Rêver, est une activité nocturne qui peut durer de 10 minutes à plus d’une heure. Cette
production du cerveau durant notre sommeil nous intrigue, tant elle garde de mystères. On parle beaucoup de l’interprétation des rêves, de leur fonction et de leurs formes particulières comme le cauchemar, le rêve prémonitoire ou encore le rêve lucide. Mais que
sait-on exactement sur le rêve, de façon scientifique ?

Les rêves dans la mythologie Grecque

Dans la mythologie grecque, Hypnos est le « dieu du sommeil », connu chez
les Romains sous le nom de Somnus. Il est le fils de Nyx et le frère jumeau de Thanatos, la personnification de la Mort. Il est aussi le père de Morphée, dieu des rêves qui est souvent représenté par un jeune homme tenant un miroir à la main et des pavots soporifiques de l’autre, avec des ailes de papillon battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. Il donne le sommeil en touchant une personne avec ses pavots. Il lui donne également des rêves pour la nuit. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en être de chair (d’où son nom signifiant « forme »), permettant aux mortels l’espace d’un instant de sortir des machinations des dieux.

On retrouve Morphée notamment dans l’œuvre d’Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme
Notons que le nom de Morphée est à l’origine :

  • du mot morphine, en raison du pouvoir soporifique de cette drogue ;
  • de l’expression « être dans les bras de Morphée », qui signifie « rêver » et par extension « dormir ». « Tomber dans les bras de Morphée » veut dire « s’endormir ».

Les rêves dans la psychanalyse Freudienne 

Dès le XVIIIe siècle, des philosophes allemands voient dans les rêves « une langue primitive et naturelle de l’âme ». Au XIXe siècle, F. Nietzsche écrit que « nous revivons en rêve ce qui a été pensé par une humanité antérieure ».

Mais c’est avec Sigmund Freud et l’invention de la psychanalyse que naît une véritable science de l’interprétation, selon Freud le rêve révèle le passé, celui du rêveur. Le désir inconscient, c’est la sexualité infantile. Le névrosé refuse de concevoir ces représentations inconscientes étant inconciliables avec les exigences de la conscience. Le rêve, tel qu’il est raconté par le patient, est appelé le contenu manifeste. C’est un désir refoulé que le patient nous raconte dans son rêve. L’interprétation des rêves sert à découvrir ce qui est latent pour le patient. Le rêve, c’est le symptôme. Le patient se défend à la fois d’un désir et s’en défend en le transformant. Un enfant représenté par exemple dans un rêve peut correspondre au phallus.

L’hypothèse de Michel Jouvet

En 1996, Michel Jouvet, le célèbre neurobiologiste Français, donnait une explication sur la fonction du rêve. Il faisait remarquer que le sommeil paradoxal apparaît chez des animaux homéothermes (animaux à « sang chaud ») au moment où s’arrête la neurogenèse ( ensemble du processus de formation d’un neurone fonctionnel du système nerveux à partir d’une cellule souche neurale) : par exemple, chez l’Homme, au troisième mois, les cellules nerveuses arrêtent de se diviser. En revanche, chez les poïkilothermes, la neurogenèse ne s’arrête pas : les cellules du cerveau continuent de se diviser. L’hypothèse de Michel Jouvet est que le sommeil paradoxal a pour fonction de « relayer la neurogenèse, en assurant la programmation génétique de l’individu », et notamment la programmation des comportements spécifiques de l’individu. Les rêves serviraient à maintenir des circuits synaptiques responsables de l’hérédité psychologique.

Malgré les recherches et les théories, qui sont venues entretenir l’aura de mystère qui règne autour des rêves depuis déjà plusieurs dizaines d’années, nous précisons qu’il n’y a pas de réponse certaine à apporter aujourd’hui.

Abir Ghorab.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici