Omniprésente dans notre alimentation, l’huile de palme est le gras pas cher, sans odeur et sans saveur qui fait le bonheur de l’agroalimentaire : Chips, barres chocolatées, biscuits, pâte à tartiner… On en a pour tous les goûts ! Mais que cache cette huile miracle ? Quels sont ses dangers sur notre santé et sur l’environnement ? Réponses dans cet article.

Pour commencer : d’où vient l’huile de palme ?

L’huile végétale la plus consommée au monde est extraite du fruit du palmier à huile dont l’Indonésie est le plus grand producteur. Ses propriétés physico-chimiques étonnantes sont à l’origine de son succès. En effet, elle est bien conservée (ne rancit pas) et semi-solide à température ambiante (graisse). Sans goût et sans odeur, elle donne aux produits, au choix, onctuosité ou croustillance. À l’état brut, elle est extrêmement riche en beta carotène et en vitamine E mais le raffinage lui fait perdre en grande partie ces valeurs nutritives.

Pourquoi a-t-on peur de l’huile de palme ?

Il y a deux types d’acides gras : les acides gras saturés (à chaîne longue portant le maximum d’atomes d’hydrogène) et les acides gras insaturés tels les oméga-3 et 6. Si ces derniers sont essentiels et bénéfiques pour la santé, les acides gras saturés eux augmentent le taux de Cholestérol et de LDL (mauvais cholestérol) dans le sang, L’huile de palme est pointée du doigt justement à cause de sa haute teneur en gras saturés (50%) qui augmenterait le risque cardio-vasculaire notamment sur les artères coronaires.

Margarine à base d’huile de palme, un vrai danger pour la santé

Le point de fusion de la graisse de palme est de 36°C, ce qui explique qu’elle soit dure à température ambiante. C’est cette particularité qui attire les industries agro-alimentaires. Notamment pour fabriquer des graisses partiellement hydrogénées comme la margarine. Cette hydrogénation donne une autre espèce d’acides gras : les acides gras trans dont la consommation n’est ni nécessaire, ni bénéfique à la santé. Leur consommation régulière augmente notamment les risques de maladies cardiovasculaires même à faibles doses, ainsi que les risques de cancer du sein et de diabète.

Huile de palme et obésité, un lien ?

Prendre un paquet de biscuits ou une tartine de Nutella n’est pas problématique en soi, mais ces produits contenant de l’huile de palme sont souvent des aliments hyper transformés, trop sucrés, trop gras et trop salés. Ils sont de surcroît bourrés d’additifs, conservateurs et arômes artificiels. Autant dire que ce ne sont pas des alliés santé de choix ! Le surpoids serait plus imputable à un excès de ces produits caloriques qu’à l’huile elle-même.

Est-ce que les produits Bio contiennent de l’huile de palme ?

Même les produits étiquetés BIO contiennent de l’huile de palme car il est très difficile de trouver une graisse aux propriétés aussi particulières ; les industriels qui veulent la supprimer de leurs produits la remplacent souvent par du beurre de Cacao. Cela reviendrait, cependant 3 fois plus cher au consommateur.

Comment savoir si un produit contient de l’huile de palme ?

Elle peut se cacher sous plusieurs appellations et les industriels jouent souvent sur ça pour cacher sa présence dans leur produits. Les plus courantes sont : Huile végétale, Graisse végétale, Huile végétale hydrogénée, Oléine de palme, Stéarine de palme.

Tant qu’il n’est pas mentionné sur le packaging du produit qu’il ne contient pas d’huile de palme ou le type de graisse n’est pas spécifié dans la liste des ingrédients, il y a toutes les chances pour que le produit en contienne.

Quels sont ses effets sur l’environnement ?

En Indonésie, principal producteur, le marché fait vivre des millions de personnes mais le prix à payer pour nos biscuits croustillants reste lourd : la déforestation massive pour faire place aux palmiers menace sérieusement la biodiversité animale et végétale, plusieurs espèces sont menacées d’extinction mais ce n’est pas tout…

Si cette huile est aussi peu chère c’est qu’en plus du grand rendement des arbres tout au long de l’année, la main d’œuvre est très mal payée et exploitée. Enfants, femmes et hommes travaillent dans les immenses champs de palmiers, sans protections selon les associations qui se sont penchées sur la question. Ils subissent de plein fouet les effets des pesticides employés en masse en Indonésie qui autorise l’utilisation de plusieurs d’entre eux déjà interdits en Europe et ailleurs.

Huile de palme, Biocarburant ?

Le géant de l’automobile Total s’est lancé dans le développent durable en remplaçant les énergies fossiles par l’huile de palme. Autant dire que l’exploitation de cette huile, déjà à son paroxysme pour l’agroalimentaire, ne fait que commencer pour les voitures du futur. Les industriels produisent en effet ce qu’on appelle agro carburants ou biocarburants. Une fausse et dangereuse solution selon les ONG et les écologistes qui se battent sans trêve pour que cette exploitation s’arrête et qu’on trouve d’autres solutions pour entrer dans l’ère éco-responsable.

Qu’en est-il de l’Algérie ?

Pour en savoir plus sur les normes régissant l’industrie agroalimentaire et leur respect dans notre pays, l’équipe du centre de recherche de l’académie des sciences alimentaires et biologiques « ASAB » de Béjaia répond à nos questions.

Quels sont les ingrédients à mentionner obligatoirement sur l’étiquetage en Algérie ?

Dans le domaine de l’agroalimentaire l’Algérie suit les recommandations et standards du Codex Alimentarius qui regroupe les normes alimentaires internationales (Le « codex stan 1-1985 (rév. 2-1999) ). Le décret n°= 13-378-9nov 2013 en Algérie indique qu’à l’exception des aliments composés d’un seul ingrédient, l’étiquette doit comprendre une liste complète des ingrédients. Avec mention obligatoire de tout ce qui est additifs alimentaires (arômes, épaississants, conservateurs…) et les ingrédients connus pour provoquer des allergies.

Pour l’huile de palme il n’est pas obligatoire de la mentionner explicitement. Elle peut se cacher sous différents noms tel que « graisse végétale », « huile végétale »…

Crédit photo : Madi Lila

Est-ce qu’il y une loi spéciale sur l’utilisation de l’huile de palme en Algérie ?

Des normes de qualité sont indiquées pour les huiles végétales et animales en général mais aucune spécifiquement pour cette huile.

Crédit photo : Madi Lila

Est-ce qu’il y a une surveillance sur le terrain de la conformité des produits alimentaires ?

Pour réduire l’impact des maladies d’origine alimentaire, l’Algérie a mis en place une loi qui fixe les règles générales du contrôle des produits alimentaires avant toute commercialisation à travers le territoire national. Concernant l’huile de palme, il n’y a pas une loi qui oblige l’affichage du contenu en acides gras trans sur les étiquettes des produits. Mais il y a surement des précautions d’emploi de cette graisse. Comme elle est rarement mentionnée comme telle sur l’étiquette, il est difficile de surveiller sa conformité.

Crédit photo : Madi Lila

Donc ennemi ou pas ennemi ?

Les données actuelles ne permettent pas de trancher. Les effets de la graisse de palme observés jusqu’ici sont les mêmes que pour les autres graisses riches en acides gras saturés comme l’huile de colza et tournesol. Le risque est dans l’excès .Les acides gras saturés augmentent le taux de Cholestérol et de LDL qui à leur tour favorisent la formation des plaques d’athérome avec le temps (obstruction des artères). La consommation quotidienne des produits à base de l’huile de palme est donc dangereuse pour la santé.

                                                                                                                Samia Sad

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