Bon nombre de personnes sont dans le flou total concernant Massinissa, d’autres sont tombées dans un piège trompeur pour une raison ou une autre, mais la réalité tire dans un sens logique et identitaire, Pourquoi ? La réponse est ci-dessous.

Prenons un instant pour assimiler ce nom mythique !

Mythique ?! Un mot d’une sonorité pesante, et c’est un poil exagéré, non ?! En fait…. pas totalement ! Rien qu’en raccordant la signification du prénom Massinissa ou «Mas-n-sen» en Tamazight, littéralement traduit par «seigneur-à-eux», au vécu et aux exploits rarissimes de ce guerrier, on saura que le mythe est sur la même longueur d’onde que l’histoire de ce fabuleux personnage….ou presque !

Qui est MASSINISSA ?

Mas-n-sen, numidien de pure souche, descendant d’une famille noble, est un personnage atypique et à demi mesure une divinité ! Né en 238 av. J.-C à Zama : Ville antique numide, capitale du royaume, située en Tunisie.

Naissance 

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Sa naissance qui est le fruit de l’alliance entre Gaya, roi des Massyles, et Sénifer fut un événement crucial pour leur avenir, mais aussi une course poursuite avec le temps car l’héritier dans les coutumes anciennes n’était pas le fils aîné du roi mais le plus âgé des princes du sang ! Comme le hasard ne fait pas bien les choses ! Capussa, son cousin, était né le même soir, devancé d’une heure ! En clair, (Isalcas : Unique frère cadet du roi) est le premier, suivi de Capussa : Fils d’Isalcas, vient après Massinissa.

Apprentissage 

Ayant grandi suivant deux étapes, la première, au palais royal aux cotés de son cousin où il a appris le libyque, le punique ainsi qu’une bonne dizaine de dialectes plus, une maîtrise dans toutes les disciplines corporelles. À l’âge de cinq ans, ils furent confiés à Naravas : Fils de la sœur aînée du roi, et aux meilleurs cavaliers de la garde royale afin d’en faire de véritables hommes de cheval.

La seconde étape de la formation, s’est faite à Carthage non sans un pacte conclu par son père ainsi que le suffète Astrubal, qui voudrait entre autres que Sophonisbe fille de ce dernier lui soit promise, de ce fait il continuera son éducation afin d’accéder au rang d’aristocrate, auprès du précepteur grec Miltiade qui lui transmettrait son savoir encyclopédique.

Les guerres puniques

Après le débarquement des cinq ambassadeurs du sénat de Rome à Carthage et la réunion qui s’est tenue avec les cent quatre, la guerre fut déclarée par les Romains pour non respect des engagements du traité de paix, notamment la conquête de Sagonte en Ibérie qui était leur alliée. De là, commença alors les calomnies envers Massinissa, pendant que les premières batailles glorieuses du grand général Hannibal faisaient rage en Europe, où il avait engrangé de nombreux succès en Italie, attiré de nombreuses villes centrales ainsi que des associations fortifiant sa position.

Sa première victoire

L’Aguellid : Prince/Roi en Tamazight, lui, était engagé auprès des siens à défendre leurs territoires contre les Massaesyles de Syphax : Leur chef, qui voulait profiter de la faiblesse de Gaya, mourant. En effet, puisque les forces de Syphax étaient supérieures, c’est avec une certaine logique qu’ils réussissent à conquérir donc Rusicade/Skikda, Chullu/Collo, toutes les deux appartenant à Gaya. Mais c’était sans compter sur le stratagème élaboré par le jeune Mas-n-sen, inexpérimenté qui suggérait à ses supérieurs de laisser derrière eux tout ce qui pourrait freiner leur mobilité à l’instar de leurs familles. Dès lors, il décida d’en finir avec leur adversaire sans même l’aide des carthaginois, afin d’empêcher Astrubal d’en prendre la direction, envoyant de nuit Abougam : Son fidèle esclave et ami, un Taciturne en Tamazighth, et cinq cents cavaliers droit sur le camp des Massaesyles dans le but de troubler leur vision en jouant sur des subterfuges. C’est ainsi, avec de nombreuses équipes dissipées un peu partout sur le terrain, qu’ils encerclaient Vermina et son armée pour la massacrer. Voici, son premier triomphe en interne !

Le second triomphe

Le suivant, était un parachèvement de son éducation militaire. L’affrontement s’est déroulé en péninsule Ibérique, en collaboration avec les Carthaginois d’Astrubal Giscon ainsi que les Ilergètes, face aux Romains du consul Publius Cornélius Scipion. Il s’était rendu sur le champ de bataille juste après sa victoire en Numidie avec cinq mille cavaliers, échafaudant un plan génialissime, avec ses associés, qui consistait à attirer l’armada romaine vers les ibères, tout en subissant les attaques simultanées des cavaliers Massyles sur les flans et celles des Carthaginois par derrière.

C’est ainsi qu’ils vainquirent leur ennemi commun et tel fut le même scénario pour l’autre romain Cnaeus commandant de la deuxième armée romaine, massacré vingt neuf jours seulement après la mort de son frère le consul !

La confusion

Beaucoup ont cru que Massinissa était un parjure envers sa nation notamment après sa coalition avec les romains ! Mais est-ce vrai ? 

Aussitôt, les deux Scipion éliminés, voilà qu’un autre descendant émargea, revendiquant l’honneur de succéder à son père, à son oncle et par la même occasion les venger. À vingt quatre ans, le récent romain ambitieux s’était décerné le titre de commandant des armées romaines en Ibérie, il avait la lourde besogne de reprendre le flambeau, exclure les barbares. Bien que les dieux prêtèrent leur faveur divine, celui-ci connaîtra une autre histoire ! Bien évidemment, il réussi à prendre aisément, au premier assaut Carthagène : Nouvelle Carthage d’Ibérie délaissée par les deux Astrubal (Giscon, Barca) et Magon, trop confiants qu’ils laissèrent leur nouvelle acquisition sans réelle attention. C’était sans compter sa bonne étoile, son inspiration audacieuse, en prenant d’assaut les remparts du coté de la mer, grâce à la remonté miraculeuse des eaux vers le large….N’à t’on pas dit que les dieux étaient avec lui ! 

Et, ce n’est pas fini …

Comme si ça ne suffisait pas, en Italie les alliés d’Hannibal essuyèrent d’aussi catastrophiques défaites, perdant la Sicile (en état de siège par l’allié de ce dernier, courageusement résistante depuis plus de trois ans à l’aide des merveilleuses machines de guerres qu’inventait son brillantissime citoyen Archimède), Capoue, mais aussi des hommes de guerres influents à l’instar de Mas Naravas envoyé par Gaya pour épauler le général, tous les deux contaminés par la terrible fièvre des marais, emportant sur son passage le Numidien mais ratant de peu le grand Hannibal rescapé in extremis par sa jeunesse.

Extrêmement Conscient, préparé longuement sur tous les plans à affronter ces opposants, Scipion l’Africain connut deux victoires simultanées : face aux cavaliers Massyles lors de la bataille de Baecula et la seconde face aux Carthaginois lors de la bataille d’Ilipa. D’autant plus que le sort était cruel pour Carthage car elle venait de rajouter à la longue liste des pertes, celle de l’un de ses commandants Astrubal Barca, frère d’Hannibal Barca qui lui venait en rescousse pour le sauver, perdant ainsi, et la bataille et la vie contre Claudius Nero.

La trahison, le déshonneur et la vengeance 

Le coup d’Astrubal

Après ses cuisantes défaites, Astrubal Giscon décide de se replier à Carthage, et par la même occasion se plier forcé à l’assemblée des cent quatre au détriment de leur parole. Donc trahir Mas-n-sen en rompant le pacte scellé initialement avec Gaya, mort invraisemblablement au même moment, offrant sa somptueuse fille Sophinisbe comme appât au vieillard Syphax, faisant un coup double : l’obliger à se rebeller contre les romains augmentant leur chance de vaincre, et bien entendu faire face à la fureur de l’Aguellid, son légitime et amoureux d’enfance ! Toute cette anarchie est générée par la dangereuse rumeur qui courait sur l’envahissement de l’Afrique par le redoutable Scipion.

Oui ! les dieux étaient pour de vrai avec lui ! 

Massinissa absent, une terrible série de succession frappa son royaume : après la fin de Gaya, son gros balourd et incapable frère Isalcas le remplaça logiquement, une très courte période avant de subir le même sort au milieu de son sommeil, suivi du frère d’enfance, l’infirme et sage Capussa renversé et éliminé à son tour diaboliquement par (Mazetul : Fils de Naravas). Pendant ce temps, l’assemblé de Carthage chargeait Magon Barca d’anéantir le véritable prince héritier, à Gadès. Fort heureusement pour lui, le sort en a décidé autrement, car un inconnu surgit comme par magie, pour lui annoncer le décès de son père et de surcroît la volonté des Carthaginois de l’effacer. Tenant compte des faits, il décida d’accepter de le croire et de rejoindre Zama évitant ainsi sa propre fin.

Foulant à nouveau la terre africaine avec Stembales, agrippé à ses reins, ils retrouvèrent d’abord à Volubilis : Capitale des maures, Abougam : Son ex-esclave et ami, Mangi : Chef des palefreniers et fils adoptif d’Abougam. Et fut rejoint, en cours de route, par les autres tribus fidèles à sa cause qui décidèrent de l’escorter victorieusement droit sur leur capitale, droit sur le ténébreux usurpateur, qui, bien que beaucoup plus fort statistiquement parlant, perdit tout de même le duel, reçut également le pardon et restitution de ses richesses en dépit de tous.

Astrubal déterminé à se débarrasser de Massinissa

Astrubal Giscon, bien malgré lui, fut envoyé une nouvelle fois par les cent quatre à Cirta, immédiatement pour forcer Syphax à s’allier avec eux, en terminer une fois pour toute avec Massinissa qui commençait à prendre une énorme ampleur, à être béni. S’ensuit alors, une terrible campagne faisant échouer l’Aguellid. Le croyant mort, ces deux fidèles rescapés dont Abougam réussirent l’exploit de le réanimer et recomposer une troupe de guerriers de toutes catégories, tous âges et toutes races. Parallèlement, Scipion récemment auréolé de deux titres suprêmes : (imperator et consul à 30ans !) réussit à contredire le sénat et les hautes sphères de Rome avec l’appui de la plèbe à s’autoriser la future conquête de l’Afrique et précisément Carthage pour pousser Hannibal à quitter le sud de l’Italie et de faire demi-tour.

Parfois, au lieu de décider, on subit …

L’inquiétude naissante au tour de l’Imperator siégeant dans la ville d’Utique, une énième fois, Astrubal Giscon tenait Massinissa au bout des doigts : Syphax occupant ses terres et le suffète tenant prisonniers sa mère Sénifer, son neveux Stembales, et ses proches, le contraignant à accepter sans rechigner une proposition fallacieuse sous peine de ne plus les revoir. Dès lors, il fut envoyé vers le camp romain accompagné du général Abdashtart qui a été pris au piège et capturé non sans la secrète entente entre Scipion et Massinissa ! La balance venait de s’inverser obligeant à rendre Sénifer et les siens en échange d’Abdashtart. Le combat reprit férocement de plus belle après une tactique ingénieuse du roi numide pour donner la victoire à la paire (Romains-Massyles) condamnant Astrubal et Syphax à fuir avec ce qui restait de leur armée respective. Les Massaesyles, furent achevés pendant leur repli, offrant Syphax aux romains au lieu d’être abattu par son bourreau !

Sophonisbe !

Tout ce qui lui restait à faire à présent, c’était de traiter le cas très complexe, sentimental qu’était son amante de toujours, Sophonisbe. De tous les périls qu’il avait eu à affronter pendant ces longues années de guerre, aucun ne ressemblait à la terrible escarmouche qu’il devait mener en cet instant. L’un comme l’autre savaient à quoi s’attendre étant donné qu’elle représentait un butin de guerre. Pendant leurs dernières nuits étoilées, charnelles, cette fleur née décida de s’accrocher à son père combien de fois fautifs, à sa patrie au détriment de son bien-aimé qui lui a offert une porte de sortie, elle disait : «Ne regrette rien, Massinissa. Je t’aurais trahi». Quant à son conjoint justement, il ne pouvait rompe sa parole donnée au risque de sacrifier tout le futur de la Numidie mais l’amour lui a donné une terrible soif de vengeance envers Carthage : «Que le sang des innocents retombe sur leur tête !». La sublime épouse choisi l’empoisonnement plutôt que de résigner à ses principes et de terminer prisonnière de Scipion. Cruelle tragédie !

Finalement, Mas-n-sen abouti à conclure avec ses querelles, à franchir tous les accrocs, donc tenir la promesse séculaire, celle de conjuguer les deux royaumes Massyles/Massaesyles pour être le premier roi de la Numidie unifiée.

Et vous, êtes vous dans le flou concernant l’épopée de Massinissa ?

YANN

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