Le monument, cette entité physique témoin d’un patrimoine génétique, image d’une magnificence relevant du génie créateur d’une nation et exprimant le souvenir des choses mémorables relatives à l’histoire de la ville et de l’homme…

Cette notion exprimant des objets de contemplation et d’embellissement se voit muer à travers le temps et à travers l’espace pour constituer aujourd’hui, des entités statiques et intouchables qui se voient périr et s’effacer de la mémoire des siens. À Alger comme dans toutes les villes du monde chargées d’histoire, le monument a pris une image de sacralisation qui petit à petit a fait en sorte que ces ensembles bâtis (Luxueux et moins luxueux) se sont dégradés et sont en voie de disparition.

L’anti monument viendrait ici soutenir une cause qui est celle de tout bien culturel algérien, lui donner une seconde chance ou une seconde vie, une nouvelle en tout cas ; il se voudrait surtout d’être une réaction face aux crimes commis par les décideurs qui se disent responsables des biens culturels… Une culture qu’il tentent d’effacer à tout prix ! Alors que les grandes forces mondiales font transporter des édifices sur des distances de 3km de leurs lieux d’origine, dans un soucis de conservation et d’entretien (cas de la vieille mosquée Er-Rizk en Turquie ou encore la ville historique Hasankeyf), l’Algérie, elle évide ses centres historiques de leur contenu et donc provoque l’éteignement du contenant (cas de la Casbah d’Alger). Les questions de cet ordre ne sont nullement d’actualité, seulement, nous nous devons en notre qualité de bons citoyens de faire perdurer cette tradition, de continuer à en parler afin d’aspirer à une Algérie nouvelle, du moins celle qui s’occupe de préserver son contenu au lieu de chercher à en construire un nouveau ; Cette Algérie plurielle que nous ne cessons de clamer celle qui se tient debout et qui par miracle, ou par une volonté de bien faire va se retrousser les manches non pas pour se reconstruire mais au moins pour rester toujours là…

Le concept de l’anti monument inviterai à une réutilisation de tout édifice en situation d’abandon, l’idée serait un mouvement brusque pour occuper les édifices délaissés quelques soit la nature de la propriété et de l’usage, du moment que celle-ci ne va pas nuire au bâtiment lui-même ; Victor Hugo dans « Guerre aux démolisseurs » a dit :  » Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. Donc, le détruire, c’est dépasser son droit. » Si nous prenons l’exemple du Japon plus de 8 millions de biens abandonnés sont mis à la disposition des citoyens dans une optique de reconquête. Ce n’est pas ce qui manque à Alger : Ce tas de cinémas, de préfectures et d’immeubles sous la tutelle de l’état ayant pris ces tons grisâtres, se sont supprimés alors qu’ils sont toujours là, bien vivants pour celui qui y prête l’oreille et ouvre grand les yeux mais hélas déjà invisible pour les plus visés…

Amira AMMIMEUR
Equipe Rédaction NOMAD

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici