Musique et architecture est-ce cela si complémentaire ? Le monde entier croirait que la musique est un art substantiel dépourvu de dépendances ; elle est un art libre qui , depuis l’antiquité, a veillé à produire chez l’homme un sentiment d’apaisement sans exigences particulières, dépendant uniquement de la sensibilité et du plaisir de l’individu.

La musique ou le 4ème art, est défini comme étant l’art de combiner des sons, de manière à produire une impression sonore agréable et harmonieuse ; elle est surtout un ensemble de bruits et de sons. Son avancée progressive a débuté à travers de simples gestes primitifs (Battements de mains, choc de pierres…) jusqu’à l’atteinte d’un large pêle-mêle de styles musicaux relatifs aux paramètres synchroniques, diachroniques, et diatopique, ceux-là en font justement un attachement relatif à ses semblables tels que la peinture, la littérature ou encore l’architecture.

Les exigences qui ont suivi l’évolution de cet art, qui est la musique, imposent un intérêt particulier à la qualité de l’espace sonore, imposant dès lors à l’architecture un statut d’instrument musical du même ordre que le piano, la guitare ou le violon : L’architecture étant un art de proportions, de rythme, de nuances, d’harmonies et de variations d’ambiances contribue comme révélatrice des qualités auditives, et attribuent une plus-value à la musique par la transposition de qualités visuelles relatives aux : formes, structures et aux textures qui viennent ici compléter et révéler une qualité esthétique. Palladio disait : « Les proportions des voix sont harmonies pour les oreilles ; celles des mesures sont harmonies des yeux, et de telles harmonies plaisent souvent beaucoup, sans que quiconque sache pourquoi… » et de la fusion naît l’harmonie disait ce dernier. Il s’agit ici d’un échange physique relatif aux propriétés acoustiques de l’espace architectural qui se met au service de la musique ; elles sont donc perçues comme sciences sœurs (les  seules au Moyen Âge à illustrer consubstantiellement la scission entre théorie et pratique).

Alors que la musique fut d’abord considérée par Vitruve comme un art « appartenant » à la science de l’architecte et qu’elle lui est nécessaire, au même titre que la géométrie, l’optique, l’arithmétique, l’histoire, la philosophie, la médecine, la jurisprudence et l’astrologie ; la référence à la musique ne fut pas ici un recours à une échelle de mesure, à une règle de composition clairement énoncée, mais opère plus sur le registre d’une analogie ayant pour objet la conception d’ensembles complexes, et leur considération à la fois spatiale et temporelle.

Les progrès parallèles de ces deux disciplines ont mené à l’apparition de nombreux champs d’expérimentation : la musique de l’architecture, la musique des territoires, l’architecture réverbérante  ou encore l’architecture musicale « conceptualisation musicologique » devenue un champ fertile à part entière … et bon nombre d’autres pistes de réflexions alliant ces deux disciplines, puisque comme disait Goethe « l’architecture est une musique figée ». Finalement il est important d’avouer que dans toute architecture existe une musique et que dans toute musique sommeille une architecture.

AMMIMEUR Amira

Equipe Rédaction Nomad

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