Lors de dernier son entretien avec la presse, le président de la République Abdelmadjid Tebboune s’est défendu des accusations selon lesquelles le gouvernement « musellerait » la presse, il a argué du fait que l’Etat subventionne la presse et qu’il y aurait 180 titres de presse quotidiens, hebdomadaires et périodiques et qu’ils avaient la liberté de critiquer le gouvernement. Quelles sont les limites de la liberté de la presse dans notre pays ?

Etat des lieux :

Il n’y a plus de délit de presse en Algérie officiellement depuis 2012. Dans le sens où un journaliste ne peut être poursuivi judiciairement simplement pour ses activités journalistiques. Il ne peut y avoir de poursuite que s’il y a délit dans le code pénal (diffamation, outrage public, incitation, etc).

Certes, il existe une pluralité et une diversité dans le paysage journalistique en Algérie, que ce soit en opinions ou en langues de rédaction. Cependant, tous les journaux n’ont pas les mêmes chances selon leurs relations avec les pouvoirs publics, il y a donc favoritisme. 

La presse étatique d’une part est logiquement dirigée et financée par le gouvernement de manière directe, mais il existe des journaux privés qui parasitent le contribuable et qui bénéficient de la publicité publique sans pour autant être consommés par la communauté des lecteurs. 

L’arbitraire du système de la publicité publique

L’Etat aide la presse de manière indirecte; d’une part par le biais des subventions en nature : Papier, imprimerie, fil de l’APS en plus de ne pas payer d’impôt. D’autre part, il y a le système de l’Agence nationale de l’édition et de publicité (ANEP) consistant à ce que des sociétés nationales publiques paient des journaux pour mettre des pages de publicité dans leur édition. 

Le PDG de l’ANEP a affirmé qu’il y avait des moyens de détournement et d’argent par le biais de création artificielle de journaux sans tirage quotidien. Il y a un réel gaspillage de l’argent public à ce niveau-là et il faut y mettre un terme.

Par l’aveu du ministre de la communication Ammar Belhimer, l’ANEP distribue la publicité de manière clientéliste et peut la confisquer de manière arbitraire selon les bons vouloirs du gouvernement et la docilité du journal en question. Le ministre a annoncé l’établissement d’un nouveau système de publicité publique obéissant à des critères pour « assainir » le secteur de la presse. 

La vraie indépendance, l’autofinancement:

Napoléon disait : « La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ! » Ainsi, un journal obéira à la ligne fixée par la force qui le finance ou le possède, cette règle s’applique de manière universelle. Certains considèrent que le financement public de la presse privée permettrait de la corrompre. On pourrait dire de la même manière que le privé pourrait la corrompre également car un groupe industriel ou financier n’a en principe aucun rapport avec la presse.

La vraie indépendance de la presse, aussi bien du gouvernement que du capital, serait dans l’idéal que la presse soit financée uniquement par ses lecteurs et que la rédaction puisse fonctionner de manière démocratique à travers l’élection des responsables de rédaction. 

L’information n’est pas qu’un métier, c’est surtout une mission envers la société ! 

Yacine Chibane

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