Le 5 juillet 1962, après sept ans de guerre, enfin la paix. L’Algérie est enfin libre, un jour tant attendu, impossible d’imaginer le sentiment de ceux qui ont connu les deux périodes et surtout de ceux qui ont été dans le feu de l’action, il faut le vivre pour le ressentir. Elle bien belle l’histoire mais que s’est il vraiment passé entre scène de liesse dans les rues du peuple et lutte pour le pouvoir entre les responsables : C’est l’autre histoire du 5 juillet, l’autre indépendance.

Situation catastrophique entre maquisards abandonnés et la tension qui montait entre les responsables

Pour essayer de comprendre ce qui s’était passé, il faut revenir un peu en arrière et voir le contexte et les conditions qui régnaient. On est en début d’année 62, l’armée française, il faut dire ce qu’il en était, avait main prise sur la situation, les soldats algériens étaient abandonnés, les aides n’arrivaient pas (mission normalement assurée par l’armée Fès frontière, nous y reviendrons), il y a une statistique terrible d’un survivant sur trois, même pour s’informer, il fallait se rapprocher des camps français pour essayer de capter la radio.
Les accords d’Évian aboutissent avec un cessez-le-feu, des accords que l’état-major, à sa tête Boumediene, refusait catégoriquement.

Mais ce cessez-le-feu était comme une bouffée d’oxygène pour les maquisards qui étaient à bout de souffle mais qui attendaient le pire, les relations tendues entre les responsables nourrissaient les inquiétudes, quelque chose se préparait. En effet, Boumediene commençait à bouger et préparer à renverser le GPRA, fort d’une armée de soixante milles hommes (armée des frontière) lourdement armés et nourris d’idéologie baathisme (on va pas s’étonner quand on connait l’origine de ce mouvement et les désastres qu’a connu le monde à cause de ça) qui attendait juste le bon moment pour entrer en action, mais son chef, méconnu du grand public, se cherchait un représentant au sein des figures historiques pour le mettre comme vitrine et se donner un peu de crédibilité. Boudiaf et Ait Ahmed sont contactés dans un premier temps et on leur a proposé le poste de président mais ils avaient refusé, alors c’est au tour de Ben Bella d’être sollicité, ce dernier accepte l’offre et se joint à l’armée des frontières ou bien plus connue sous le l’appellation du clan d’Oujda pour commencer leur manœuvre et renverser le GPRA.

Le congrès de Tripoli et la cassure définitive

Arrive le congrès de Tripoli où s’est réuni le CNRA et la couleur était annoncée, il y a beaucoup de témoignages de participants qui étaient choqués par le comportement et les propos indignes tenus par certaines personnes du côté du clan de l’état-major. Très vite, la tension monte entre les deux parties (GPRA et EM) et sans désigner le bureau politique qui était censé organiser les élections, c’est l’échec, la cassure et le pire était inévitable.

Le coup d’état ou simple passation de pouvoir pour un nouvel occupant ?

L’indépendance arrive ou bien est partie comme a ironisé Fellag. Ben Bella rentre à Tlemcen et constitue le bureau politique et il va arriver cette fois-ci après son échec à Tripoli et décide de prendre d’assaut Alger et de s’emparer du pouvoir. Ils avaient la voie libre parce qu’il était convié à ce que l’armée française quitte l’Algérie progressivement sur une durée de trois ans pour essayer d’accompagner l’Algérie dans cette période transitoire. Mais le contraire s’est arrivé, les soldats français quittent l’Algérie prématurément, déjà un point violé des accords (C’est à se poser des questions, ça éveille les soupçons) et de cinglantes batailles ont éclaté entre les frères d’armes, alors le peuple ressort dans les rues et demande à ce que les affrontements cessent. Le slogan bien connu, scande à l’époque : « SEPT ANS ! BERAKATE » et là, les dirigeants des wilayas ont choisi de laisser le clan d’Oujda prendre le pouvoir et Ben Bella est nommé chef d’État pour être renversé à son tour, trois ans plus tard par celui qui l’a mis au pouvoir.

Les séquelles d’une guerre sont plus graves que les combats eux même. Tant d’années après, on vit toujours dans le flou total et les plaies ne sont toujours pas fermées, c’est fou où peut aller l’être humain par soif de pouvoir et d’argent, jusqu’à éveiller son instinct animal et trahir les siens ? Comme le dirait Malek Haddad : « l’Algérie quand on croît la connaître, il faut encore la découvrir, quand on l’a découverte il faut la réapprendre ».

ID.K

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