Qui parmi nous n’a pas été bercé par une histoire merveilleuse avant de s’endormir ? Qui ne connait pas les histoires d’El-Ghoul et El-Ghoula (l’ogre et l’ogresse) ? Ou de la petite fille qui est partie rendre visite à sa mère-grand avant de se faire piéger par le loup ? Tant de contes dans notre mémoire collective! Mais en fait, d’où viennent-elles, toutes ces histoires ? 

Un conte : c’est quoi ? 

Les contes font parties de la tradition orale. Ils se transmettent d’une génération à une autre. Toutefois, dans les études littéraires, les contes sont un genre narratif qui reste difficile à définir. Ils font objet d’études sémiologiques, sociologiques, anthropologiques mais aussi psychanalytiques. À l’écrit, un conte peut être court ou long. Relevant de l’imaginaire, il est placé sur une trame narrative qui repose sur une succession de péripéties ayant pour fin une morale souvent implicite, que le lecteur /ou l’auditeur doit deviner.  Le conte a pour but de distraire mais aussi d’éduquer. Il est appelé « conte traditionnel » ou « populaire » et cela pour son aspect communautaire et sociétal. Il porte en lui-même une charge significative et une philosophie de vie. 

Même si certains contes relèvent du merveilleux et donc, font appel à l’autre monde, la plupart du temps, le conte est l’inverse du mythe car il évoque le monde des hommes dans leur environnement végétal et minéral. Nombreux sont les contes qui ont été véhiculés de bouche à oreille; Toutefois, restent en perpétuelle réécriture. En effet, depuis longtemps, on a procédé à la collecte de contes en leur attribuant de nouvelles réécritures adaptées au fil des époques et des générations. 

Le conte en Algérie 

Dans la société de l’Afrique subsaharienne, les contes sont racontés par un homme appelé le griot. En Algérie, chaque rassemblement est un bon prétexte pour transmettre une histoire ou un savoir à travers la parole. Tout regroupement est un motif à raconter des histoires. Depuis le siècle du Maghreb, le conteur appelé Al-Rawi exerce un véritable travail et a le don de garder en haleine les auditeurs (spectateurs). Principalement de genre masculin, le conteur tient son spectacle en plein air, dans des places publiques. En se tenant en Halaqa (un cercle) dans laquelle le conteur est au milieu ; accompagné d’un ou de deux apprentis qui assurent la musique de fond et où les auditeurs se tiennent placés autour de lui. Il sait adapter ses mots selon les lieux et le temps de son auditoire. Le conteur traverse plusieurs villages, tout en transmettant son savoir, chose qui va lui permettre d’enrichir son répertoire en histoires. Il devient ainsi une banque inépuisable en transmission orale. Dans la sphère familiale, les femmes étaient aussi des conteuses mais ne pouvaient passer au statut professionnel et cela à cause du contexte sociologique. 

Le conte et la quête identitaire 

Dans un cadre didactique, le conte peut être introduit dans les méthodes d’enseignement pour enfants, car c’est un genre oral de haute facture littéraire souvent réservé aux initiés. Il est outil d’apprentissage double. Il permet à la fois aux enfants d’apprendre des contes qui dépassent les frontières du pays, c’est ce qui va leur octroyer une connaissance nouvelle d’autres cultures. Mais aussi, dans le cas où on leur apprend des contes de la culture locale, cela va les aider à se reconnaître, à affirmer leur identité et à se repérer au sein de leur société. 

Un conte n’est pas une simple histoire fabuleuse. C’est un héritage traditionnel et culturel. Il se transmet d’une génération à une autre. Il est façonné selon les époques et les temps. Il permet d’éduquer et de distraire. Il affirme une identité et toute une société. 

Marwa Larbi Benhora.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici