Origine et histoire du genre musical 

De par son sens étymologique, Chaâbi dérive du mot Chaâb الشعب, et qui a pour signification en arabe classique Le peuple. En 1964, l’adaptation du terme Chaâbi a fait son entrée officielle et le genre musical est apparu. Quant au dictionnaire français, celui-ci inscrit le terme suite à la reprise de la chanson de Ya Rayah par Rachid Taha, (chanson originale de Dahman El-Harachi) qui, par la suite également, a été reprise en plusieurs langues. 

Historiquement parlant, le chaâbi a vu le jour depuis le début du XXe siècle. S’inspirant ainsi de la musique arabo-andalouse, mais aussi du Medh (chant religieux à résonnance percussionniste), du Aroubi algérois, et cela, tout en puisant ses paroles dans la poésie du Melhoun. Toutefois, avant que le genre musical ne connaisse cette particularité phonique, il est important de rappeler que ce dernier, est passé par une évolution musicale. Chose qui lui a octroyé sa notoriété actuelle.

En effet, au temps des années 1920, on commençait à introduire des instruments de cordes du genre arabo-andalous au chant du Medh. Peu à peu, les textes de ce dernier ont été interprétés aux modes du andalous, tout en travaillant la forme et l’orchestration. Confiné donc à la Casbah d’Alger, ces interprétations devenaient de moins en moins timides et dès lors, des artistes se produisaient dans les cafés et animaient des fêtes de familles. Ainsi, ce genre musical commençait à dominer la scène artistique algéroise. Nous retiendrons alors, M’hammed Al Anka, disciple de Chaikh Saïd Meddah, qui grâce à son génie d’artiste, a su perpétué la tradition des fêtes de familles alors qu’il n’avait que 19 ans. Cette carrière précoce lui a permis de révolutionner le genre et de lui donner une empreinte nouvelle.

 Le Chaâbi, entre tradition orale et poésie populaire

page- Il était une fois Constantine.

Aussi subtile soit-elle, la voix de la tradition orale reste souvent méconnue. Conteurs ou orateurs, tous n’ont pas pu bénéficier du progrès technique. Cependant, la transmission générationnelle a su préserver un peu de cette voix. De même pour le Chaâbi, qui a puisé ses bases dans le Medh ; dès lors où la voix des meddahine est restée encore méconnue. Le genre musical, a fait en sorte de perpétuer ce patrimoine oral. Enrichi de dictons populaires et de sous-entendus, le Chaâbi a pour but de chanter les maux de la société mais aussi l’amour et la joie. Il est populaire de par ses paroles, alternant alors : arabe dialectale, arabe classique mais aussi le berbère. Très construit sur des tons rythmés et des vers rimés, il est ainsi une poésie chantée par laquelle les membres d’une société arrivent à se reconnaître. Ainsi, de nos jours, l’utilisation de certains passages de chansons Chaâbi fait partie du parler quotidien.

De nos jours, le Chaâbi connait de plus en plus d’amoureux. Certains diront que le genre est parfois difficile à cerner de par sa charge linguistique et paroles ambiguës. Les dernières années, plusieurs reprises de chansons Chaâbi ont été faites par des artistes voulant imiter leurs aînés. Certains ont également fait dans le néo-Chaâbi, alternant musique classique et musique moderne. Le genre a su traverser les frontières de son pays natal et actuellement le Chaâbi n’est plus réservé qu’aux Algériens.                                                                                                        

Crédit photo: Instagram: el_moustach

Marwa Larbi Benhora.

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