L’architecture interactive est définie comme toute architecture véhiculant de près ou de loin une théorie de mutation conçue par l’auteur et illustrant un ensemble global en mouvement ou un spectacle – pas nécessairement spectaculaire – que peut induire le déplacement du spectateur, par déduction celle-ci se rapporte automatiquement à une numérisation des espaces de découverte (faire découvrir et susciter la curiosité de l’usager).

Ces pratiques remontent longtemps dans l’histoire à travers les pont-levis ayant dans le passé exprimé cette notion d’adaptabilité en fonction du besoin ou même des déplacements de l’usager, dans l’ère contemporaine les nouvelles technologies offrent un champ d’expérimentation singulier dans l’objectif de trouver de nouveaux modes d’exploration de la forme et de l’espace. Face à cette monotonie dans laquelle l’usager se trouve confiné, l’interactivité et le numérique offrent des espaces qui ne sont à présent plus définis par des éléments architectoniques répétitifs et communs mais plutôt par une série d’interfaces et de systèmes capables de produire de grandes variétés d’environnements s’adaptant aux désirs et aux besoins des usagers. Bien que cela puisse constituer un environnement incertain il faut reconnaître que ces architectures visent de plus en plus des conceptions humanistes de l’architecture mais aussi de la ville perçue comme réceptacle sociétal et ce par la construction d’un milieu rassemblant et unifiant à la fois le corps humain et l’espace architecturale qui dès lors s’engagent dans un dialogue exprimant une série de failles perceptives, de fragmentations et de collisions inattendues pour exprimer un sens, voir des sens.

Ces expressions non loin de ce qu’a représenté autrefois la peinture, elles permettent aujourd’hui la faculté de produire des œuvres dites ouvertes (au concepteur et à l’ensemble de ses usagers, des passants réguliers ou occasionnels), les deux offrent au lieu un nombre indéterminé de significations relatives à la perception personnelle de l’objet exposé qui coexistent au sein d’un même espace devenant à la fois immanent et exubérant, rigoureux et libre. , Roberto Matta a dit « la peinture a un pied dans l’architecture et l’autre dans les rêves »  afin d’assurer la faculté de matérialiser une mutation continue et indéterminé exposant un débat entre ce qui est fixe et ce qui est fluide et duquel émanent une multitude d’effets en effets…

Alors que le monde entier est baigné dans une révolution numérique faisant tourner les mécaniques des rêves en réalité à travers l’utilisation des technologies les plus variées, les plus modernes ou les plus distinguées pour créer des œuvres originales et exceptionnelles, l’Algérie se retrouve comme à son habitude à l’écart de ces pratiques bien que celles-ci puissent contribuer pleinement à l’exploitation des ressources et des connaissances afin de faire évoluer l’environnement dans lequel nous vivons : les ressources matérielles ne sont pas importantes face à un résultat assez intéressant  contribuant au développement, à la croissance et à l’épanouissement des usagers ; les exemples et les facilités qu’ils offrent sont infinies, des problématiques phénoménologiques & climatiques résolues par des structures gonflables réactives et lumineuses aux problématiques des échelles intermédiaires entre l’homme et le grand volume du bâtiment résolues par les évolutions d’espèces micro architecturales… Tous les exemples sont bons à exploiter il faudrait seulement commencer, à prendre le devant dans l’espoir de devancer un jour ou l’autre les amateurs et spécialistes du numérique au moins avant que le monde ne subisse le passage à une autre ère… 

Amira AMIMMEUR
Equipe Rédaction NOMAD

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