A l’occasion de la célébration du 66e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, le Centre Algérien de développement du cinéma (CADC) a organisé mercredi 4 novembre 2020, une projection du film « Héliopolis », premier long métrage de fiction de Djaâfar Gacem, inspiré de faits historiques, à la salle Ibn Zeydoun en présence; devant un public restreint aux praticiens du 7e Art et à la presse nationale.

Guelma, mai 45: une histoire tragique

Pour son premier long métrage, Djaâfar Gacem, plus connu pour ses sitcoms et feuilleton télévisés (« Nass Mlah City », « Djemai Family », « Achour El Acher » et « Mawed maa el qadar »), a décidé avec Héliopolis – l’ancien nom de Guelma – de retracer durant deux heures le quotidien d’une famille algérienne quelques jours avant les manifestations du peuple algérien du 8 mai 1945 réclamant son indépendance, le jour de la proclamation de la fin du 2ème conflit mondial et les massacres de l’armée coloniale qui ont suivi ces manifestations à Guelma.

Le film traite des deux visions, assimilationniste véhiculée par le fils d’un Gaid, et indépendantiste à travers les idées d’un jeune étudiant, fils d’un propriétaire terrien dans la bourgade d’Héliopolis à Guelma (Est d’Algérie).  Emprisonné pour avoir participé à l’organisation de manifestations, Mahfoud le jeune étudiant, campé par Mehdi Ramdani, est exécuté avec ses camarades devant le regard impuissant de son père fils d’un Gaid, incarné par Aziz Boukrouni, qui décide alors de revenir à sa propriété et prendre son fusil pour se défendre contre les milices françaises.

Débat avec le réalisateur

Après le visionnage du long-métrage de 116 minutes, un débat avec le réalisateur et l’équipe artistique du film Héliopolis a été lancé.

En effet, de nombreuses critiques ont été réalisées. Parmi l’une d’entre elles, le langage et le dialecte choisis pour représenter la ville de Guelma, mais plus particulièrement le choix des évènements du 8 Mai 1945. Pour sa part, le réalisateur Djaârfar Gacem a mis l’accent sur « une fiction inspirée de faits réels qui parle de l’Algérie avant toute chose. » il explique que afin de reprendre l’accent guelmi, car c’est avant tout un film algérien. Le but est que tous les jeunes d’aujourd’hui puissent voir ce film dans un langage compris par tous ». Pour ce qui est des évènements du 8 Mai 1945, l’équipe scénographique a choisi un thème, une fiction afin de raconter ces évènements tragiques qui ont donné le coup d’envoi d’une prise de conscience. Ils constituèrent un tournant majeur pour la résistance algérienne qui, dans plusieurs années se traduira en révolution armée. De plus, il ne faut pas oublier que pendant que le monde fêtait la chute du nazisme, les Algériens subissaient les pires affres du colonialisme.

Héliopolis est un film qui peut être considéré comme étant réalisé à la mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont combattu pour une Algérie libre et indépendante. Et d’ailleurs, c’est ce que recherchait le réalisateur Djaâfar Gacem à transmettre.

Le film d’une grande qualité artistique regroupe une pléiade de comédiens de la nouvelle génération à l’image de Souhila Maalem, Mourad Oudjit, Fodhil Assoul, Naceredine Djoudi, Aziz Boukrouni, en plus d’acteurs français dont Alexi Rangheard, Jacques Serres et Duminil César. La musique originale du film est signée Armand Amar, le compositeur fétiche de Rachid Bouchareb.

Le film « Héliopolis » a été retenu pour représenter l’Algérie à l’Oscar du meilleur long métrage international (film non-anglophone) qu’organise l’Acadamy of Motion Picture Arts and Science (AMPAS), a indiqué le Comité de sélection algérien, présidé par le réalisateur Mohamed Lakhdar Hamina.

Pour qu’un film figure sur sa première liste du meilleur long métrage international, l’AMPAS exige, entre autre, une projection commerciale, durant au moins une semaine, dans le pays d’origine. La remise des oscars de la 93 édition (2021) aura lieu le 25 avril prochain au lieu du 28 février (rendez-vous habituel), et ce en raison de la pandémie de Coronavirus. La 92e Cérémonie a vu la consécration du film sud-coréen « Parasite », qui a raflé le prix du meilleur film long métrage international. L’Algérie avait décroché ce prestigieux prix en 1969 pour le film franco-algérien « Z » du réalisateur franco-grec Costa-Gavras. 

 Sonia Hamoumraoui

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