Le général Gaid Salah, vice-ministre de la défense et chef d’état-major de l’armée, est décédé ce 23 décembre 2019 à la suite d’un malaise cardiaque, comme l’indique le communiqué de l’APS.

Il fût le détenteur réel du pouvoir depuis la démission de Bouteflika en avril dernier. Sa mort subite rabat complètement les cartes sur l’échiquier politique nationale tant l’homme a imposé ses hommes de confiance et ses visions de sortie de crise. Il a pour longtemps cristallisé la colère populaire par ces décisions intempestives et ses discours prononcés de l’intérieur des casernes.

Il passe aussi, avec certains généraux de l’état-major, comme celui qui a imposé Tebboune à la tête de l’état. L’intérim au poste de chef d’état-major est assuré, pour le moment, par le général-major Chengriha, alors que le poste de ministre de la défense reste vacant. Le premier enseignement à tirer est le risque que représente la concentration de tant de pouvoir aux mains d’un seul homme pour la sauvegarde et la bonne marche de l’état.

En effet, Gaid Salah occupait depuis 2004 la fonction opérationnelle de chef d’état-major et depuis 2013 le poste politique de vice-ministre de la défense. Sa disparition ouvre la voie à des luttes claniques pour s’accaparer les principaux leviers du pouvoir. Le président Tebboune perd en la circonstance, à la fois, un allié et un fardeau.

Pendant la campagne électorale, les signes avant-coureurs de lutte au sommet de la hiérarchie militaire sont apparus au grand public. Certains cercles influents relayés par des organes de presse ont battu campagne pour le candidat Mihoubi. Ce qui explique les purges au sein de certaines administrations et au sein de l’institution militaire qui ont eu lieu au lendemain de la prestation de serment du président Tebboune.

Contrairement à la situation qui a prévalu aux lendemain de l’annulation du processus électoral en 1992 où l’institution militaire était plus au moins soudée et homogène avec une stratégie et une vision claire, la situation actuelle est caractérisée par la confusion et la diffusion des centres de décision et d’intérêt. Le président désigné, qui s’est présenté en candidat libre sans attache partisane et avec une équipe très réduite, pourra-t-il trouver les ressorts pour faire les arbitrages nécessaires et tenir la maison Algérie qui fait face à des défis multiples ?

Le Hirak dont la principale revendication est la rupture des résidus et les pratiques de l’ancien système avec une primauté du politique sur le militaires se voit renforcé dans ses convictions.

MIB

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