Quand la musique devient engagée et protestataire, quand les paroles d’une chanson riment avec engagement, révolte et rébellion, quand les thèmes lyriques expriment une envie soudaine de changement social ou politique, ou poussent à la réflexion sur un éventuel phénomène social destructeur , cela donne naissance à une panoplie de chansons cultes, qui raisonnent dans la tête de toute une jeunesse. Entre Matoub Lounes, Gnawa diffusion, Gaada Diwane Bechar, Labass, Tarba3t. Dans cet article, on vous réserve le meilleur des titres engagés.

Mr le président de Maatoub Lounes:

« Monsieur le président,

C’est avec un coeur lourd que je m’adresse à vous,

Ces quelques phrases d’un condamné,

Etancheront peut-être la soiffe de certains individus opprimés,

Je m’adresse à vous avec une langue empruntée, pour vous dire simplement et clairement que l’Etat n’a jamais été la patrie,

d’après Bakounine, c’est l’abstraction métaphysique, mystique, juridique politique de la patrie,

 Les masses populaires de tous les pays aiment profondément leur patrie,

mais c’est un amour réel, naturel, pas une idée : un fait,

Et c’est pour celà que je me sens franchement,

le patriote de toutes les patries opprimées ».

Expliquant le sens de son combat, à Delarue, Maatoub Lounes raconte : «  C’est venu avec le temps, j’étais chanteur d’abord, si je me suis propulsé sur le « dancefloor » politique, je ne l’ai pas choisit, j’aurais aimé chanter dans un climat de quiétude, composer sur la joie de vivre, mais hélas je ne peux pas rester indifférent, neutre face au drame de mon pays ».

Autochtone de son pays, comme il le dit, poète et interprète engagé, dans la revendication identitaire Berbère, un patriote à l’amour inconditionnel de son pays. Il a usé de sa plume, de sa mendole, pour exprimer par rimes, son mécontentement et ses idées.

Douga Douga de Gnawa Diffusion:

« galou galou douga douga bechwya dougo dougo
travail douga douga, chahrya douga douga, chomage douga douga wel barrage douga douga.

galou sraves (services)e’ryassa

les algeriens guelbou leblaça
fel moudaharat derhouna
herchou hnichat mersoula
flash-ball wel caoutchouc oulech
ya kayen les Daewoo ya lebghoula
w maakoum rahi matefrèch
nermi w nzid kenboula
nermiii w nzid kenboula ».

Sortie en 2004, cette chanson rythmée, écrite par le groupe mené par son chanteur principal, Amazigh Kateb, dénonce une certaine précarité dans le travail et le recrutement, où jeunesse rime avec chomage, une certaine « hogra » était présente dans la parrages, depuis des années, où les individus de la société algérienne, n’arrivent pas à joindre les deux bouts, et s’y retrouvent opprimés.

Mahboula de Gaada Diwane Béchar

Un des meilleurs morceaux du groupe, de la Gnawa pure comme on l’aime, dès la première note musicale, jouée par l’instrument de la luth «  El Oud », qui dessine le contexte de la chanson, une chanson dite, inspirée de toute une vie de souffrance, de peine, entre chômage, désespoir, mensonge, trahison, société souffrante. Mahboula est cette vie, mahboula est cette vie de lutte, qu’on mène ici, dans ce pays, cette société.

Dawina de Labess

« Enta wech dert fi 7iatek ya 7bibi
Wa7ed chombit lakhor pompier
Wa7ed baznasi wlakhor fanan
Ema naya bez9ou 3lia lmarican
Fi familti wa7ed 9ari
Lakhor y9ari fi l’université
Ye7ya 3andou villa fi borj el kifan
Ema naya bez9ou 3lia lmarican »

C’est une chanson, qui évoque l’histoire d’un jeune algérien, qui a décidé de quitter son pays, pour essayer de saisir sa chance ailleurs. Que l’on décide de rester ou de partir, on ne peut nullement échapper à la pression sociale, au piège de se comparer aux autres, et de se dire où on en est dans notre vie, qu’est ce qu’on a fait de notre vie…. Ce morceau dénonce, avec dérision, cette pression qui nous suit, comme une ombre, où l’on va, que l’on décide de bâtir son avenir ici, ou de poursuivre ses rêves ailleurs.

El Hadjeb wel Ain – ya Katel el rouh par un groupe d’artistes:

Un texte fort de Bel kharoubi Ramdane, musique et arrangement par le groupe Tarba3t, ce morceau est sorti en 2013, en hommage à deux garçons, kidnappés, violés et atrocement assassinés.

«  El Hadjeb wel el 3in, est un morceau, coup de gueule, une révolte de plusieurs artistes, contre un acte barbare et inhumain, qu’est celui d’ôter la vie à un enfant, c’est aussi un appel, à nous, adultes de protéger l’innocence et l’espoir, que sont nos enfants. ».

Avancez l’arrière de Djmawi Africa:

Cette  chanson commence avec les bruits habituels d’une rue, puis prend un ton de protestation, avec une touche humoristique, qui porte la colère d’une jeunesse, se rendant compte que les pannes de l’Algérie, ne sont pas uniquement d’ordre mécanique.

 «C’est de la réalité algérienne ! N’importe quel jeune algérien qui reste dans la houma va se reconnaître dans cette chanson. Un jeune qui essaye de trouver des choix dans sa vie. Partir ailleurs ou se marier. A la base, c’était une improvisation. Nous avons arrangé le morceau pour en faire une chanson».

«nous avons résumé un certain état d’esprit avec le titre Avancez l’arrière. Au premier degré, ça évoque un bus. Le terme ‘‘avancez l’arrière » est algérianisé. Seuls les Algériens peuvent comprendre le sens. », Ahmed Djamil Ghouli, chanteur du groupe.

                                                    

Yamina Hamidi

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