De Maatoub Lounès, Cheb Hasni, à Youcef Sebti … L’obscurantisme aura fait des écrivains, des poètes et des chanteurs des cibles de choix. Pourquoi cette acharnement envers les artistes ? Pourquoi tout intégrisme ou toute idéologie totalitaire finit toujours par s’en prendre à ses artistes ? 

L’art rempart contre l’obscurantisme 

L’art peut faire renaître l’humanité après l’inhumanité, et recréer de l’espoir après le désespoir.

L’artiste est le premier visé par tout totalitarisme, car il dénonce, il refuse de se conformer, il façonne dans un acte divin une nouvelle réalité, autre que celle imposée, il insuffle poésie au milieu de l’horreur et déstabilise toute idéologie régnante, qu’elle soit politique ou religieuse, et qui survit grâce à la peur et à l’instauration d’un mode de pensée unique.

En temps de guerre psychologique, la logique devrait faire de la création artistique la cinquième roue du carrosse, mais la réalité est tout autre : l’artiste sera soit le premier attaqué, coupant net toute tentative de conception d’une contre réalité, soit le premier sollicité pour mettre son art à l’œuvre de l’ordre imposé, faisant de lui une arme perfide domptant les esprits.

L’artiste au service de la liberté

 » L’art à mes yeux n’est pas une réjouissance solitaire, il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes  » Albert Camus – Discours de réception du prix Nobel 1957 – 

L’imagination mise au service de l’art ne rend pas l’art déformateur de la réalité, mais fait de lui un miroir reflétant celle-ci de la manière la plus juste possible.

L’émoi ressenti face à une œuvre artistique permet la prise de conscience d’une réalité injuste, transformant toute cause semblant lointaine et considérée comme optionnelle en une cause personnelle qu’on défend sans forcément en être victime ; car pendant le temps d’une œuvre nous somme l’opprimé et ce sentiment éveille en nous le désir de militer.

Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo pourrait être cité ici comme exemple.

L’une et l’autre Algérie

Le 5 juillet 1993, Hasni et d’autres stars de la scène musicale Algérienne donnèrent un concert au Stade du 5 Juillet. Le contexte historique fait de cette soirée un acte révolutionnaire en renversant la réalité de la nuit où la peur imposée profitait à l’intégrisme, et en la transformant en espoir mit à l’œuvre pour une autre Algérie, libre et démocratique.

Cette nuit-là, « Tal ryèbek ya rzali » de Hasni prit une tout autre signification, ne chantant plus la douleur de l’arrachement de l’être aimé, mais les retrouvailles avec la paix.

Le combat se fait aussi sans armes

« Je n’ai jamais considéré la peinture comme un art de simple agrément de distraction. Ces années d’oppression terribles m’ont démontré que je devais combattre non seulement pour mon art, mais aussi pour ma personne » – Pablo Picasso – 

Coups de pinceaux, sculpture ou écriture s’avèrent être des outils de résistance pacifique ; se transformant même en art protestataire au service de la résistance non violente.

Il est donc impératif que nous, jeunes Algériens, soutenons nos artistes qui ne sont pas au service de ceux qui font l’histoire mais au service de ceux qui la subisse et qui ,tapis dans l’ombre, ne jouissent d’aucune reconnaissance médiatique, qui elle, est accaparée par des pseudos artistes aux services de valeurs allant à l’encontre de la liberté populaire et alimentant une vision médiocre de l’art et des artistes en Algérie.

Amar Mehdi

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