L’on croirait presque que la littérature algérienne n’est faite que de poésie. Comme si cette dernière était intrinsèque à cette terre de l’Algérie.

Comme si que l’on ne comprendra rien de  l’Algérie, mais aussi des passions qui se déchaînent parmi ceux qui y vivent, sans la traductrice qu’est cette poésie.

Comme si qu’au final la poésie était une langue dans une langue (et dans notre cas, de par notre richesse culturelle, une langue dans les langues, commune à toutes).

Ce n’est pas naît d’une simple coïncidence que beaucoup de grands auteurs algériens, sont d’abord naît poètes avant de devenir narrateurs. Mohammed DIB, Boualem BESSAIAH, Yacine KATEB, Assia Djebar ; en sont les exemples les plus connus. Il en est de même pour leurs œuvres. La poésie leur est tellement essentielle que leurs œuvres narratives sensées s’inscrire hors du cadre poétique, sont parfois présentées tels des poèmes (tant sur la forme que le style d’écriture). Ils n’arrivent pas à se détacher de cet outil qui leur sert si bien à décrire l’essence de l’Algérie et de ses individus.

Ce qui fait que la poésie est poésie; réside dans l’esthétisme du lexique employé, la métaphore utilisé, et enfin, et plus important encore, dans la concision et l’incomplétude. (L’esthétisme lexical et la métaphore n’en sont pas moins importants. Utilisés pour décrire la complexité et l’opposition du monde algérien, elles participent à la favorisation de la poésie comme une des majeures voies d’expression algérienne.)

Ce concis qui s’accorde tellement avec l’Algérie mais aussi l’individu, est la forme de la poésie Algérienne.

Il en est l’âme qui donne l’émotion, la douceur, et la volupté. Il en est l’essence qui a fait s’allumer mille feux Olympiens de significations profondes et émouvantes.

La concision est le Canvas qui se laisse imprégner par les douces courbes à la couleur sombre et bleuté, avec lesquelles sont construites les lettres. Il est cette autre plume qui comme un pont nous communique toute l’émotion du mot.

Tout cela nous donne un indice fort important sur la nature du sentiment qu’offre la littérature algérienne. Comme tout objet concis, elle n’a besoin d’être nommé, puis décrite suivant un déferlement de mots et de phrases construits avec le principe de l’élongation et de la rhétorique. La passion algérienne, est brute. Elle n’a besoin de ces artifices que forment les mots assemblé par centaines. Son essence même se débarrasse de cette couche superficielle d’ornementation excessive presque sans valeur. Elle en ressort brute, mais surtout authentiques.

Dire ce qu’il faut dire. Mais aussi dire moins que ce qu’il faut dire tout en donnant et communiquant la signification et le sentiment de ce qu’il faut dire. Tel est l’art de la concision.

Plus encore, cet art dans l’art de l’écriture est tout aussi présent dans l’art de parler.

Nos langages sont construits par la poésie.

Tout un chacun doit avoir déjà écouté un des si nombreux proverbes utilisé dans l’Algérie d’autrefois. Telle une poésie ils sont faits de mots sur mesures, qui apaisent les maux de l’âme.

Une tradition plus profonde de sens en ressort. Celle où les diseuse de vers était au centre de l’attention. Dans ces salons de femmes où nobles et roturières venaient admirer le verbe de la femme poétesse.

La poésie est ancrée au plus profond de nos âmes. Elle est l’une des fondations de la culture algérienne. Elle œuvre à son épanouissement et celui des passions de l’être.

La retrouver est un devoir capital, non seulement pour la sauvegarde et la perpétuité de notre si grand et valeureux héritage, mais aussi pour le rôle que peut jouer la culture, dans la guérison et la fortification de la société algérienne.

                                                                                              BENAFERI Ramy

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