Le soulèvement populaire du 22 février est d’essence et d’aspiration démocratique et révolutionnaire  dans le sens ou sa  revendication principale est un changement radical tant sur les pratiques que le personnel dirigeant. Ce hirak se situe en droite ligne du parachèvement de la libération du pays actée en 1962 avec pour objectif une république démocratique et de justice sociale. 

 La parodie d’élection de 12/ 12/ 2019 qui devait faire aboutir ces revendications a donné le président Tebboune, qui dans un réflexe de survie et de recyclage du système ainsi qu’une stratégie de récupération, s’est emparé de ses revendications  avec son slogan « Hirak El Moubarak » pour promettre la naissance de   » la nouvelle Algérie  » . Mais qu’en est-il réellement après plus d’une année et demi de ces promesses ? On est en droit à chaque étape de ce quinquennat de faire une halte et faire un droit d’inventaire. Ce droit d’inventaire doit toucher tous les secteurs et tous les domaines. Il nous tient à cœur en ce mois de mai, le 3 mai étant la journée mondiale de la liberté de la presse,  de l’analyser sous l’angle de la très délicate question de la liberté de la presse. 

En effet, la liberté de la presse est un baromètre démocratique et un indicateur fiable sur la vie et la vitalité d’un pays. Cependant, force est de constater que dans  » la nouvelle Algérie « les vieux réflexes hérités de la période de la  » isaba » ont la peau dure. Rien n’a changé, ni dans la forme ni dans le fond, par rapport à la situation antérieure au 22 février 2019.

L’Algérie est toujours montrée au ban des nations concernant ce volet. Et pour cause, plusieurs journalistes croupissent encore dans les geôles de ce régime qui n’a pas changé de son  logiciel répressif et continue à vouloir étouffer toute voix discordante en recourant, comme par le passé, à la répression, la manipulation et le mensonge. Concernant les médias lourds, qu’ils soient du secteur public ou privé, les écrans sont  monopolisés par les tenants de l’orthodoxie gouvernementale depuis longtemps vomie par la majorité des algériens.

Aucun débat contradictoire qui pourrait  donner l’illusion d’un semblant de démocratie. Des programmes dont le facteur commun est la médiocrité sciemment entretenue dans une stratégie de diversion pour occuper le peuple de sujets futiles et ne pas parler de l’essentiel. Quant à la presse écrite, elle est toujours sous l’épée de Damoclès qui pèse sur sa tête avec le monopole de la publicité par l’ANEP.

La presse électronique quant à elle n’est pas en reste de la censure. Beaucoup de sites d’informations n’échappent pas aux mailles des filtres de l’État. Devant cette situation, la rumeur et les réseaux sociaux sont devenus par la force la source  d’information pour beaucoup de nos concitoyens. 

Ibersienne Mohand

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