Une semaine après la tenue des élections présidentielles les plus contestées de l’histoire de l’Algérie et une journée après la prestation de serment par le nouveau président, M. Abdelmadjid Tebboune, les algériens sont encore sortis en masse ce vendredi dans les rues.

Le Hirak montre de la résilience, le souffle long et ne semble pas affecté par le fait établi imposé par le pouvoir. Le discours lénifiant du nouveau président et ses promesses de changement n’ont apparemment pas convaincu grand monde. Cette situation complique la tâche à l’héritier du palais d’El Mouradia qui voit sa marge de manœuvre très réduite.

Illégitime aux yeux d’une grande partie de la population, ce qui de surcroît l’affaiblit sur la scène internationale, et la nécessité de ménager ses mentors pour lesquels il doit son intronisation, Abdelmadjid Tebboune se trouve devant un dilemme cornélien. Va-t-il faire des concessions au Hirak pour montrer sa bonne volonté et se débarrasser des figures honnis par le peuple à commencer par le chef d’état-major? À-t-il les moyens et la détermination pour le faire?.

Destituer Ahmed Gaid Salah, le plus vieux soldat au monde, est dans les prérogatives de chef de l’état. Il répondra ainsi à une revendication populaire de primauté du politique sur le militaire. L’état major de l’armée acceptera-t-elle une telle décision? En tout les cas, cette option comporte des risques majeurs pour les militaires. Un coup de force contre le nouveau président aura des conséquences néfastes sur l’image du régime qui se verra discrédité aux yeux des partenaires occidentaux.

Les généraux algériens n’en veulent pas revivre le scénario de la décennie noire lorsqu’ils étaient aux bancs des pestiférés. Il est probable que le président se donnera le temps et essayera d’asseoir d’abord son pouvoir avant de toucher à ce problème au risque de voir la fronde populaire ne prenne des proportions incontrôlables et perdre toute crédibilité. Le scénario de repli sur soi et le dialogue en vase clos avec la clientèle du régime est aussi risqué pour M. Tebboune.

En effet, comme disait Einstein  » la folie est de refaire toujours la même chose et attendre des résultats différents « . L’Algérie est assise sur un volcan et les décisions qui seront prises vont déterminer l’avenir du pays. La nécessité d’une rupture avec les pratiques anciennes basées sur le mensonge, la corruption, la prévarication et la division doivent être bannies mais cela passe par le rajeunissement du personnel politique et une réelle ouverture démocratique.

MIB

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