Le Président de la République Abdelmadjid Tebboune a signé un décret permettant à Pierre Audin, fils de feu Maurice Audin, d’être naturalisé Algérien. Cet acte juridique porte en lui une symbolique importante quant à la mémoire collective sur la guerre d’indépendance nationale.

Qui était Maurice Audin ?

Il naquit en 1932 à Béja en Tunisie, alors sous protectorat Français. Issu d’une famille modeste dont le père était un gendarme. Audin fait des études mathématiques élémentaires à Alger et obtient sa licence en 1953. Il intègre parallèlement à ses études le parti communiste algérien en 1951. Maurice Audin s’engage tôt à la guerre d’indépendance et participe à des opérations d’hébergement de militants et sert d’agent de liaison.

Audin est arrêté le 11 juin 1957 à son domicilepar le capitaine Devis et le lieutenant Erulin.Il disparaît et son corps ne sera jamais retrouvé, son acte de décès sera officialisé en 1963 par le tribunal de grande instance d’Alger qui inscrit comme date de décès le 21 juin 1957. Audin meurt très jeune à l’âge de 25 ans.

Le président français Emmanuel reconnaît officiellement la responsabilité de l’Etat Français dans sa disparition le 13 septembre 2018

L’universalisme de la révolution Algérienne :

On a tendance à considérer de manière fallacieuse la guerre pour l’indépendance de l’Algérie comme une simple guerre entre deux pays et deux peuples, voire comme une guerre ethnique ou religieuse. Or, cela est absolument inepte. Maurice Audin était un communiste non-religieux et s’est sacrifié pour une Algérie plurielle et indépendante. On peut aussi citer les cas du juif Yveton, ou encore celui d’Henri Maillot qui écrivait : « Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. »

La guerre de libération n’était donc pas une guerre dirigée contre le peuple français mais contre le régime colonial. Ainsi Larbi Ben M’Hidi écrivait dans un article intitulé « Les objectifs fondamentaux de notre révolution » :

« Le peuple algérien reprend une autre fois les armes pour chasser l’occupant impérialiste, pour se donner comme forme de gouvernement une république démocratique et sociale, pour un système socialiste, comportant notamment des réformes agraires profondes et révolutionnaires, pour une vie morale et matérielle décente, pour la paix au Maghreb.

(…)

Le peuple algérien, dans sa lutte de libération nationale, et d’émancipation, compte sur le soutien indéfectible des peuples frères maghrébins, sur l’amitié des Afro-Asiens, sur la sympathie du peuple français, des démocrates et progressistes du monde.

(…)

Cette victoire permettra d’établir des alliances solides notamment avec le peuple français dans sa lutte contre le fascisme et pour la démocratie, et en plus, elle sera un rempart puissant anti-impérialiste en Afrique.

La nation algérienne, sous le guide éclairé des glorieux FLN et ALN poursuivra victorieusement sa marche pour l’Indépendance nationale, pour détruire à tout jamais le colonialisme rétrograde et faire triompher les libertés humaines dans l’équité et la fraternité universelle. » (El Moudjahid, numéro 2, éditions de la résistance algérienne).

Yacine Chibane

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