A Tassaft Ouguemoun en Kabylie, un 31 Octobre 1926, est né  l’enfant de la révolution, le loup d’Akfadou, un leader, Amirouche Aït Hamouda ; Il hérite de ce prénom après la mort de son père, comme le veut la tradition.

Trahis par ses camarades,  il trouve la mort au combat à tout juste 32ans au sud de Boussada le 28 mars 1959, dans une embuscade tendue par l’armée française.

Bijoutier avant d’être Chef de la wilaya 3.

Après s’être marié avec sa cousine germaine, son beau père lui donne un coup de main pour mettre en route un commerce de bijouterie à Relizane où il vend les fameux joyaux  des Aït Yenni (région de Kabylie).

Dans la même ville en 1950, il adhère l’Organisation spéciale (O.S) du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (M.T.L.D) ; Au commencement de l’opposition armée, il prépare des Maquis de la petite Kabylie avec Krim Belkacem et Ouamrane.

Le 20 aout 1956 au congrès de la Soummam, il est nommé adjoint militaire de Mohammedi Saïd, son prédécesseur la tête de la wilaya 3. À la fin de la même année, le Comité de coordination et d’exécution (C.C.E.) le charge de reprendre en main les maquis des Aurès, désorganisés après la mort, dans des circonstances mal élucidées, de Mostepha ben Boulaïd.

Amirouche le Terrible.

C’est comme cela que les français le surnommaient.

Il été doté d’une détermination et d’un amour inconditionnel pour son pays, ceci a rendu la tâche dur pour les français qui se battaient pour une Algérie française.

Une grandeur d’âme et un sens du prochain sans égal.

« Il se préoccupait toujours de la situation des moudjahidine et accordait une attention particulière aux blessés en s’assurant de leur prise en charge », témoignèrent d’anciens maquisards de la guerre de libération nationale dont Ait Ahmed Ouali, Laichour Slimane, Si Ouamer Azwaw, à l’occasion d’une table ronde organisée par le musée régional du Moudjahid pour la commémoration du 59ème anniversaire de la mort de ce chef historique tombé au champ d’honneur.

Des valeurs qui ont fait que « tous les combattants l’aimaient’’ a insisté Ouali Ait Ahmed dit Si Ouali, ancien officier de l’Armée de libération nationale (ALN). Cette dimension de la valeur humaine on la retrouve chez lui-même dans le traitement qu’il réservait aux prisonniers.

Il citera l’exemple de la prise par les moudjahidine et grâce à la complicité de Zernouh Mohamed de Zaafrane dans la région de Djelfa, du poste militaire colonial d’El-Horane du coté de M’sila, et qui s’est soldée par la récupération de plusieurs chargements d’armes et de munitions, d’effets militaires, de rations alimentaires et autres et durant laquelle 17 militaires français ont été fait prisonniers.

De plus,Laichour Slimane a révoqué l’importance qu’accordait le Colonel Amirouche à l’instruction des jeunes, en les encourageant et en les envoyant poursuivre leurs études à l’étranger.

« Il fut, grâce à cette démarche, à l’origine de la formation des futurs cadres de l’Algérie indépendante et qui ont eu à occuper des postes dans l’armée, l’administration centrale, la diplomatie et les entreprises étatiques », a-t-il reconnu.

Lettre du colonel Amirouche aux étudiants

“ Frères étudiants !
Servir la patrie, écrit le colonel Amirouche, est la seule devise de tous les Algériens. Vous qui êtes dans les villes, dans les universités, dans les lycées, chaque chose autour de vous sent la révolution qui vous incite à penser à tous les instants à votre devoir. Votre travail, c’est l’attention soutenue qui ne doit jamais vous éloigner de la cause algérienne. Partout, votre conduite, vos gestes doivent vous désigner comme des combattants. Au même moment, des frères, des étudiants comme vous luttent dans le maquis. Vous aussi, vous luttez pour votre pays. Lutter, c’est servir son pays de n’importe quelle façon. Mais l’intention demeure seule valable, surtout pour des étudiants qui ne peuvent ne pas être conscients de leur existence d’Algériens. L’Algérie a besoin de tous ses fils pour achever la révolution politique qui libérera le peuple du colonialisme. Pour continuer la révolution, elle aura besoin d’éléments conscients de l’intérêt supérieur de l’Algérie, elle aura besoin de patriotes.

En mémoire de tous ceux qui sont tombés dans le maquis pour notre peuple encore courbé sous le poids de l’injustice et de lâches répressions, vous, étudiants algériens, vous devez plus que jamais prouver au monde que vos actions, qui ne se séparent pas de la révolution, ne sont pas négligeables.
Pour une Algérie libre et démocratique, tous les Algériens uniront leurs sentiments et leurs énergies dans un même élan de sacrifice.”

Hamou Amirouche, secrétaire du colonel en 1957-1958  corrige dans son ouvrage ‘ Akfadou, un an avec le colonel Amirouchee’  une fausse idée qui a été faite de son supérieur et selon laquelle «il n’aimait pas les intellectuels» ; «Une idée complètement fausse», rétorque-t-il, en affirmant qu’Amirouche dénichait des jeunes étudiants et les envoyait, par équipes, en Tunisie pour poursuivre leurs études. 

Son secrétaire est le parfait exemple qui illustre l’engagement d’Amirouche envers les disciples : En mars 1958, il est désigné par le colonel pour faire partie d’une mission qui achemine le courrier et les fonds vers la Tunisie.

Là bas, il est nommé responsable du foyer des étudiants créé par Si Amirouche en 1957. Sur ordre du colonel, il reprend ses études et décroche son baccalauréat. Il est envoyé par la suite aux USA où il poursuit des études en économie politique à l’université Wesleyan et obtient un DES en sociologie politique à l’université du Colorado. Après avoir occupé plusieurs postes de responsabilité en Algérie, Hamou Amirouche retourne en 1994 aux USA, où il est enseignant à l’université de San Diego.

Néanmoins, il demeure pointé du doigt et tenu responsable de plusieurs pratiques injurieuses, au nom de la guerre. L’Algérie commémorera  25 ans après sa mort, sa disparition, et donnera le nom d’amirouche à un boulevard d’Alger.

Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’Amirouche Aït Hamouda a joué un rôle décisif dans le processus menant à l’indépendance Algérienne.

Ghizlène

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici