Un mot qui est toujours passé inaperçu, un symbole même pour certains qui l’utilisent pour référencer un comportement « tolérant », permissif…Voyons voir ce qu’en dit le dictionnaire, ainsi que notre analyse. 

Définition lexicale de tolérance

  • Aptitude de quelqu’un à supporter les effets d’un agent extérieur, en particulier agressif ou nuisible.  Ex : Nous n’avons pas le même niveau de tolérance au bruit.
  • Latitude laissée à quelqu’un d’aller dans certains cas contre une loi, un règlement.  Ex : Une tolérance orthographique.
  • Religion: Respect de la liberté de conscience et ouverture d’esprit à l’égard de ceux qui professent une religion ou des doctrines religieuses différentes.
  • Médecine: Absence de réaction immunitaire à certains antigènes, résultant d’un état de paralysie immunitaire constitutif ou induit par un premier contact avec l’antigène.

Définition sociale : 

En société, la tolérance est souvent associée à « ouverture d’esprit », « respect d’autrui », « acceptation du différent », « supporter l’opposant »… et ceux-là étant appliqués à : orientation sexuelle, couleur de peau, religion, culture, race, type, handicape, état mental, style de vie, idéologie, croyance, avis diamétralement opposés.

Or, nous avons bien lu plus haut que le concept de « tolérance » est appliqué surtout à des avis, comportements, attitudes ou doctrines qui sont, en particulier, « contre la loi », « négatifs », voire incorrects. 

Encore une fois, voyez-vous le conflit entre le terme et son application ? Non ? Cette suite est pour vous

Etymologie  

Tolérance : Du Latin Tolerare, voulant dire supporter, encaisser, et de tolerancia (patience, résignation, endurance.) Littéralement, endurer quelque chose (systématiquement négatif car « endurer » implique un exercice de force) avec patience, voire avec résignation lorsque la chose est permanente. 

Par conséquent, ta religion, ta culture, ton idéologie, ton orientation sexuelle, seraient toutes « endurées » par ton interlocuteur, car celui-là estime d’ors et déjà que ton expression humaine est particulière, négative. L’individu est donc très explicite en te disant que ton style de vie est « hors norme, hors la loi, anormale et tordu », simplement parce qu’il est différent du sien. Grosso modo, la personne te déclare : « tu n’es pas normale, et normalement ton style de vie n’existe pas, mais je te fais la faveur et le privilège de te valider pendant notre conversation tout en te rappelant tes vices ».

La « tolérance » est lourde en sous-entendus et en caractères offensants car elle implique non-seulement que le toléré est inférieur, mais aussi que le tolérant lui donne un traitement de faveur, ayant segmenté et aliéné le style de vie du toléré

Quelques exemples pour éclaircir l’image :

Exemple 1:

Je suis intolérant au lactose. Je ne supporte pas le lactose, si j’en prends, je risque d’avoir des complications digestives. 

Si la personne n’était pas intolérante au lactose, elle en prendrait le plus normalement du monde, est-ce qu’elle dirait : Je suis tolérant au lactose, j’aime le lactose ? Non. Elle digérerait le lactose comme n’importe quel autre aliment, parce que pour elle c’est un sucre laitier comme tout autre sucre, étant immunitairement capable d’en prendre.  

Exemple 2 :

Je suis intolérant aux handicapés. Je ne supporte pas les handicapés

Ici, les handicapés, c’est le lactose. Si la personne n’était pas intolérante (pour une raison ou une autre) aux handicapés, elle les considérerait comme toute autre personne et les traiterait comme n’importe quel individu sans passer par l’étape supporter/endurer, autrement dit, la catégorisation est déjà faite dans sa tête et vous savez déjà que la personne a une opinion défavorable (qui n’est pas forcément mal, voir dichotomie opinion VS attitude) et un comportement aliénant (qui lui, est problématique).

Tolérance et supériorité

L’individu tolérant pourrait éprouver un sentiment de supériorité qui va le mener à ressentir du chagrin, voire de la pitié pour une personne handicapée, ce qui risquerait d’ombrager son jugement sur la personne, et lui attribuer des valeurs (ou fardeaux) selon son handicap, pas selon ses compétences, son discours ou ses talents.

« Tolérance Religieuse »

Idem pour la tolérance face à l’homosexualité et idem pour la tolérance religieuse. Une religion veut que ses adhérents aient une piété dont les percepts sont les plus authentiques ; elle rejette toute notion opposée ou antagoniste à ses principes. Voilà pourquoi la tolérance religieuse est le seul terme qui « pourrait » avoir un sens logique, car le religieux est d’ores et déjà en défaveur envers tout rite contradictoire à sa foi et sa piété, mais est contraint de respecter les avis et religions divergentes car est le droit fondamental de l’humain d’exercer autant de religions qu’il veut, et auquel cas j’aurais, même ici, tendance à supprimer « tolérance religieuse » pour laisser place à « respect des religions », qui est un terme plus approprié, plus digne et humble que la tolérance. 

Exemple :

Je suis contre le principe de la trinité en tant que musulman et j’ai des amis chrétiens dont la foi et les préceptes les poussent à adopter ce rite. Je n’ai pas lieu de tolérer ces personnes, je les respecte et je respecte leur religion ni plus ni moins.  

Entendons-nous bien, la tolérance n’a absolument rien à voir avec le respect, elle est souvent caractérisée par un comportent subjectif, un traitement de faveur ou de défaveur (vu qu’elle implique une idée négatif sur le différent).

Un mésusage de mots

Et cet effet paradoxal, fourbe et trompeur va faire qu’en voulant éradiquer la discrimination, on ne fera que perpétuer les idées reçues et préjugés. Beaucoup d’individus, jusqu’à aujourd’hui, utilisent ce terme pour référencer la liberté et l’amplitude d’esprit, et ce ne sont pas des personnes qui ont de mauvaises intentions, seulement les mots ont une portée, un sens et une force incommensurables.

Les mots ne sont pas des pièces aléatoires que nous pouvons changer et inter-changer selon leur esthétique ou leur longueur ou la signification qu’on  « pense » qu’ils ont. Transmettre un message est comme assembler des pièces de puzzle ; si les pièces sont assemblées selon leur ordre naturel, le message sera transmis avec succès, si en revanche, on s’amuse à plaquer une pièce contre une autre qui ne lui correspond pas, le résultat pourrait être négatif, voire nuisible pour l’individu mais aussi pour le corps social. 

En revanche, le respect est neutre et est entièrement détaché de l’opinion favorable ou pas, et du comportement favorable ou pas de l’individu « toléré », car il fait primer une valeur haute de l’être humain qui est de se comporter avec dignité, politesse et humanité avec tout le monde, sans préjugé.

Ex : Je dépasse toutes les sexualités et toutes les religions car je les respecte, toutes confondues.  

-Mehdi MFD.

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