Déjà, qu’est-ce qu’une fête religieuse ? 

Elle est simplement la célébration et la commémoration de la miséricorde de Dieu. Bien que chaque jour devrait être une occasion pour faire du bien et se rappeler la bonté divine, Dieu lui-même, connaissant sa création, et sachant que nous sommes tous victimes de l’oubli qu’occasionnent les plaisirs de la vie et ses richesses, a donc choisi des dates précises et les a dédiées à la réflexion et au recyclage spirituel de notre âme :  Ramadhan, pour se purifier l’âme et le corps et dompter nos instincts primaires; Aïd el Fitr, qui annonce la fin du jeûne et invite les humains à consommer avec modération mais aussi à être solidaires et généreux les uns envers les autres et chérir ceux qu’on aime, et enfin Aïd El Adha

La morale derrière le rituel du sacrifice qu’on appelle chez les musulmans « Aïd El Adha, » regorge de leçons divines et d’anecdotes prophétiques. 

Histoire 

Exemplaire d’une foi remarquable, Ismaël, fils d’Abraham (pasa) avait immédiatement accepté, et sans aucune condition, que son père le sacrifie, l’immole de ses propres mains suite à un rêve divin que ce dernier avait eu, où Dieu lui avait ordonné de tuer Ismaël sans poser de questions. Une épreuve qu’aucun parent ne consente de faire ; la perte d’un enfant est déjà d’une douleur inégalable, mais que son enfant soit tué par ses propres mains au nom de Dieu est un fardeau de magnitude si large que peu d’esprits s’en remettraient sans sombrer dans la folie pure. Et pourtant ! Abraham, étant doté d’une foi incommensurable envers son seigneur, avait accepté l’épreuve la plus difficile de l’histoire de l’humanité et, lui et son fils, solidaires et pieux, entamèrent leur marche vers la vallée qui allait faire office de tombeau pour Ismaël…Mais, au moment même où le prophète allait passer la lame à travers la gorge de son petit, Dieu, dans sa miséricorde et sa bonté, fit descendre L’archange Gabriel qui conjura un bélier d’une ferme voisine et la place d’Ismaël fut remplacée par la bête, égorgée, en récompense à la foi, la piété et la confiance inébranlable d’Abraham envers son Dieu. Le bélier n’était qu’un symbole de foi. 

L’abattage du mouton est donc un hommage non-obligatoire et non-imposé aux musulmans, une commémoration  de la vie sauvée du fils, de la foi exemplaire du père, et de la miséricorde de Dieu à ne jamais laisser ses loyaux êtres humains perpétrer un acte aussi cruel que le meurtre de son propre enfant. 

Les règles du sacrifice sont donc très claires : 

Quiconque voulant accomplir le rituel doit maîtriser l’abattage jusqu’à la perfection :

Il doit traiter l’animal avec douceur, prudence et ne doit sous aucun prétexte jouer de l’instrument d’abattage devant lui jusqu’au moment de l’échéance afin d’éviter de lui faire peur. Si l’animal est torturé, apeuré, maltraité ou blessé par un abatteur maladroit, inexpérimenté, malveillant ou malintentionné, le pêché qu’il aura accompli sera considéré comme meurtre aux yeux de sa religion car le mouton ou autre bovin, est un animal sacré. (Voir le châtiment sur la tribu de Thamūd et l’histoire du chameau.) 

À quelles caractéristiques précises doivent répondre les bêtes ?

Le mouton ne doit également présenter aucune maladie, handicap ou malformation, il doit être jeune et en bonne santé.

Il n’y aura nullement de gaspillage lors du sacrifice

La célébration doit avoir pour thème la générosité et le partage. Aucun morceau, aucune portion restante de viande ne doit être jetée, et 2/3 de la quantité totale doivent être distribués aux nécessiteux, pauvres, voisins et amis. Seulement un tiers est dédié à la famille. Ainsi, le mouton, ou autre bovin, est un symbole d’aumône, d’humanité et de solidarité

Prononcer la formule « Au nom d’Allah »

Car c’est bien au nom de Dieu qu’on accomplit cet acte et en mémoire de ses pieux prophètes dont on tire inspiration, pas au nom de la gourmandise, de la charcuterie, de la douara, de la supériorité, de la fierté, de l’égoïsme, du désir de se montrer impressionnant ou intimidant, ni du meurtre animal. Encore une fois, la bête ne doit en aucun cas être maltraitée et son abattage est fait en un seul mouvement, à la suite de laquelle l’âme pure rejoindra son créateur. Tout acte de sacrifice étant commis de mauvaise foi, ou par motivation d’être « vu » ou considéré comme « pieux »,« dominant » ou même « fort » par son voisinage annule la spiritualité et la hassana qui lie l’abatteur à son mouton.

Prière

La prière spéciale de l’Aïd doit obligatoirement être accomplie par l’abatteur pour le purger spirituellement et purifier sa foi.

Enfin, toute information supplémentaire ou qui n’a pas encore trouvé de réponse, demeure entre les mains de Dieu ;  Dieu qui n’a contraint ni obligé personne à accomplir l’acte du sacrifice si ce dernier ne s’y sent pas prêt, Dieu qui ne contraint pas les familles à s’endetter pour égorger un animal, Dieu qui interdit formellement qui que ce soit de toucher à un être vivant si l’individu n’est pas en possession totale de ses facultés mentales, physiques et spirituelles, Dieu qui ne contraint personne d’être témoin du spectacle ni d’approuver le sacrifice, et Dieu qui autorise la substitution de l’abattage du mouton par le don de nourriture et du bien autour de soi et qui, en réalité, n’oblige personne à consommer de la viande ; un jour que Dieu décide de dédier aux nécessiteux, à la solidarité humaine et à la réflexion de sa miséricorde sur les êtres vivants qu’il a mis sur terre. 

Mehdi MFD

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