Le patrimoine musical Algérien est riche et diversifié, le Chaâbi reste cependant sur le trône. Il est caractérisé par son polyglottisme, une musique rimant avec des textes en Français, arabe littéraire, arabe courant, Kabyle et Chaoui.

Le Chaâbi a certes eu plusieurs influences, néanmoins il ne faut jamais mélanger entre le Chaâbi et la musique orientale ou arabo-musulmane. Cette musique a la particularité d’être totalement Algérienne, et le but de cet article est surtout de faire connaître et reconnaître son identité qui est jusqu’à nos jours une question en suspens. La question de son inscription au patrimoine national et international est donc d’actualité.

Plusieurs ambassadeurs du Chaâbi ont participé à la construction de l’image qu’on lui connait aujourd’hui. On ne peut parler de Chaâbi sans évoquer Chikh Nador qui est considéré comme le premier maître de ce style dans le début du 19ème siècle. EL Hadj El Anka, Mahboub Bati, EL Hachemi Guerouabi, Chickh El Hasnaoui, Slimane Azem… Le Chaâbi, est plus qu’un style musical, c’est une identité, une façon de vivre à la Casbah d’Alger, avec une ambiance assez particulière.

Les miniatures de Mohamed Racim, peintre Algérien, transmettent le mieux l’ambiance qui régnait à la Casbah au temps où le Chaâbi tant perçu comme un divertissement lors des mariages, réunions et retrouvailles entre voisines, ou tout simplement comme une façon de vivre à la Médina d’Alger. Il faut souligner le fait que le Chaâbi en ces moments : début du XXème siècle, a été le plus démocratisé. Un plaisir accessible à tout le peuple sans exception, et il était surtout conçu comme moyen d’expression du vécu et des réalités sociales de l’époque.

Le Chaâbi est généralement représenté comme une musique traditionnelle, ce qui tend à lui faire perdre de sa valeur, mais surtout de son utilisation. On a beaucoup l’image du vieux papi perché aux manches de sa guitare avec un tarbouche. Il faut cependant faire la différence entre image et identité. L’identité du Chaâbi est vraiment encrée dans toute la population Algérienne. Ceci dit, il n’est plus vécu comme un divertissement où les voisins se réunissaient dans un café ou dans les ruelles et terrasses de la Casbah en fredonnant et en interprétant les chansons des artistes les plus connus ou mieux encore, en composer de nouvelles qui expriment aux mieux leurs vécus. 

Il faut aussi souligner que le ministère de la culture Algérienne accorde beaucoup plus d’importance au patrimoine culturel matériel qu’à son confrère immatériel. Cela va sans dire que c’est une très grosse faute, et que les traditions et la particularité identitaire typique de l’Algérie s’effacent de plus en plus pour un mode de vie beaucoup plus occidentale ou mondialiste.

Cette non-application de leur part affecte spécialement le monde de la recherche scientifique ou l’on constate l’absence totale de thèses, de travaux de recherches  proprement dits et qui puissent servir de socle pour mettre en valeur et participer au processus de la mise en patrimonialisation.

Il est plus que temps que le « Blues de la casbah » reprend ses droits et sa juste valeur dans les pratiques populaires, le vécu mais aussi dans les scènes Algériennes et mondiales. Sur ce, plusieurs artistes partagent cet avis et s’engagent à porter les messages du chaâbi dans les scènes mondiales, Notamment Le groupe « AmZik » avec leurs Notes Chaâbi jeunes aux arômes de Jazz moderne, « Yacine Kheddaoui » un musicien de mandole qui interprète des chansons d’artistes occidentaux célèbres sur les cordes d’un instrument typiquement Algérien, « Idir Salem » jeune Chanteur kabyle qui adapte ses textes à une musique Chaâbi soupoudrés de notes de musiques classiques.

Asma SELLAMI – Equipe rédaction Nomad

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