannesburg. En 1944, il s’est engagé dans les rangs de l’ACN (African National Congress), et voilà que sa lutte contre la domination des blancs et la ségrégation raciale commença. Il devient un grand acteur des groupes non-violent contre l’apartheid, il a organisé pour cela plusieurs manifestations, mais ça n’a pas su durer.

En 1960, durant l’une de ces manifestations, la police ouvre le feu, plusieurs innocents ont été descendus, et c’est là que Mandela a dit sa fameuse phrase « Quand on refuse à un homme de mener la vie dans laquelle il croit, il n’a pas d’autre choix que de devenir un hors-la-loi ». Il entra alors dans la clandestinité, sabotage, grèves … il faisait partie des 150 accusés du Treason Trial (poursuivis pour trahison) du fait de leurs activités anti-apartheid. L’ACN décida donc le passage à la lutte armée, une branche militaire du parti a été créée, dont Mandela fut élu commandant. Du coup, il est devenu un leader terroriste pour le régime de Pretoria.  En 1962, Nelson est arrêté par la police et en 1964, il a été condamné à vie. 

Sa libération 

Il resta incarcéré 27 ans, c’est d’ailleurs depuis sa prison, qu’il devint une icône internationale et une autorité morale incontesté. Ils croyaient l’avoir brisé en prison, mais elle ne l’a que renforcé. 

En février 1990, après 27 ans, 6 mois et 6 jours d’emprisonnement Mandela fut libéré grâce aux pressions politiques du monde entier. Cinq cent mille personnes viennent saluer leur héros à sa sortie. 71 ans, un homme mûr, qui s’est résolu à poursuivre le combat. Il a repris sa place à la tête de l’ANC, il conduisit des négociations en vue de la fin de l’apartheid. 

Prix Nobel de la paix 

« Ce qui ancre tous mes rêves, c’est la sagesse collective de l’humanité. Nous pourrions barrer nos drapeaux du mot “vengeance” et décider de répondre à la brutalité par la brutalité. Mais l’oppression déshumanise l’oppresseur autant qu’elle fait souffrir l’oppresser. Imiter la barbarie du tyran nous transformerait nous aussi en sauvages. Nous souillerions notre cause, nous nous avilirions si nous empruntions ses méthodes à l’oppresseur. Il ne faut pas que notre long sacrifice nous fasse un cœur de pierre » dit-il. En 1993, Mandela reçoit le prix Nobel de la paix. 

Mandela, chef d’état 

En 1994, Mandela est élu chef de l’état de l’Afrique du sud, il a prôné la réconciliation des groupes raciaux symbolisée, en 1995, il conduisit une politique économique libérale comme il s’y était engagé, en 1999, il céda la place à la tête de l’état à Thabo Mbaïki

Ses paroles valent tous les diamants de l’Afrique du sud, « J’ai parcouru ce long chemin vers la liberté. J’ai essayé de ne pas hésiter ; j’ai fait beaucoup de faux pas. Mais j’ai découvert ce secret : après avoir gravi une haute colline, tout ce qu’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. Je me suis arrêté un instant pour me reposer, pour contempler l’admirable paysage qui m’entoure, pour regarder derrière moi la longue route que j’ai parcourue. Mais je ne peux me reposer qu’un instant ; avec la liberté viennent les responsabilités, et je n’ose m’attarder car je ne suis pas arrivé au terme de mon long chemin » (extrait du livre un long chemin vers la liberté), dit-il lors de son discours dans une fête organisée en son honneur après avoir été élu président de l’état. 

Après la présidence 

Ce grand homme, a toujours continué à lutter pour les causes qui lui tiennent à cœur. 

  • En 1999, il créa la fondation Nelson Mandela pour promouvoir l’éducation, le devoir de mémoire, et l’une de ses priorités, la lutte contre le sida. 
  • Il devient le porte-parole de plusieurs organisations de défenses des droits de l’homme. 
  • Il a soutenu les mouvements « make poverty history » à travers le monde. 
  • En 2000, il organisa un tournoi de golf de charité Nelson Mandela, pour l’aide à l’enfance 

Mandela et l’Algérie 

Comme il le disait toujours « l’Algérie est ma deuxième patrie« . Il était très imprégné de l’histoire de la résistance algérienne contre le colon français qui l’a beaucoup inspiré dans sa lutte contre l’apartheid. Très proche d’Ahmed Ben Bella, Nelson Mandela a reçu au début des années 60 une formation militaire assurée par l’Algérie aux membres de l’ACN, tout en menant une fonde diplomatique contre l’apartheid à l’organisation de l’union africaine ainsi qu’à l’ONU. Pour que leur combat contre l’apartheid ait plus d’écho, l’ACN a ouvert un bureau d’informations en Algérie. À cette époque, Alger était très fréquentée par les dirigeants de l’ACN, surnommée « la Mecque des révolutionnaires« .

À ses yeux, nous avions réussi à mener une guerre contre une armée coloniale des plus puissantes au monde, nous méritions donc d’être un exemple à suivre.

Sa mort 

En juillet 2001, Nelson découvre sa maladie, un cancer de la prostate, durant le mois de juin 2004, sa santé commence à décliner. Il décida, cependant de se retirer de la vie publique et de passer plus de temps avec sa famille. 

En juin 2013, il a été placé sous assistance médicale à cause d’une infection pulmonaire très agressive. Son état de santé s’est légèrement amélioré, mais ce n’était pas enchantant. 

Le 5 décembre 2013, à 22h 45 min, le président de l’état annonça sa mort, à 95 ans… 

« Je me suis battu contre la domination blanche et je me suis battu contre la domination noire, j’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique (…)  C’est un idéal pour lequel j’espère vivre, mais, votre honneur, si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.’’  

Nelson Mandela, 20 avril 1964, lors de son procès pour haute trahison. 

Melissa Merabet

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