L’art en Algérie, souvent négligé, parfois même oublié. Bien sûr, l’art existe depuis toujours dans notre pays mais historiquement, il y a une raison à cet abandon : l’Algérien des années 60 venait tout juste de sortir d’une guerre sans merci, l’algérien des années 70/80 commençait à peine à se reconstruire, l’algérien des années 90 quant à lui, ne pouvait penser à l’art étant donné la noirceur de son quotidien… Cependant l’Algérien du 21e siècle, jeune et libre, a accès au monde en un seul clic. Il fait partie de la génération Y, la génération Z, parfois même plus âgé, il choisit les réseaux sociaux comme galerie d’art.

Il suffit de faire quelques recherches sur internet, pour accéder à un monde totalement différent d’artistes en tous genres : dessinateurs, photographes, graphic designers, chanteurs, compositeurs, musiciens, poètes… Ils ont tous un point en commun : ils sont algériens et leur plateforme est Instagram. Ce réseau social souvent stigmatisé comme étant le temple de la superficialité et l’abrutissement de masse, est pourtant devenu une véritable galerie digitale pour nos artistes, souvent autodidactes. Ils s’inspirent de la pop culture algérienne, des rues de la capitale, de la casbah, de l’architecture, de la douleur de nos aïeux mais aussi de nos traditions. Ils modernisent l’Algérie à travers leur travail. L’art est un moyen d’évasion pour une jeunesse qui manque de moyens d’expression, une jeunesse qui ne souhaite que pouvoir être elle-même dans une société où la pression sociale et le jugement font rage. Ce n’est plus un secret pour personne, l’art guérit les maux, et l’algérien en a désespérément besoin. Certains artistes sont devenus très connus dans le milieu des jeunes et arrivent à exposer leurs œuvres dans des galeries d’art. Ils ont un véritable public qui les soutient et apprécie leurs travaux. D’autres le sont un peu moins et se contentent du web, où ils sont tout de même soutenus. 

Mais quel avenir pour nos artistes ? Dans un marché de l’art quasi inexistant, pourront-ils en faire leur métier ? Pourront-ils s’y consacrer corps et âmes ? Ou devront-ils exercer un boulot conventionnel et socialement acceptable pour gagner leurs vies ? Tout ce qu’on sait, c’est que l’art en Algérie renaît, comme un phénix qui renaît de ses cendres.

Farah BOUCHERIT
Equipe Rédaction Nomad

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