Il est temps d’en parler !!!

Si vous avez peur qu’on vous quitte, que vous soyez très exigeant envers votre partenaire, que vos attentes soient démesurées et toujours insatisfaites, lisez ce qui suit pour mettre un terme à vos troubles affectifs.

Le sentiment de l’abandon 

Le syndrome d’abandon ou abandonnisme est un état psychologique de sentiment d’insécurité permanente lié à une peur irrationnelle d’être abandonné. La personne qui souffre d’un état d’abandonnisme est en demande d’affection pour combler un manque originel (séparation traumatisante du passé ou manque d’amour réel ou imaginaire).

Le sentiment d’abandon n’est pas une émotion et il peut être plus ou moins bien supporté suivant la personne. Quand il est mal supporté, le sentiment d’abandon se traduit par une série de manifestations physiques et psychiques pouvant aller du simple serrement de cœur à l’anxiété, de la dépression à l’agressivité. Mais ce sont le renoncement à soi-même et le repli sur soi-même qui prédomine avant tout.

Les causes du syndrome de l’abandon 

Ce sentiment trouve, dans la plupart des cas, son origine dans l’enfance.

Le manque d’amour

Le manque d’amour peut engendrer chez l’enfant un sentiment inconscient de culpabilité. L’enfant fera alors tout pour attirer l’attention vers lui, par des caprices ou des accès de colère. Ce qui pourra susciter de la réprobation par la mère sera interprété comme du rejet par l’enfant.  La culpabilité s’exprime alors par: « si je n’ai pas été aimé, c’est que je ne suis pas digne d’être aimé ».

Le rejet affectif 

Pour certains auteurs, le rejet serait plus dur à vivre que l’abandon, car il consisterait en un acte plus violent; celui ou celle qui rejette aurait, en effet, une attitude active, absente dans l’abandon. Ainsi, l’abandon serait plus passif que le rejet, mais peu importe qu’il soit abandonné ou rejeté, dans les deux cas il éprouvera un sentiment d’abandon ou se sentira rejeté et il souffrira.

La surprotection maternelle

La surprotection maternelle se caractérise par un surinvestissement chez l’enfant. En surprotégeant son enfant, la mère peut créer une relation de dépendance.

La dépendance affective s’exprime par le besoin d’être toujours rassuré par le partenaire.

La demande est tellement constante qu’elle engendre à la longue une lassitude et donc un retrait de l’amour et des élans de démonstration affective.

Ici, le sentiment d’abandon survient après un coup et n’est pas dû à une séparation traumatique d’avec la mère.

L’enfant séparé de sa mère

La séparation de l’enfant avec sa mère n’est plus à démontrer. L’enfant bien « aimé » construira des relations affectives  saines avec son entourage.

L’enfant mal « aimé » les détruira par son besoin irrépressible de réparer une estime personnelle défaillante. Il fait porter le blâme de son vécu sur les autres en leur reprochant leur manque d’attention et d’affection.

À l’origine de l’abandonnite, il y a toujours un abandon vécu. Cet épisode a lieu soit dans la vie fœtale, soit au cours de la première enfance.

Très souvent le souvenir de cet épisode premier n’est plus conscient chez la personne souffrant d’abandonnisme et qualifie de « normal » l’épisode traumatisant et ne l’associe pas forcément à un véritable traumatisme affectif.

Ainsi la personne s’empresse d’oublier ou de nier le traumatisme initial en le minimisant ou en le normalisant. En se disant que ce qu’elle ressent est disproportionné par rapport à l’événement vécu.

Comment puis-je identifier la peur de l’abandon ? Symptômes de la peur de l’abandon :

Les personnes victimes de la peur de l’abandon peuvent être plongées dans une grande souffrance. Une grande anxiété et des pensées angoissantes apparaissent et sont difficiles à gérer tant les individus se sentent dans un environnement insécurisé. Ils sont envahis par un mal-être et de la tristesse, pouvant même aller jusqu’au trouble dépressif.

On peut reconnaître la peur de l’abandon aux symptômes suivants :

  1. Vous êtes seul depuis déjà un certain temps et vous faites moins d’efforts pour rencontrer quelqu’un.
  2. Bien que vous alliez à des rendez-vous, vous n’avez jamais de relations sérieuses.
  3. Vous éprouvez une sensation d’étouffement lorsque vous pensez à des engagements tels que la cohabitation.
  4. Vous donnez la priorité aux amis plutôt qu’à un partenaire éventuel.
  5. Vous avez du mal avec l’intimité.
  6. Il vous est difficile de faire des projets d’avenir.

Ceci a, en effet un impact réel puisqu’au quotidien, une personne qui a peur d’être abandonnée peut voir ses relations sociales se compliquer. En effet, dans l’angoisse de perdre quelqu’un cher à ses yeux, la personne adoptera un comportement anormal, parfois excessif, qui peut faire peur à autrui, et même le faire fuir. Par exemple, la personne en souffrance développera une jalousie prononcée dans le but de contrôler l’autre pour ne pas le voir s’éloigner.

N’oubliez pas que pour ce genre de blessure, il est recommandé de consulter un spécialiste. Il est souvent difficile de l’identifier soi-même car cela implique une grande honnêteté envers soi. Et nous avons tous beaucoup de facilité à nous raconter des histoires.

La démarche curative face à l’abandonnisme  

Inutile de chercher à l’extérieur ce qui vous manque à l’intérieur, car face à la peur de l’abandon, il est nécessaire d’entamer un travail sur soi.

Dans un premier temps, il est nécessaire de vous faire accompagner par un professionnel sur ce chemin. Il sera plus confortable si vous êtes guidés. Afin de pouvoir déceler l’origine de ce malaise ce qui vous permettra également de comprendre pourquoi vous éprouvez tant de crainte.

Dans un second temps, apprenez à vous aimer, à vous donner ce que vous attendez des autres. Appréciez votre compagnie afin de ne plus avoir peur de la solitude, changez ce qui vous fait attirer les mauvaises personnes.

Une prise de conscience s’impose pour comprendre le dialogue intérieur avec son enfant abandonné, exprimer plus simplement, reconnaître et libérer les émotions négatives et limitantes : L’adulte qui souffre d’un sentiment d’abandon a repoussé et repousse encore loin de lui ses émotions. L’enfant abandonné a pu ou a ressenti de la peur, de l’impuissance, de la culpabilité, de la colère et de la tristesse qu’il n’a jamais exprimée.

Cultiver une estime personnelle et une confiance en soi, en adoptant la thérapie positive basée sur la suggestion qui recommande de répéter plusieurs fois et avec conviction que nous avons de la valeur. Par des formules courtes et précises induites dans un état d’esprit optimal permettent d’engendrer cette dynamique de confiance en soi.

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Bertolt Brecht

Khelil Sihem

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici