Du fait du tabou entourant les problèmes liés à la sexualité, le vaginisme est encore peu connu, bien qu’il concerne 6% à 17% des femmes. Ce trouble  majoritairement psychologique correspond à la contraction instantanée et involontaire des muscles du périnée (appelé aussi  ’’Plancher pelvien’’)  lors d’une tentative de pénétration.

Vaginisme primaire et secondaire:

On parle de vaginisme primaire quand la femme est vierge, elle n’a jamais eu de rapports et n’a pas pu en avoir.

Concernant le vaginisme secondaire, il surgit après une période de Dyspareunie (une douleur chronique lors des rapports),  l’anticipation et l’appréhension de la douleur mène le corps à résister en ayant le reflex de contracter les muscles ; en gros, l’acte sexuel est associé à la douleur et à l’anxiété.

Le scénario du cycle de la douleur:

  1. Appréhender la douleur.
  2. Reflex involontaire des muscles.
  3. Forcer malgré tout.
  4. L’intensité de la douleur va renforcer le reflex de contraction des muscles.
  5. Evitement et ressenti d’une certaine culpabilité chez la femme/ sentiment d’impuissance chez l’homme.

Que peuvent être les causes ?

Le contexte familial : Cela joue un rôle primordial du fait qu’une éducation trop stricte relative à l’intimité peut engendrer des blocages psychologiques.

La panique et la crainte que les rapports ne soient douloureux : se mettre en tête que ce sera une torture va systématiquement causer problème.

Une expérience traumatisante dans le passé : un examen médical éprouvant, un abus sexuel, des rapports douloureux dans le passé…etc.

Méconnaissance de l’anatomie féminine : en d’autre terme, mal connaître son corps.

La peur exagérée de tomber enceinte.

Difficultés passagères : un deuil, perte d’un emploi, une déception ou encore un manque de communication dans le couple !

L’insuffisance de lubrification féminine  naturelle.

Sésame, ouvre-toi !

L’association des thérapies Cognitivo-comportementale et Kinésithérapie reste le meilleur combo pour surmonter ce trouble.

Il est à souligner que la première étape est d’EN PARLER, que ce soit avec le médecin ou le psychologue.

Une thérapie Cognitivo-comportementale (TCC) aide les femmes souffrantes de vaginisme à réviser et à réformer leurs pensées initiales, un problème psychologique ne veut pas dire que c’est moins important ou difficile pour autant, ça peut vraiment détruire des couples et des femmes vivent ça très longtemps sans jamais oser parler.

Après il y a des traitements qui consistent à faire une série de petits exercices très efficaces où le point final est de détendre le muscle autour du vagin et de l’empêcher de se contracter (vu que c’est ça qui crée la douleur !).

Il existe aussi une multitude de techniques, parmi elles on citera les prothèses en forme d’organe génital et le but est de s’entraîner au fur et à mesure afin de moins appréhender LE moment.

Dans certains cas, une opération chirurgicale reste le dernier moyen.

Ça peut paraître bizarre ou gênant, mais ça permet vraiment de METTRE EN CONFIANCE sa petite fleure !

Mesdames, vous n’êtes pas seules : petits témoignages d’espoir © :

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premier témoignage:

‘’ J’ai été atteinte de Vaginisme durant pratiquement 1an. Au début, je ne comprenais pas pourquoi mon mari n’arrivait pas à me pénétrer. J’ai vu 3 gynécologues qui ne m’ont été d’aucune aide. Et ma mère qui en rajoutait : alors comment ça se fait, on vous a peut être fait quelque chose… ça nous a beaucoup atteint mon mari et moi. Et un jour sur internet je sais plus ce que j’avais tapé sur Google et je tombe sur le mot VAGINISME mais vraiment par pur hasard en plus j’étais au boulot. Donc je ne pouvais pas trop lire j’étais très excitée car j’avais l’impression d’avoir trouvé la solution sans avoir tout lu, c’était un forum de discussion ‘’yabiladi’’ et là je vois plein de femmes dans le même cas que moi. J’étais à la fois soulagée et j’avais peur car il y en a pour qui ça faisait des années. Donc elles m’ont toutes pris sous leurs bras (toutes gentilles et motivantes). Elles m’ont conseillé d’acheter un kit VELVI ça se commande sur le net. Ce sont des dilatateurs à introduire dans le vagin il y en a 6 il faut s’adapter à chaque taille dès qu’on est alaise avec l’un on passe à la taille supérieur…jusqu’à vraiment être à l’aise avec le plus gros et être surtout prête psychologiquement. J’ai mis environ 1 mois pour être à l’aise avant de nous lancer. C’est dur pour le couple mais il faut persévérer car c’est beaucoup plus dans la tête. Désolée pour la longueur et Courage à toutes celles qui en souffrent’’ – Anonyme 1.

Deuxième témoignage :

‘’ Je me suis mariée il y a 8 mois, j’appréhendais énormément le moment de passer à l’acte avec mon mari, il a été très patient. Je suis allée voir un médecin qui m’a prescrit une crème anesthésiante qui s’appelle EMLA j’ai senti quelques douleurs au début mais après c’est passé comme sur des roulettes ’’ – Anonyme 2.

Troisième témoignage:

‘’ ça fait 5ans que je suis mariée, dès le début on a eu du mal avec la pénétration. J’avais des douleurs et du coup j’avais très peur à chaque tentative. Les années passent et toujours le même problème. Mon mari est très très patient mais moi cela me rendais hyper triste. Il m’encourageait vraiment beaucoup mais j’ai peur quand vient le moment, les gynécologues disent que c’est psychologique. Après 5ans j’ai décidé de faire une opération qui consiste à faire une incision de l’hymen pour faciliter la pénétration. Malgré ça, toujours le même problème mais moins de peur car je sais qu’il y a un passage, j’espère y arriver avec le temps, je suis déterminée à ne rien lâcher. Bon courage à toutes qui souffrent de cette maladie’’ – Anonyme3.

Quatrième témoignage:

‘’ Je me suis mariée en 2012. Mes premiers rapports avec mon mari étaient trop trop trop douloureux mais vraiment j’avais toujours peur d’avoir mal donc je contractais automatiquement. Je suis allée voir une gynécologue, impossible de m’ausculter avec le speculum. Mon mari a été très compréhensif (dieu merci). Lui me disait que c’était dans ma tête et il fallait que je n’y pense pas mais c’était impossible pour moi. Jusqu’au jour où j’en ai eu marre et je me suis dite si ça se trouve c’est vraiment dans ma tête! je vais essayer de ne pas y penser j’ai fait un gros travail sur moi-même, et j’y suis arrivée. J’en suis fière (cela m’a pris 2ans et demi) parce que je pensais que je n’étais pas normal. J’en ai beaucoup souffert et je pleurais toujours à cause de ça mais tout est rentré dans l’ordre’’ – Anonyme 4.

Cinquième témoignage:

‘’ Je me suis mariée avec un homme que je fréquentais 5ans avant donc j’étais plutôt à l’aise avec lui et surtout on s’aimait énormément. Après le mariage on attendait que de passer à l’acte, je n’aurais jamais cru avoir de soucis à ce niveau là vu qu’on parlait souvent de notre première fois. Après le mariage on a essayé mais c’était hyper douloureux je m’attendais un peu à ça vu les expériences de mes copines. Ça ne m’a jamais freinée. Après plusieurs semaines je commençais à me poser des questions. J’ai fait plusieurs gynécos, qui ont toutes remis en question mon attirance pour mon mari, me voyant avec le jilbab tout de suite on pense mariage arrangé.

Enfin bref le temps est passé parfois ça marchait mais c’était vraiment douloureux, parfois c’était impossible. On a pris l’habitude de se faire plaisir autrement, faut dire que je ne laisse jamais tomber. C’était plus moi qui insistais pour essayer car lui n’osait jamais par peur de me faire mal. Je suis tombée enceinte 1an après. Après mon accouchement j’ai fait des séances de rééducation du périnée avec sage femme en manuel c’est-à-dire qu’elle garde ses doigts dans le vagin tout au long de la séance et m’a demandé si j’arrivais à avoir des rapports non douloureux.

Je ne lui avais rien raconté avant ce jour. Elle a su me dire pourquoi, j’ai la symphyse basse, du coup dans beaucoup de positions où le bassin est orienté vers le bas, la pénétration est impossible car l’os ferme l’entrée, ça a été un gros soulagement pour moi de mettre un mot sur ça et de trouver quelqu’un qui ne m’a pas jugée. Avec toutes les gynécos que j’avais consulté, toutes me disaient que j’avais un vaginisme et que c’était psychologique. Voilà après ça on a enfin pu avoir des rapports normaux en appliquant ses conseils pour la position du bassin. . Il ne faut jamais lâcher l’affaire et persévérer. J’ai eu la chance d’avoir un mari super patient avec moi. Il m’a vraiment pas mis la pression. Hamdoulilah tout fini par s’arranger ‘’ –Anonyme 5.

Même en 2020, cette pathologie reste un sujet dont on ne parle que rarement dans les médias et pourtant, on sait qu’au moins une femme sur dix connaîtra un épisode de vaginisme dans sa vie. Ce manque d’informations accompagné du sentiment de ne pas être ‘ normale’ mettent en péril la vie de plusieurs couples. Il est donc conseillé, dans ce cas, de déclencher les prises en charge le plus tôt possible !

Référence témoignages: @lesfemmesparfaites

Ghizlène

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