Une initiative a vu le jour depuis quelques semaines sur les réseaux sociaux. Lancée par un groupe de plusieurs mères algériennes divorcées, dans le but de dénoncer l’article 66 du code de la famille, qui ôte à la mère algérienne le droit de garde de ses enfants, une fois remariée.

Une loi qui stigmatise les mères divorcées:

Article 64, 65, 66 et 70 du code de la famille :

Art. 64. (modifié) – Le droit de garde est dévolu d’abord à la mère de l’enfant, puis au père, puis à la grand-mère maternelle, puis à la grand-mère paternelle, puis à la tante maternelle, puis à la tante paternelle, puis aux personnes parentes au degré le plus rapproché, au mieux de l’intérêt de l’enfant. En prononçant l’ordonnance de dévolution de la garde, le juge doit accorder le droit de visite.
Art. 65.La garde de l’enfant de sexe masculin cesse à dix ans révolus et celle de l’enfant de sexe féminin à l’âge de capacité de mariage. Le juge prolonge cette période jusqu’à seize ans révolus pour l’enfant de sexe masculin placé sous la garde de sa mère si celle-ci ne s’est pas remariée.
Toutefois, il sera tenu compte, dans le jugement mettant fin à la garde, de l’intérêt de l’enfant.

Art. 66. La titulaire du droit de garde se mariant avec une personne non liée à l’enfant par une parenté de degré prohibé, est déchue de son droit de garde. Celui-ci cesse également par renonciation tant que celle-ci ne compromet pas l’intérêt de l’enfant.
Art. 70.La grand-mère maternelle ou la tante maternelle est déchue de son droit de garde si elle vient à cohabiter avec la mère de l’enfant gardé remariée à un homme non lié à celui-ci par une parenté de degré prohibé.

Stigmatisées, réduites à son statut de  ‘ M’telka’ et parfois même mises à l’écart par notre société, la maman divorcée se retrouve ainsi fragilisée par cette loi, qui aura des répercutions tragiques sur la mère et ses enfants.

Objectifs de cette mobilisation : 

Cette pétition dont l’intérêt majeur est de récolter le maximum de signatures par les citoyens algériens, fera office de support à une lettre ouverte destinée au président de la république Abdelmajid Tebboune, réclamant l’annulation des articles 65,66 et 70, ainsi que la révision de l’article 64 du code de la famille. Ces mamans mobilisées, espèrent ainsi faire entendre leurs revendications, afin de protéger les intérêts de l’enfant.

Il est à signaler que dans les lois de la religion musulmane, le verset coranique 23 de sourate El Nissa, stipule que l’époux de la mère est un « Mohram légitime »(شرعي). Donnant ainsi le droit légitime à la maman d’avoir la garde de ses enfants même dans le cas où elle se remarie.

Sous le slogan de « Ensemble pour que la mère puisse garder son droit de garde », ce groupe espère avoir le soutien de chacun de nous, parents, grands parents, futurs mères et pères, on est tous concernés par cette démarche, concernant l’avenir de la mère et de l’enfant.

Témoignages: 

Certaines mamans subissent une pression de la part de la société et de la part de leurs ex-époux, les menaçant ainsi de les priver de la garde de leurs enfants, si jamais elles pensent au fait de reconstruire leurs vies et de se remarier, un droit tout à fait légitime.

‘’ J’ai peur de perdre mes enfants, je ne comprends pas l’intérêt de cette loi?  Pourquoi n’ai-je pas le droit de reconstruire une vie pour eux et pour moi ? Pourquoi une telle injustice ?’’ Fatima, 31, mère de trois enfants

‘’ Dans mon entourage, je suis perçue comme Hadik el m’telka el messkina, je ne suis pas mon divorce, mes enfants ne sont pas ce divorce, le divorce est un droit, et c’est ainsi que la vie est faite, cette loi ne fait que renforcer l’étiquette de la Messkina, et n’arrange rien, j’ai tout a fait le droit de garder mes enfants, mère célibataire ou remariée, on fait un pas en arrière avec cette loi, il faut que les choses changent » Amira, 38 ans, Maman d’un enfant 

                                                                                                                Y.H

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