La participation de la femme algérienne à la révolution 

La participation de la femme algérienne au déclenchement de la révolution armée de Novembre 1954, engagée auprès du front de libération nationale (FLN), a joué un rôle prépondérant à travers l’accomplissement de son devoir patriotique.

Bien que les missions ont été rudes et dangereuses, la femme algérienne a mené son combat de militante, qui a constitué un élément primordial dans la lutte de libération. En apportant un grand secours aux moudjahidines, elle allait jusqu’à se fonder dans la masse en circulant en tenue traditionnelle (haîk), afin d’y acheminer des armes ou des lettres. Ou encore celles qui s’habillaient à l’occidentale, afin d’être prises pour des européennes, pour pouvoir accéder aux cafés ainsi qu’aux restaurants fréquentés par les français et y poser des bombes, plus connues sous le nom de fidayates, un rôle qui a été mis en évidence par le film « la bataille d’Alger« . 

Pour les mouquisardes, leur mission était d’attirer l’attention des médias et frapper l’imagination populaire. Enfin, viennent les résistantes civiles qui représentaient 82% des militantes, dites moussabilates. Elles étaient des femmes au foyer qui devaient accomplir leurs responsabilités en l’absence des hommes au sein de leur foyer, néanmoins elles participaient à leur façon au mouvement de libération, en tant qu’infirmières, secrétaires, agents de renseignements mais primordialement, elles assuraient l’hébergement des militants, les nourrissaient et leurs permettaient de se réfugier. Même si cela l’exposait à de maints risques, la femme algérienne a fait preuve de courage et de bravoure.

En effet, les exemples de femmes militantes pour la cause de libération abondent, nous évoquerons le nom de celle qui fut l’intégratrice du mouvement de refus à la colonisation, héroïque par ses actions de rébellion, sans précédent nous nommerons Lalla Fatma N’soumer.

Qui est Lalla Fatma N’soumer ?

Fatma Sid Ahmed est son vrai nom, née en 1830 en Algérie en haute Kabylie à Ouerdja, dans l’actuelle commune de Abi Youcef prés d’Ain El Hammam et morte en 1863 à Tablat. Lella Fatma (N’soumer), surnom qui lui a été donné pour sa piété et sa force en vivant dans le village de Soumer, surnommée aussi Jeanne d’Arc de Djurdjura ainsi que Lalla N’Ouerdja qui, dans la tradition kabyle se donne aux jeunes filles qui refusent de se résigner aux usages et aux traditions. Fille d’un chef d’une école coranique qui était liée avec la zawya Rahmaniya de Sidi Mohamed Ibn Abderrahmane Abu Qabrein.

Fatma, l’anti-conformiste

Les récits racontent que le père de Fatma cherchait à la marier mais elle s’y refusait. En étant prise par une pression familiale elle finit toutefois par abdiquer et épouser son cousin, tout en refusant de consommer son mariage. Elle se cloîtra dans la chambre nuptiale et se consacra à la prière, en attendant que la famille la renvoie chez ses parents.

Après la mort de son père, Fatma était bouleversée et a pris, par la suite, la décision d’assister son frère (marabout) Tayeb Soumer exerçant ses talents de Cheikh et dirigeant une école coranique.

De là, elle acquiert une excellente réputation appartenant à la confrérie Rahmaniya, les habitants la qualifier de prophétesse.

Contribution de Lalla Fatma N’soumer au mouvement de résistance :

En 1849, lorsque les troupes françaises accédèrent dans la région du Djurdjura (nord de la Kabylie), Cherif Boubeghla, initia un mouvement de révolte populaire Kabyle, dont lalla Fatma N’soumer en fut partie, en exhortant les troupes qu’elle mèna au combat.

En 1854, à la mort du Chérif, elle remporta sa première bataille face aux forces françaises a Tazrouk, dite bataille du haut Sebaou, mais ça ne s’est pas arrêté là !

En 1857, les combattants du maréchal Randon, réussirent à occuper Aît Iraten, les combats furent féroces et les pertes françaises considérables. Les français demandèrent donc des renforts, et ainsi, les insurgés kabyles perdirent malheureusement la bataille.

C’est en juillet 1857, que Fatma se fit arrêtée par le général Yassouf, et fut emprisonnée puis placée en résidence surveillée. Le mouvement du Djurdjura s’acheva ainsi.

Lalla Fatma N’Soumer, héroïne et brave femme rendit l’âme en captivité à l’âge de 33ans, en 1863.

L’historien Georges Duby décrit Lalla Fatma N’Soumer comme : « la grosse et la volumineuse beauté », la Velléda, la prophétesse germanique.

                                                                                      Bouatou Camelia

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