Dans ce monde du 21ème siècle qui se précipite vers sa forme la plus accomplie de la mondialisation, et donc de l’accordance du rythme de vie de plus de 7 milliards d’habitants, se cultive un fléau qui risque tout simplement de détruire toute forme de vie en société. En effet, cette mondialisation apporta avec elle tout un paquet de phénomènes tout aussi dangereux l’un que l’autre, tel que la surconsommation, l’importation en masse des cultures étrangères, ou encore et surtout le sentiment d’urgence.

L’individu, vivant dans ce monde où tout lui semble à portée de mains, avec la possibilité d’achever tant de choses, se vois devenir avare. Il cherche à goûter à tout, et décide donc d’entreprendre un certain nombre de choses qui finissent par le consumer. L’anxiété qui en découle le rend malade et ne fait qu’empirer son cas. Cela n’est peut-être qu’une version exagérée de la vérité actuelle, mais il est inutile de nier l’existence de cette dernière dans une forme plus ou moins atténuée.

La surconsommation en activités, et donc en informations à traiter par le cerveau, impose un traitement superficiel des données. Nous comprenons moins, et cela influe terriblement sur notre capacité à communiquer ou à vivre les moments présents.

Bien sûr, dans cette communication, n’est pas touché que le côté compréhension et traitement d’informations reçues, mais aussi la façon dont nous communiquons, et les outils utilisés. A titre d’exemple : le langage utilisé, qui d’années en années se simplifie et devient donc de plus en plus superficiel. Que de mots ont disparus de nos vocabulaires quotidiens, et que de mots ont été remplacés par des abréviations de plus en plus courtes, toujours soucieux de gagner ces précieuses secondes que peuvent nous faire gagner ces dernières. 

Il en est donc de même pour notre capacité à écouter. Étant déjà prédisposés à cet état d’esprit des idées reçues en tant qu’êtres humains, nous tâchons du mieux que nous pouvons (et toujours dans les quelques microsecondes qui nous sont imparties) de devancer notre interlocuteur en devinant ses pensées à travers les quelques mots qui ouvrent son plaidoyer. Nous analysons ces derniers, comprenant et imaginant sa position (car nous essayons toujours de positionner et de classer les opinions et les personnes qui les énoncent dans des ensembles) pour enfin préparer l’opinion ou l’argument avec lequel nous allons répliquer, et cela avant même que notre cher ami ne finisse de parler. Le reste de ses paroles ne semblent posséder aucune importance quant à son point de vue, alors que ce sont eux qui parfois font toute la différence…

Cela ne peut continuer ainsi. Être constamment sommé de devoir ‘faire vite’ pour gagner du temps, nous prive de ce temps nécessaire à la vie. L’homme risque de perdre son humanité. Il est alors impératif de reprendre le contrôle. De se donner cette minute… cette heure. Il faut prendre le temps de faire les choses, car dans le cas contraire, mieux vaut ne pas les faire… Mieux vaut ne pas engager ce débat si vous n’êtes pas capable de le tenir correctement en écoutant attentivement. Mieux vaut ne pas entamer la construction de votre projet si vous ne comptez pas y aller jusqu’au bout par manque de temps. Mieux vaut prendre le temps de regarder cette mer, ce champ, cette montagne, ce paysage, ou cette personne au crépuscule doré, que de vous rendre compte dans votre lit de mort qu’il n’y a eu dans votre vie, aucun moment d’apaisement dont vous pourrez vous rappeler une dernière fois avant de partir.

Ramy BENAFERI
Equipe Rédaction Nomad

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