On se soucie toujours du malade, de ses souffrances et de son ressenti, qu’en est-il de l’aidant qui l’accompagne ? Époux, parents, enfants, sœurs… Mettons à l’honneur ces altruistes qui se dévouent pour prodiguer soins, attention et bien-être à un proche malade. 

Ces héros du quotidien qui œuvrent dans l’ombre  

On les surnomme « les proches aidants », ils sont de tout âge, de véritables soldats qui sacrifient leurs temps, leurs énergies parfois même leurs professions pour venir en aide à un proche malade, handicapé ou âgé. Une véritable armé de l’ombre responsable de missions illimitées : Soutien moral, surveillance médicale, soins infirmiers, cuisiner des repas adaptés, faire la toilette du malade, gérer les consultations et les situations d’urgence…

Des milliers, voire des millions d’algériens empiètent volontairement sur leur vie pour être à la disposition de leurs proches en situation de dépendance. Que ce soit à domicile ou au niveau de l’hôpital, la bienveillance et les services de ces derniers sont toujours au rendez-vous.

Un pilier de la santé publique mis à l’écart !

N’ayant aucun statut reconnu, le proche aidant se bat au quotidien pour survivre dans l’indifférence d’un système de santé défaillant. Aucun service de soutien ni de lieux d’hébergement, ces derniers se contentent du peu ! Contraints de dormir à même le sol dans des salles infestées de cafards, d’assurer le nettoyage des chambres d’hôpitaux et d’apporter constamment des repas adéquats pour leurs malades.

Les aidants sont des acteurs qui doivent être valorisés dans le système de santé algérien. Ils consacrent des efforts et du temps inestimables, des centaines d’heures de travail non rémunéré ! Une véritable armée de l’ombre qui offre des économies substantielles et qu’il y a tout intérêt de soutenir et de bien former. 

SOS proche aidant : il est grand temps de les écouter ! 

Aider un proche c’est de faire de lui une priorité. Entre amour et devoir, il est facile aux aidants de s’oublier parfois jusqu’à épuisement, en particulier, dans les situations de prise en charge au long cours (cancer, Alzheimer, handicap lourd…), envahis par une charge physique, morale (burn-out, dépression), affective mais surtout financière (congés sans solde) qui risque d’abattre ces accompagnants engagés. 

Des enfants, parents et conjoints qui souvent travaillent et qui sont dans l’obligation de concilier leur vie professionnelle et une vie personnelle parfois très compliquée. Des efforts rarement reconnus par notre société qui les classe dans la case du « Devoir », les aidants sont souvent livrés à eux-mêmes pour soutenir leurs proches malades suite au manque important de dispositifs qui permettent l’accompagnement systémique et global des familles fragilisées par la maladie ou l’handicap. 

En pleine période de crise pandémique, il est important d’inventer des solidarités nouvelles pour venir en aide à ceux et celles qui aide un proche et éviter donc leur isolement et désocialisation.

Crédit photo : freepik / Boudechiche sarah 

L’aidant ne souffre pas physiquement de la maladie, mais il en souffre socialement.

                                                         Boudechiche Sarah -Proche aidante- 

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