La mémoire plus qu’un facteur une essence de vie : Qui de nous n’a pas encore quémandé auprès des souvenirs de son quotidien en ces temps de confinement ? 

La mémoire est une fonction de l’esprit destinée à faire renaître l’expérience du passé dans le quotidien des hommes. Les raisons et les facteurs déclencheurs restent multiples, il n’en demeure pas moins que celle-ci possède en elle la faculté de déstabiliser les plus forts mais les plus durs aussi. 

Dans l’histoire de la psychologie, la mémoire a toujours été traitée selon deux registres majeurs, à savoir : le rappel et la reconnaissance. L’assimilation conceptuelle entre la mémoire et le souvenir conscient dans le domaine fait référence à des composantes structurales comportant trois compartiments de stockage de l’information : le « registre sensoriel », le « compartiment ou magasin de stockage à Court Terme » et le « compartiment ou magasin de stockage à long Terme », ce à quoi Freud, dans la psychopathologie de la vie quotidienne, fait référence en différenciant les souvenirs d’enfance (souvenirs dans les communs des cas assez indifférents voir banals vis-à-vis de l’expérience personnelle) et le registre des impressions importantes : les souvenirs-écrans qui se manifestent au cours de la maturité intellectuelle selon des critères divers et qui engendrent une série d’oublis. 

L’ampleur que la mémoire a prise au sein de cet environnement, baigné dans une masse de réalités technologiques et scientifiques, a introduit l’homme dans une expérience sensorielle intense, phénomène dont l’ampleur ne cesse de s’amplifier. Dans cette même optique, force est de constater un écart important relatif à la représentation de la vie quotidienne en société durant un laps de temps assez réduit soit-il, alors que vers les débuts des siècles, le seul souvenir différent de ceux ancrés dans l’esprit imaginative furent les lettres reçues par l’intermédiaire d’un pigeon voyageur. Nous voilà aujourd’hui, capable de rediffuser, dans tous les détails près, les événements importants de nos vies respectives. 

La nature de la mémoire nous dicte qu’elle n’est pas l’archive des perceptions organisées de façon permanente, mais plutôt une procédure de connaissance du monde qui tient compte de manière flexible de l’expérience du passé en le restructurant dans les termes du présent, Bartlett a dit « le souvenir n’est pas une réactivation d’innombrables traces fixes, fragmentaires et sans vie. C’est une reconstruction, ou une construction, imaginative, fondée sur les relations de notre comportement vers une masse active d’expériences passées et vers une particularité qui apparaît sous la forme d’images… » 

Finalement, les traditions comme manifestation permanente et continue de la mémoire en société, tout comme les composantes du milieu de vie urbain, représentent des souvenirs partagés liés aux attachements diversifiés de chaque individu, il s’agit ici d’authentification ou de fatalité, il est surtout question de conserver l’image de l’algérien-type dans sa représentation de la vie quotidienne. Ces pratiques sont dès lors la manifestation d’un grand intérêt à un patrimoine chargé de valeurs identitaires. Néanmoins aujourd’hui, nous nous retrouvons face à une exploitation de l’exploration nostalgique par une société de consommation produisant des stéréotypes ; c’est pourquoi le recours aux mémoires devrait plutôt servir à la connaissance indispensable pour comprendre le sens de ce qui existe et donc à guider les transformations futures de façon consciente. 

Les facteurs sont multiples et intrinsèques, la tentative ici reste à susciter chez le lecteur la volonté de fouiller dans les pensées, afin d’y redécouvrir de quoi corriger les malfaçons, tâcher d’apporter une plus-value personnelle pouvant impacter sur soi et sur son entourage et donc embellir ses souvenirs cachés, les ressusciter…Une façon de se divertir ou une cure personnelle, parce qu’après tous, les souvenirs ne sont rien d’autre que des modèles d’activité attribuant à des fragments de mémoire des significations diverses selon la diversité du contexte et qu’un souvenir n’est tel que dans le contexte du présent, car c’est dans celui-ci qu’il s’organise et prend un sens… 

AMMIMEUR Amira

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici