Au début du mois d’août 2020, la BNA a annoncé que la finance islamique verra le jour dans 32 agences avant la fin de septembre, et sera présente dans les quatre coins du pays d’ici la fin de l’année.

En quoi consiste la finance islamique?

Par définition, la finance islamique consiste en l’adaptation des principes fondamentaux de l’Islam dans le secteur de la finance. En appliquant des règles strictes de finance éthique, avec l’objectif d’adopter une finance basée sur des valeurs morales (Halal) qui excluent entre autres l’utilisation des taux d’intérêts usuriers, de la spéculation, de l’investissement dans des secteurs bannis ( les jeux de hasard, l’alcool, etc.) par l’Islam. Le tout en promouvant l’inclusion sociale et la protection familiale, qu’il s’agisse des services bancaires ou d’assurance.

Avant la décision de déploiement de la finance islamique au niveau des agences de la BNA (Banque Nationale d’Algérie), il n’y avait que deux établissements qui proposaient ces services, à savoir Al Baraka Bank et Al Salam Bank. Maintenant, le secteur bancaire public veut lui aussi  suivre la “tendance” en proposant des ijara,  mourabaha ou encore des moucharaka.

L’ ijara, ou le crédit bail:

La banque loue un bien à son client et, à la fin du contrat, ce dernier a l’option d’acheter ce bien, en soustrayant du prix initiale les montants payés lors de la location; afin que le client ne paie que la différence.

La  Mourabaha, ou le nouveau crédit de consommation:

La banque achète un actif à son client et le lui revend contre des paiements en tranches. Donc, au lieu de payer des intérêts à la banque, celle-ci va prendre une marge bénéficiaire.

La moucharaka, pour partager le meilleur comme le pire:

Partenaires d’investissement, le client et la banque planifient en amont la répartition des gains et des pertes lors d’une moucharaka dans un projet, une entreprise ou bien dans une opération commerciale.

Elle ne prêtera pas d’argent:

D’après l’agence APS, Kamel Bouzidi, membre du haut conseil islamique (HCI) a déclaré que la finance islamique se basera essentiellement sur l’ijara, la mourabaha et la moucharaka, et donc pas de crédit avec intérêts et cela pour garantir la circulation de l’argent dit halal.

Dans un pays de 42 millions d’habitants où la majeure partie des transactions se fait en liquide,  la banque d’Algérie a estimé cette liquidité entre 30 et 35 milliards de dollars.

Au gré de Abderrahmane Benkhalfa, membre du panel des personnalités africaines chargées par l’Union africaine (UA) de mobiliser des financements internationaux pour aider l’Afrique face à la pandémie de Covid-19, introduire cette masse de liquidité dans le système bancaire est une nécessité pour l’économie Algérienne.

Quels interêts ?

Les raisons sont diverses mais ont toutes le même objectif : ramener le maximum possible de masse d’argent qui circule hors du secteur bancaire et NEUTRALISER le marché noir. Le peuple Algérien est majoritairement musulman et ne spécule pas par les intérêts, cette initiative vise à réhabiliter la confiance entre les potentiels clients et les banques.

Larbi Oulahcen, expert en économie, a affirmé qu’« Aller vers la finance et les banques islamiques engendrera certainement plusieurs opportunités d’investissements »; voilà pourquoi il serait judicieux d’accompagner le financement des PME (petites et moyennes entreprises) qui représentent un facteur clé dans la croissance économique Algérienne.

Il serait aussi bénéfique de redonner un nouveau souffle au secteur bancaire. En effet, avec l’arrivé de la finance islamique, la modernisation du système numérique doit être ajoutée au programme ;  cela va encourager les gens à utiliser les cartes bancaires pour les retraits et instaurer un certain climat de sécurité. Ainsi, l’état pourra convaincre les citoyens de se familiariser davantage avec ses établissements financiers et de thésauriser leurs économies dans des comptes bancaires. Le gouvernement espère séduire et susciter la curiosité d’un bon nombre de personnes n’ayant jamais eu recours aux banques.

La finance islamique, une arnaque intellectuelle ?

Cette pratique n’a pas bonne réputation au sein de la société, elle est jugée comme une “arnaque’’. Pour d’autres, c’est une simple stratégie du gouvernement pour faire adhérer cette pratique aux citoyens et notamment au marché informel. Elle est utilisée afin d’appeler une clientèle bien spécifique n’ayant pas confiance en les banques classiques. Ces personnes là ont eu une éducation religieuse très stricte et c’est aux banquiers d’avoir les bons mots et arguments pour convaincre.

Les banques islamiques ont un seul et unique objectif: se faire de l’argent. Elles ne diffèrent des autres banques que dans la manière d’emballer leurs produits.’’ Déclara Ali Gannoun, professeur à l’université de Montpellier.

Après tout, une banque qui ne fait pas de gains ne risque pas de faire long feu. Alors, ce système est-il conçu POUR ou CONTRE nous ?

La finance islamique est loin d’être la solution “Miracle’’ qui va sauver notre cher pays de cette crise orageuse due à la chute spectaculaire du prix du pétrole, mais restons optimistes et voyons ce que ce changement va donner !

Ghizlène.

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